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Dis moi ce que tu crois, je te dirai qui tu es

« Est-ce que tu crois aux fantômes ?

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– Pfff non, ce sont des histoires que l’on se raconte pour se faire peur. Pourquoi, tu y crois toi ?

– Pas à leur caricature, mais je crois aux âmes égarées dans l’au-delà qui tentent d’entrer en contact avec les vivants.

– Ah… les fameux esprits. Mais qu’est-ce qui te laisse penser que ça existe ? As-tu déjà vécu des phénomènes paranormaux ?

– Si je te réponds « oui », me croiras-tu ?

– Honnêtement… Non. Je penserai que tu es de bonne foi, mais que tu as mal interprété une situation.

– Si je te dis que j’ai vu des portes se claquer…

– Sûrement des courants d’air.

– … entendu des bruits de pas lourds à l’étage…

– La faute aux vieilles canalisations.

– …vu des silhouettes et visages sur des photos…

– Poussières sur l’objectif, reflets, etc.

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– En somme, quoi que je dise, tu concluras au fantasme. Même si je te montrais des griffures dans mon dos et t’annonçais que j’ai vu de mes yeux une apparition.

– A moins que la scène ne soit filmée et expertisée par plusieurs spécialistes et scientifiques… En effet, je penserais que tu deviens fou, ou mythomane.

– Dans ce cas, qu’est-ce qui te ferait y croire ?

– Si j’en faisais moi-même l’expérience nette et sans équivoque.

– Donc tu ne crois que ce en quoi tu fais l’expérience objective ?

– Pour ce qui est de nature hypothétique, oui. Pour le reste, je m’en remets à la science, aux faits avérés et prouvés.

– Tu fais confiance en ce que tu as appris à l’école parce que tes professeurs font figure d’autorité. Or, eux-mêmes tirent leur enseignement d’autres livres et « savants ». Ils n’ont pas vécu la préhistoire, l’antiquité, le moyen âge, la renaissance, les croisades, toutes les guerres, etc.

– Des écrits restent, des témoignages communs, des dessins, des photos, des peintures, des romans… des preuves en quelques sortes. Je te parle de documents scientifiquement datés  et authentifiés.

– Donc si plusieurs personnes relatent un même évènement en donnant leur version et que celle-ci coïncide avec plusieurs autres, cela devient un fait ?

– Des milliers de personnes qui livrent un même récit sans s’être concertées ne peuvent pas se tromper à moins de subir une hallucination collective !

– Sais-tu combien de personnes croient aux fantômes ? Ont témoigné ? Ou même en Dieu ? En des dieux différents ? Tout cela repose sur des témoignages, nombreux, une foi collective qui perdure au fil des siècles. Alors qui croire ? Qu’est-ce qui prouve que certains disent vrai et non les autres ?

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– Je ne crois pas en Dieu. Je crois en la Science. Ce que l’on apprend à l’école n’entre pas dans le fantasme d’univers parallèles, d’au-delà. Il est question de matières qui offrent des outils et points de repères afin de se situer et comprendre le monde qui nous entoure, que ce soit dans sa forme organique aussi bien que dans son contexte sociétal. Les croyances sont le fruit d’un besoin de confort cérébral. L’humain, contrairement aux animaux, cherche un sens à la vie, une direction, une explication. C’est ce qu’offrent les religions par exemple. Dans ton cas, croire aux fantômes te rassure dans le sens qu’à la fin de ton cycle de vivant, une résurrection t’offrira donc une seconde vie, peut-être même éternelle, car la mort te fait peur et que tu ne la comprends pas.

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– Je ne rêve pas d’immortalité. Le fait de savoir qu’il y a une vie après la mort me rassure peut-être mais croire aux « fantômes » comme tu dis, c’est croire en une erreur. En effet, dans la représentation collective du phénomène, il s’agit d’âmes, d’esprits, d’entités, peu importe comme tu les nommes, qui auraient quitté leur enveloppe charnelle et seraient coincées entre deux mondes. Il y a donc quelque chose d’angoissant et non de rassurant.

– C’est l’étiquette que l’on a collée… En réalité, ce que cela signifie est que si l’on est en mesure d’entrer en contact avec ces… esprits, quelle que soit leur situation de détresse, alors il existe bel et bien un après. Par ailleurs, les humains aiment se faire peur pour pimenter leur quotidien. Il n’y a qu’à constater l’attrait pour les attractions ou activités à sensations fortes.

– Certes. Faisons abstraction des phénomènes paranormaux. J’ai bien compris ton insinuation que chaque croyance de ce type est le fantasme sous-jacent d’une vie après la mort, ou bien d’une vie possible sur d’autres planètes pour ce qui est des extraterrestres par exemple. Le fantasme est quelque chose de sain que l’on retrouve dans tous les arts. Du cinéma à la littéraire en passant par le dessin, la danse, etc. Une œuvre est une invention, une construction psychique. L’auteur raconte une histoire en laissant libre cours à son imagination. Pourtant, nous sommes capables de discerner la création de l’expression d’un fait réel.

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– Pas toujours. Beaucoup pensent que les histoires contées dans certains films sont des histoires vraies lorsqu’elles sont plausibles. Par ailleurs, l’homme a en effet besoin de rêver, de s’évader, mais il le fait consciemment. Il ne croit pas réellement en la magie, aux supers-pouvoirs, sauf exceptions et dérives vers le charlatanisme qui confèrent à certains objets des pouvoirs surnaturels. C’est ce que l’on nomme les croyances matérialistes et qui donnent lieu aux rites. 20181215_211837

– Il se trouve que le simple fait de croire en quelque chose le rend parfois réel. C’est ce que l’on connait avec l’utilisation de placebo dont les effets sont indiscutables.

– Oui et non. En d’autres termes, parfois cela fonctionne, parfois cela échoue. Ainsi, on passe de la théorie à la loi à partir du moment où une expérience prédite s’avère exacte. C’est ce qu’apporte la science qui se base sur l’expérience et l’exactitude. 2+ 2 égal 4 ; si tu mets ta main dans le feu, elle brûlera. Cela est toujours vrai. Contrairement aux superstitions par exemple.

– Donc, selon toi, les gens qui pensent réellement qu’un miroir brisé apporte sept ans de malheur sont fous ou bêtes ?

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– Je pense qu’ils ont envie de le croire par confort. Si un drame survient et qu’ils ne trouvent pas d’autres explications que le hasard ou un enchaînement d’évènements dont les rouages les dépassent, il sera pratique de le justifier ainsi. Mettons qu’un de leur proche décède dans le mois qui suit, comme il n’existe pas de justice divine et personne à blâmer sur qui décharger sa colère et son chagrin, il sera aisé d’accuser cette fameuse malédiction.

– Comment sais-tu qu’il n’existe pas de justice divine ? Peut-être que ce proche était un homme mauvais dans cette vie ou bien une autre et que le karma le lui a fait payer.

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– A nouveau, car cela n’a pas été empiriquement prouvé. Ces croyances existent toujours dans le but de trouver un « pourquoi » à tout cela, là où la science délivre un « comment ». L’idée de justice, de règles à suivre, de comportement à adopter en vue d’accéder à un salut divin, un paradis, etc., ce sont des lignes de conduite établies afin de faire régner un certain ordre. Acquérir ce degré de civilisation apparaît nécessaire pour que les humains puissent vivre ensemble sans s’entretuer, ce qui finalement ne fonctionne pas car tous ne croient pas en les mêmes choses. De ce fait des guerres à petite et grande échelle continuent d’éclater.

– Les croyances ne tournent pas seulement autour des religions ou bien du surnaturel. Parfois les versions d’un même évènement diffèrent. Prenons l’exemple des théories du complot.

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– Les théories comme leur nom l’indique ne sont pas des faits, ce sont des hypothèses, des suppositions. Ce qui n’est pas à prouver c’est le point de départ. Que l’on cherche à vérifier les versions officielles, pourquoi pas, le doute est permis. Cependant, si des faits sont avérés, les nier revient à basculer vers le nihilisme et le négationnisme. Les gens qui doutent sont ceux qui manquent de preuves. Il est normal de douter mais est-ce constamment nécessaire ?

– Croire en quelque chose si cela nous fait du bien sans faire du mal à autrui n’est pas un problème. En revanche, tenter d’imposer sa vision par tous les moyens est néfaste et cela est valable dans les deux sens. Le fait que tu ne crois pas en quelque chose sans pouvoir prouver que tu as raison ne te confère ainsi pas plus de légitimité que ceux qui croient sans à leur tour pouvoir prouver quoi que ce soit. Laisser ceux qui penchent naturellement vers une vision plus qu’une autre est de ce fait un choix, presque un aveu identitaire.Screenshot_20181215-212026_Instagram

– Tout à fait. La croyance est la cousine de l’opinion. Les gens s’orientent vers ce qui correspond à leur vision de la réalité. Un peu comme les goûts et les couleurs. Ainsi, croire revient à exprimer son ressenti, sa perception du monde et livrer sa vision du « pourquoi? ».

– Dis moi ce en quoi tu crois, je te dirai qui tu es ?

– Exactement. »

Bonus:

 

 

 

Changer les systèmes de croyance avec la PNL

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Fiche technique du joueur de poker pro

Horaires

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C’est simple, il n’en a pas. C’est un être plutôt nocturne. Si vous lui envoyez un message pour lui souhaiter une bonne journée à 9h, n’attendez pas de réponse avant 15h, minimum.
Il a perdu la notion du temps, peut prendre son petit-déjeuner à 18h, hésite sur les jours de la semaine. Cependant le dimanche reste une de ses plus grosses journées de travail, du moins en ce qui concerne le joueur de MTT (tournois) .
Avantage: vous pouvez le déranger et lui proposer de sortir à n’importe quelle heure de la nuit, si sa session est terminée, il peut dire oui pour un verre à 3h. Challenge accepted!
Mon conseil: Préparez-vous à un certain décalage.


Vocabulaire

Alors là, accrochez-vous! Si vous surprenez une conversation entre joueurs de poker, attendez-vous à ne rien comprendre.
 « Bet », « call », « raise », « river », « all-in », « check », « flop », « blind », « bouton », « dealer », « shortstack », « fold », etc.
 Ok, c’est un peu technique mais c’est à la portée de n’importe quel personne qui joue un peu.
En revanche, certains mots ou expressions sont utilisés dans leur vie de tous les jours. Ils ont leur propre jargon. En voici quelques exemples:
 « C’est les Nuts! », « Balla », « J’ai spew », « Je suis en tilt! », « Top reg. », « Il est broke », « Carte-roulette? », « Je vais grinder », « T’es in? », « C’est un fish », « Il s’est level », « J’ai bad run », « J’ai chatté ! », « Il a busto », « C’est rigged », « Il whine », « GG », « GL », « J’ai la win papa! », « C’est sick! », « Il m’a trap! », « A la bulle! », « Un random », « Oh le bad beat », « J’ai miss », « Il m’a owned …», « C’est un dégen’ », etc.
Mon conseil: pas de panique, vous apprendrez sans essayer à force d’en fréquenter.


Look

Le joueur de poker passe plusieurs heures d’affilées assis devant son écran. Il sera le plus souvent vêtu de vêtements confortables, style sweat-shirt à capuche, t-shirt, short. Certains travaillent en caleçon. Oui. Ca donne chaud de jouer.
Pour jouer en cercle ou casino, il complétera la panoplie par les indispensables lunettes de soleil, écouteurs, foulard, casquette. Autant d’éléments destinés à dissimuler les expressions de visage et / ou ce qu’il observe. Les écouteurs sont requis afin de masquer le bruit incessant des jetons, cartes et brouhaha qui finissent par étourdir les joueurs sur plusieurs heures.e00f034cb08be399a086e7e3ffc2d63e677d8ae31ad9a446cf563159be369d6f
Pour sortir: jean ou short; polo, t-shirt ou chemise; baskets ou chaussures de ville.
Au niveau du teint, ils se reconnaissent à leur pâleur. En effet, travaillant beaucoup, sortant peu la journée, se levant tard, difficile d’entretenir un quelconque hâle.


Alimentation / Boisson

tumblr_loenj6PTnV1qlfu1ho1_500S’il vit confortablement, le joueur pro aime se faire plaisir en ce qui concerne la bonne chère. Le problème majeur étant qu’il travaille à l’heure du dîner et ne peut se permettre de pause pour préparer un repas digne de ce nom. A moins donc d’avoir à disposition une mère, une copine ou une cuisinière attitrée ( helloooow ), il fera le plus souvent appel à un service de livraison à domicile. Pizza, sushis, etc
Lorsqu’il est off, il retrouve volontiers d’autres joueurs au restaurant. Ils y partagent cocktails, bons vins et mets raffinés tout en discutant de leur passion. Entrée, plat, dessert; Carpaccio d’espadon, foie gras, boeuf Kobe, magret de canard, huîtres, etc. Ils ne se refusent rien. Ce sont souvent de gros mangeurs de viande.
Par ailleurs, il n’est pas rare que le repas se solde par une carte-roulette, c’est à dire le tirage au sort de la carte de crédit du malchanceux qui sera alors contraint de régler le montant global de l’addition. Notons qu’ils sont également très généreux en pourboires.
Les moins prospères opteront pour la solution préférée des étudiants, les pâtes, du lundi au dimanche et quelques Mac Do / Burger King les jours off.
Et de manière générale lorsqu’ils sortent: ils boivent. Beaucoup. Longtemps. Souvent. Ils réservent des tables en échange du paiement de bouteilles à des prix extravagants.

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Comportement lors d’une session online

Capture d’écran 2015-10-13 à 02.00.19Le joueur en pleine session est un robot. Les yeux rivés sur son écran, il entre dans une sorte de transe rythmée par le clic-clic incessant qu’il exerce sur sa souris. N’espérez pas le moins du monde pouvoir discuter avec lui, il ne vous écoutera pas et ne vous entendra plus. Comme hypnotisé, le joueur de poker parvient à atteindre une profonde concentration. Il lui arrive de discuter sur Skype de certains coups avec ses collègues mais il reste hermétique à ce qui se passe autour de lui. S’il joue en compagnie d’autres joueurs, il peut s’équiper d’un casque qui diffuse ou non de la musique pour limiter les distractions.

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Lorsqu’il perd un gros coup, il réagit avec colère et agressivité. Il interagit volontiers avec le mobilier: murs, bureau, objets à proximité (« Oh, zut, le pc est mort. »). La souris en prend fréquemment pour son grade! Parfois il rouspète simplement (Oui, ceci est un euphémisme.), parfois les deux. Il fait son show en quelque sorte pour exprimer son mécontentement puisque seul il agit apparemment d’une toute autre manière, beaucoup plus soft.

Mon conseil: n’ayez pas peur et surtout, SURTOUT, ne pas lui parler à ce moment précis, ou vous risquez de vous faire correctement rabrouer.

Comportement post session online

Après plusieurs heures de poker, il aura besoin de décompresser. Comment? En jouant pardi! Oui mais pas au poker cette fois-ci. Jeux sur consoles, jeux sur ordi et jeux sur téléphone. Hearthstone, League of Legend, Clash of Clan, pour n’en citer que quelques uns. Il apparait notamment que les joueurs pro de poker ont des affinités avec les Echecs. Ceux qui savent y jouer ont bien souvent un très bon niveau.
Le joueur pro est amateur de films et/ou séries. En bon mono-maniaque qu’il est, il se contente rarement d’un film ou d’un épisode. Il en enchaine plusieurs. Visionner une trilogie ou toute une saison en une nuit ne l’effraie en aucun cas.
Qui dit donc session terminée, ne dit pas nécessairement humain approchable, surtout si celle-ci ne s’est pas très bien passée. C’est comme s’il sortait d’une nuit. Une personne au réveil n’est jamais très encline à la discussion, pour le joueur de poker c’est pareil.
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Mon conseil: laissez-le revenir à la réalité à son rythme.


Vie en communauté

C’est un être très sociable. Il sort, discute, voyage, fait des rencontres, mais si par malheur il tombe sur un de ses congénères, n’espérez pas parler d’autre chose que de… poker [F***, it was a trap!]. Il est de toutes façons rare qu’il ne fréquente pas d’autres joueurs lorsqu’il sort. Adaptez-vous ou priez pour qu’il y ait aussi dans l’assemblée des gens étrangers au milieu du poker à qui parler.
said-no-gamer-ever-memeLes joueurs pro vivent souvent en colocation avec d’autres joueurs ce qui parait nécessaire étant donné la complexité des horaires de vie décalés.
Il faut savoir que le poker est une passion qui accapare totalement l’esprit des joueurs. Même lorsqu’ils ne travaillent pas, ils pensent quand même poker, bankroll, prochains événements, perf.; ils s’intéressent aux résultats de tous sur tout type de parties; ils participent aux discussions sur divers forums, commentent des mains, etc. Plus qu’un métier, c’est un style de vie. Mais cette omniprésence parasite quelque peu les relations avec les autres. Centré sur lui-même, il est difficile pour le joueur d’être réellement disponible pour quelqu’un sentimentalement par exemple car il ne se déconnecte jamais totalement. Il peut en souffrir lui même et se sentir parfois assez seul, ce qui l’incite davantage à fréquenter uniquement d’autres joueurs.
Mon conseil: si vous décidez de vous lancer dans une relation amoureuse avec un joueur (ou une joueuse) de poker, soyez indépendant(e), flexible dans vos horaires et patient(e).

Activités

A ce niveau, pas de généralité. Il y a ceux qui aiment voyager, visiter, se promener, et ceux qui ne sortent pas de chez eux. Ceux qui font du sport et s’entretiennent physiquement, bien souvent c910944bb4f1e41e880d7a9d188eb337ils courent ou vont à la salle de muscu, et ceux qui ne se déplacent que jusqu’à l’épicerie pour acheter du Coca. Il y a ceux qui profitent de leur journée au Spa ou à la piscine et ceux qui dorment comme des bébés jusqu’au soir. Il y a ceux qui sont célibataires et apprécient la compagnie des femmes en clubs, et ceux qui sont en couple et préfèrent une vie plus posée. Il y a ceux qui déménagent souvent d’un pays à l’autre, en meute, et ceux qui vivent encore chez Papa-Maman à 30 ans passés (« Bah quoi? C’est pratique pour la lessive et la bouffe! En plus on paye pas de loyer! » ). Oh misère… Ce qui nous amène au point suivant.

Déplacements

En parlant de déménagements groupés, il existe en effet quelques foyers de joueurs disséminés autour du globe. Pour faire simple, les américains, n’ayant plus la possibilité de jouer aux Etats-Unis depuis le Black Friday de 2011, ont migrés vers le Canada et l’Amérique du Sud (Costa Rica, Equateur, Panama et Mexique). Les français souhaitant jouer sur le « .com » sont partis en Thaïlande, à Malte, Prague et à Londres pour les blindés. Voilà pour les plus mobiles. Les autres préfèrent rester chez eux à l’instar des russes et des allemands.
Néanmoins, ils se déplacent fréquemment au gré des événements organisés tout au long de l’année dans le monde, tels que les World Series of Poker (WSOP), le World Poker Tour (WPT) et l’European Poker Tour (EPT). Vegas, Monaco, Dublin, Prague, Paris, Malte, Bahamas, Barcelone, etc. C’est à chaque fois un joyeux convoi où travail et fête se mêlent. Cela m’a toujours fait penser à une sorte de colonie de semi-vacances.


La partie immergée de l’Iceberg

Le joueur de Poker est une espèce à part, avec ses codes, ses habitudes, son univers. Il nous fascine par son quotidien hors normes. Totalement en décalage avec le res30cd9a4eb6692d263d248219ff0344afte de la société que ce soit dans son rythme, sa perception des réalités, les sommes qu’il peut gagner et perdre, ses ambitions, il mène une vie atypique qui en laisse plus d’un rêveurs.
On se figure qu’il ne programme jamais son réveil, a la chance de travailler depuis chez lui, sans patron, sans comptes à rendre, qu’il s’amuse puisque son métier est sa passion et qu’avec ce qu’il gagne il profite au jour le jour de tout ce que la vie a de mieux à offrir. Mais comme pour chaque chose, il y a toujours un envers du décor et des désagréments.
Les joueurs qui réussissent sont pour la plupart de vrais bosseurs. Ils travaillent dur et sans relâche pour atteindre un certain niveau et s’y maintenir. Certains font appel à d’autres joueurs plus expérimentés pour se faire coacher.
Le joueur pro est certes libre de travailler lorsqu’il l’a décidé, mais n’oublions pas que chaque nckxc4session est vraiment très intense. Il faut être capable de tenir mentalement et physiquement plus de 10  heures d’affilées sans fatiguer, car c’est à ce moment que sont commises les erreurs, et les enjeux sont importants. Il gagne de conséquentes sommes d’argent, oui, mais il en réinvestit presque autant pour jouer. C’est un exercice aussi stressant que celui que connaît le trader. La variance est une notion inévitable qui fait qu’à contrario il peut faire l’expérience de mois négatifs là où monsieur Tout le monde touche son salaire mensuel en toute sécurité.
Bien entendu, il apprend à mettre de côté, à faire des placements. sya1tuLà encore ce n’est pas à la portée de tout un chacun. Il faut savoir s’entourer des bonnes personnes pour être correctement conseillé. Il y aura toujours des individus malveillants qui tenteront de profiter et d’abuser de la confiance d’un joueur, même s’ils se prétendent être des amis. D’autant que le joueur de poker devient riche assez jeune et n’est pas préparé à cela. Il n’existe aucune formation à proprement parler et la profession, en constante évolution, n’est pas réellement encadrée.
Tout cela contribue à projeter le nouveau joueur gagnant dans un monde à part où chacun évolue dans sa bulle, hors de l’espace et du temps. Certains seront naturellement doués pour gérer leurs nouveau patrimoine, d’autres auront tendance à agir comme si l’argent allait continuer à couler à flot toute leur vie et en profiteront plus que de raison au moment présent, allant jusqu’à tomber dans l’excès et les abus de tout. Chacun est libre d’agir comme bon lui semble, mais en cas de mauvaise période de jeu, le retour à leur « vie d’avant » pourra s’avérer brutal.
La vie du joueur de poker n’est pas de tout repos, dans le bon sens du terme comme dans le mauvais. Il connait des hauts et des bas comme n’importe qui. Ce métier nécessite une grande force mentale puisqu’il faut savoir rebondir, s’adapter, être prêt, savoir accepter les échecs et également gérer le regard des autres.
imagesAujourd’hui encore il est commun de percevoir l’étonnement de l’auditoire lorsqu’un joueur affirme vivre du poker. Cette discipline est toujours difficilement considérée comme un « vrai métier ».
Le poker est un phénomène de société et même s’il semble s’essouffler légèrement ces dernières années, beaucoup continuent à rêver d’un jour faire partie de ce cercle fermé de joueurs talentueux et reconnus qui vivent de leurs gains amassés aux détours de tournois live ou online et de parties de cash games.
Quiconque est amené à partager la vie d’un ou de plusieurs joueurs de poker professionnels, de près ou de loin, découvre un monde inconnu aussi fascinant que déroutant. Il faut être prêt à casser ses préjugés, à s’adapter à eux car ils ne feront pas cet effort et n’ont de toute façon pas la possibilité de le faire. Accepter que le poker prend une place prioritaire dans leur vie est capital et de ce fait, devoir renoncer à certains projets.Capture d’écran 2015-09-30 à 01.43.29
Mis à part cela, faire partie de leur univers est totalement grisant: pas un jour ne ressemble à un autre, il n’y a aucune logique, aucun repère, aucune certitude, rien n’est figé. L’expression « vivre le moment présent » prend tout son sens. Une sensation d’aventure au quotidien s’empare de vous et ne vous quitte plus. Ils savent vivre et vous entrainent dans leur folle danse dans laquelle on s’abandonne volontiers jusqu’à en adopter le même mode de vie.
Marion Ferré Defossé