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Le Space Cake émotionnel

Encore un titre bien mystérieux que celui-ci. Ne t’en fais pas chaton, tu vas comprendre bien vite. « Space cake »? Si tu es connaisseur, tu te dis que ce billet abordera un sujet junky. Que nenni ! Navrée de décevoir les plus rock’n’roll d’entre vous mais je ne suis ni une Britney Spears sur le point de se raser le crâne, ni une Amy Whinehouse droguée et alcoolisée jusqu’à la moëlle. A la limite j’ai la voix cassée et un jean troué, c’est le max dont je suis capable en la matière. Des fois j’abuse des Moscow Mule, au pire j’envoie un message pathétique à un ex, mais de là à partir en bad trip façon 99 francs? Thanks god but no. Tu vas me dire que j’exagère parce qu’un Space Cake n’est pas non plus un vrai truc badass. Tu as raison, j’en fais trop. Mais pour le coup j’ai essayé une fois, je l’ai su après (ah les coquins…). Pendant plutôt, parce que je me sentais « weird » et lorsque j’ai constaté que mes amis anglais rigolaient aussi niaisement que moi, j’ai compris la filouterie. D’autant que ce gâteau avait un goût bizarre mais pas pire que leur vin. Donc… J’avais vingt ans, c’était cool. Anyway.  Lire la suite de « Le Space Cake émotionnel »

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La théorie de l’élastique

J’annonce: le sujet de ce billet me plaît autant qu’il m’agace. Je vais donc le rédiger de manière totalement bipolaire, je m’en excuse d’avance. Je serai semblable au chat qui s’attrape la queue et la bousille. Soit dit en passant, je n’arrive pas à comprendre comment un être aussi intelligent que celui-ci puisse ne pas réaliser que cette excroissance touffue qui s’agite frénétiquement sous ses yeux et qui l’agace profondément, n’est rien d’autre que la prolongation de son corps. C’est comme si tu regardais tes mains et te mettais à les mordre parce que leur mouvement t’insupporte. Ma foi, ne les remue pas alors! Lire la suite de « La théorie de l’élastique »

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La loi des séries, mythe ou réalité?

Non, on ne va pas parler des séries que tu regardes. Nan. Biiin non. Non. Il sera question dans ce billet d’un phénomène dont nous faisons tous l’expérience au cours de notre vie: la loi des séries. Tu connais déjà l’expression, je sais. Et pourtant, si peu ! De haut, de loin. Un peu comme ta boulangère à qui tu dis bonjour tous les matins depuis 5 ans. Tu crois la connaître parce que tu lui achètes une baguette pas trop cuite tous les jours ? Ah oui ? Comment s’appelle t-elle ? Quel âge a t-elle ? A t-elle des enfants ? Où part-elle en vacances ? Vient-elle du Périgord ? Le poulet basquaise est-il son plat préféré ? Elle est plutôt thé ou café ? Bref. Tu ne la connais pas. Mais ce n’est pas grave hein. (Si tu connais la réponse à ces questions, c’est que tu veux la pécho OU que tu n’es pas pressé de rentrer chez toi ET qu’il n’y a pas foule dans cette boulangerie pour que tu aies le temps de jacasser comme ça. Par conséquent, le pain est mauvais. CQFD.) Lire la suite de « La loi des séries, mythe ou réalité? »

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L’appétence pour le Chaos

Ambiance

Je t’entends d’ici et d’avance, lecteur en quête de bonne humeur. Le titre de ce blog appelle un amusement, une détente. Tu veux chiller pépouze comme devant un épisode des Chtis à Mikonos qui veulent épouser les Anges Marseillais. Lorsque tu atterris ici, tu as envie de te marrer, je l’ai bien compris. Mais vois-tu, je songe de plus en plus à changer le nom car la page Fais-moi rire ! sur Facebook a clairement ce but et diffuse toute la journée suffisamment de loleries pour participer à l’apparition des premières rides aux coins de tes yeux. Donc, si tu as des idées de nouveau nom, je prends! Lire la suite de « L’appétence pour le Chaos »

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Si les relations avaient une date de péremption.

Relations amoureuses oui, mais aussi amicales! Non parce que je te vois venir, tu te dis « Mais qu’est-ce qu’elle a en ce moment à ne nous parler que d’Amour celle-ci ? » Et bah elle a trente ans, elle est célibataire, Noël approche et elle va le célébrer en famille certes mais sans un boy-friend à qui elle pourrait offrir un pull moche et mal tricoté avec des glands qui pendouillent (sans mauvais jeu de mot merci bien). Je suis dans ma phase Bridget Jones à la recherche de son Marc Darcy. Cependant, il parait que c’est « quand on cherche qu’on ne trouve pas », je fais donc semblant de ne pas chercher et je me mens clairement à moi-même. Le souci c’est que je ne sais pas mentir donc ça ne fonctionne pas. Du coup j’essaye de combler le vide sentimental de ma vie en parlant tout de même de lui. Je lui garde un couvert et je n’ai rien touché dans sa chambre, sait-on jamais, un jour il va ptet se repointer. J’essaye de le comprendre surtout ce bel enfant car il semblerait que je sois amoureuse de lui. Etre amoureuse de l’Amour… c’est beau non? (Mais ma fille, tu t’entends parler? Erf, non, mais je me lis. Ouais c’est fleur bleue.) Enfin bref. Je te parle donc d’Amour oui. C’est mieux que de parler de la guerre. Là je t’ai calmé.

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Je continue. Nous allons donc parler d’Amour mais au sens XXL du terme puisque nous allons nous focaliser sur les relations. (Petit aparté: quand je dis « nous », on est bien d’accord qu’il s’agit de moi. Pas que je me prenne pour Louis XIV ou Alain Delon mais disons que si je te donne l’impression que tu participes à ce récit, tu te sentiras davantage impliqué, concerné. En réalité je suis la seule à jacter et tu n’as absolument pas ton mot à dire car mon blog is my territory, my dictature. Ahahah – rire diabolique. Pas que je ne te respecte pas, attention, mais tu comprends ce n’est pas du tout un débat, c’est simplement un billet du soir, un couchage de mots sur papier virtuel qui permet à mon cerveau de libérer un peu d’espace sur son disque dur de toutes ces pensées, pas forcément utiles, qui gravitent. J’ai ensuite le sentiment d’avoir traité un sujet et de pouvoir aller dormir. Le vide-poches de l’esprit, oui, c’t’un peu ça (Oh eh, je fais soft en métaphore pour une fois donc steup, laisse moi celle-ci). Non mais ne te vexe pas, je ne dis pas que ton avis sur la question ne m’intéresse pas, je dis simplement que je n’en ai rien à foutre. Ahahaha! Roh mais je rigooole, c’que t’es susceptible! En plus je ne te connais même pas mon chat! Je ne sais absolument pas qui tu es. Concrètement je me parle à moi même. Je suis une p***** de schizophrène, qui dit beaucoup de gros mots au passage mais qui s’auto-censure… Après on me dit solitaire, mais hellow! Regarde un peu comme je m’éclate toute seule! J’ai la musique de Kool and the Gang en tête là tout de suite. Mais si tu sais: Ceeeeelebrate good times, come on! Fin d’aparté.)

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Bien, là n’est pas la question. Les relations donc, amoureuses oui (olala tu fais une fixation ma parole!) mais AUSSI amicales! Je vous plante le décor.

Imaginez un monde où chaque amitié, chaque histoire d’Amour aurait une date de péremption (C’est pas très John Lennon tout ça.).

Ah bah… attends voir… c’est déjà le cas en fait!! Oh mais ça alors c’est extra ordinaire! Ah bin nan je te jure je viens seulement de le réaliser! Hein? Oui non mais je sais que toi tu as un pote d’enfance et que vous êtes « comme ça quoi » (Tu ne vois pas mais je mimais les deux doigts de la main, ce qui est super dénigrant pour les trois autres m’enfin bon, on va pas se miner pour ça ce soir). Donc oui, un jour au CP tu t’es fait embêter par les « grands » du CM1 et Raph est venu te défendre. Pour le remercier tu lui as filé ton Pitch au chocolat et depuis ce jour-là vous êtes cul et chemise (encore une expression bien laide). Je la connais cette histoire mais admets que c’est assez rare ce genre d’amitié qui perdure au fil des années avec la même intensité. Le temps qui passe, les gens qui bougent, rencontrent d’autres personnes, fréquentent de nouveaux milieux, se mettent en couple, font des enfants, ont moins de temps, se fâchent même. Et ouais, c’est triste mais une amitié s’entretient et parfois, on en a plus vraiment envie. C’est comme ça, c’est la vie. (Ca c’est le constat le plus relou ever. Mais si tu sais, quand quelqu’un n’est pas capable d’expliquer quelque chose ou bien tout simplement qu’il n’y a pas de coupable apparent. Du coup, on met tout sur le compte de « la vie ». Je te raconte pas l’état de sa colonne vertébrale tellement on lui charge le dos ! Allez, la petite soeuuur, vous mettrez ça sur la note de la vie rhrhrhr. (Marion, recentre toi) Ah ouais pardon. Donc, scoop, les amitiés ne sont pas éternelles sauf exceptions, de même que les relations amoureuses, sauf exceptions. Voire précédent billet sur les âmes soeurs.

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Imaginons donc que lorsque l’on rencontre quelqu’un avec qui le feeling passe super bien, une espèce de jauge de temps apparait au dessus de la personne avec un compte à rebours affichant la fin de la relation annoncée. Ambiance. Au début, on s’en moquerait pas mal car il est rare d’être immédiatement à fond dans une relation. Sauf en cas de coup de foudre (amoureux ou amical, car oui cela existe dans les deux cas). On pourrait représenter la dite relation par une courbe de Gausse avec un pic marquant l’apogée de celle-ci suivie d’une phase descendante jusqu’à disparition ou retour à la case départ. En y réfléchissant bien, ce serait impossible car ce qui marque la différence entre l’avant et l’après c’est qu’avant, on ne connaissait pas l’autre et que rien ne peut par la suite l’effacer totalement de la mémoire. Par conséquent il subsisterait quelque chose. On ne lutte pas contre les souvenirs. On peut les refouler mais ils occupent tout de même une place, dans notre coffre crânien. Ils ont déjà essayé d’aborder cette problématique dans Eternal sunsmind of the spotless shine… euh nan, attends, c’est pas ça: Eternal sunless of the spothsine mind. Non plus: Eternal sunshine of the…. Bon, le film avec Jim Carrey et Kate Winslet quoi. Ouais, celui où elle a les cheveux bleus. Rien que le titre de ce film est un exercice de mémorisation à lui tout seul. J’ai entendu dire qu’un jour, quelque part en Alaska du nord de la Siberie Ouralienne des pôles inversés, un type a réussi à s’en rappeler du premier coup! Une fulgurance. Après il est mort. Ambiance, le retour! [place ici un gif de Mercredi – Famille Adams – non je n’ai pas oublié de le placer, je fais juste appel à ton imagination qui a elle même fait le job, pas vrai? Le cerveau est fabuleux…].

Si l’on suit donc cette joyeuse logique scientifico-mathématique qui annonce la couleur: rien ne dure, en gros. Ou de manière plus optimiste: rien ne se perd tout se transforme. (Lavoisier oué, c’est un des Musclés.)  ; on peut donc aisément se plaire à considérer mon scénario comme acceptable et le soumettre aux auteurs de Black Mirror pour la saison 4. Rien que ça? Oh bah quitte à fantasmer, fantasmons!

Alors, ce que cela simplifierait:

  • Premièrement, tu (je, nous, everybodyyy) arrêterais de gonfler tes copines à coup de « Ah nan mais j’vous juuure, je crois que c’est l’bon, il est juste par-fé. Nan mais vraiment par-fé-quoi. C’est l’Hommedemaviequoi. » Nan. Nanan. C’est un mec qui passe dans ta vie, c’est tout ma fille. Calme toi. Tout de suite.
  • Deuxièmement, on perdrait tellement moins de temps à se poser des questions… «M’aime t-il/elle vraiment? » Oui, pendant encore 2 ans. « Comment faire pour le/la garder? » Que dalle. Dans 6 mois il/elle se barre avec ton/ta meilleure pote.

Mais serait-ce tout simplement possible? Je veux dire, aurait-on envie de se lancer dans une relation à obsolescence programmée? Après tout, il y en a bien qui achètent un iPhone au prix d’un smic tout en sachant que dans trois ans ils devront en changer ahaha. A partir du constat que l’humain est con, pourquoi pas? (Oui je m’inclus dedans. Non, pas pour l’iPhone. J’ai pas les moyens d’être aussi bête.) Cela dit là, je suis méchante car au final c’est encore une belle métaphore pour illustrer ce sujet. Bin c’est vrai! Le mec s’achète un iPhone qui lui coûte la peau des… euh, ça lui coûte un bras. Bon. Et il le sait que dans trois ans, rebelote, il le sait! Parce que de toute façon, même si son iPhone ne déconnait pas au bout de cette durée, il en changerait quand même pour le dernier modèle GalaxyEdge ProInterstellar RetinaSlim 2000 +++. Cela signifie tout bonnement que le gars signe en connaissance de cause, content de son investissement. Il se dit: je vais kiffer pendant trois ans. Voilà. Bon je sais, la comparaison est un peu rude, mais dans le processus psychique il faut juste retenir que l’humain est capable de se conditionner et sûrement de se préparer à vivre quelque chose ayant une échéance.

On y pensera plus tard, on verra bien le moment venu.

Ce que cela compliquerait:

  • L’envie de se lancer dans une relation qui indiquerait une durée d’un mois ou moins, au hasard. Beurk. Merci bien. Enfin cela dit il y en a peut-être que ça branche mais pas les amoureux de l’Amour, assurément. Alors la notion de destin serait par la même fortement chamboulée. Bin oui, parce que voyant cela, tu te dis « Oh bah non attends, je vais pas m’arrêter pour un moins d’un an! » Conséquence? Shopping de l’Amour! Et oui, il y aurait bien entendu une jauge au dessus de chaque individu qui indiquerait la durée potentielle à l’instant T, en décidant de s’aborder, de faire connaissance. Les gourmands décideraient probablement d’attendre un individu présentant une jauge plus conséquente et laisseraient donc filer des relations plus courtes. Ainsi, le vide affectif de leur vie ne serait pendant ce temps pas comblé. Ou bien, choisiraient-ils de cumuler des petites doses relationnelles pour ne pas subir ce manque tout en tirant un trait sur une longue, stable et plus reposante histoire d’Amour qui peine à pointer le bout de son nez? Il y aurait deux écoles j’imagine.shoppingamoureux.png
  • L’implication, l’évolution. Aurait-on réellement envie de faire des projets, de s’engager, de se présenter nos familles, de passer des heures à se découvrir si l’on savait que dans moins de 23 mois cette personne aura déserté notre quotidien? Bin… clairement non. Ce serait se mentir à nous-même, jouer une comédie ridicule. Mais alors comme ce serait triste… Les plus belles déclarations perdraient de leur superbe!

Je suis certaine que j’ai oublié un paquet de points et très certainement que mon scénar ne tient pas la route, comme c’est arrivé la fois où j’avais imaginé une puce de la connaissance à implanter en chaque individu ayant l’âge requis. Mais  cela m’aura permis de fatiguer mes synapses et de faire tourner plus vite les aiguilles de cette nouvelle insomnie. [Ouais j’ai expédié la fin de cet article mais je pique vertigineusement du nez là; Je file attraper le train du sommeil!] Je te laisse donc méditer ou pas sur ce sujet. Dans tous les cas, bonne journée, et vive l’Amour! Ouais je me suis bien joué de toi à nouveau en te faisant croire que ça parlerait d’autre chose à un moment donné, ahaha. Au revoir.

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Le mythe de la Création selon Platon and friends, ou comment vivre avec le fantôme de son âme soeur

Mal.

Point.

Voilà, merci, bonne journée!


Mes articles sont parfois un peu longs parait-il. Cependant « on ne badine pas avec l’amour » comme dirait Musset, un poto. Je ne peux donc décemment pas faire dans le concis, surtout pour ce thème qui m’a réveillée un samedi à 5h du mat après 3h de sommeil. Ça fait écrivain torturé, j’adore! « J’ai mes démons. » Faut surtout que j’arrête le café et les gâteaux après 22h. Autre débat.

Reprenons. Je vais m’improviser prof en amphi pour ce sujet, parce que je trouve ça fun le temps d’un article et surtout car cela restera une projection tant je n’ai aucune pédagogie / patience / ambition d’enseignante. Joue le jeu bro. Tu es élève en fac de lettres et je suis la prof de philo sexy, genre Megan Fox (roh mais ça va laisse moi imaginer ce que je veux, c’est MON blog, MON article, MON jeu de rôle et MA classe!). Maintenant, sit down and listen!

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Un peu de silence vous plait! Installez-vous, on a plusieurs points à aborder dans ce cours. Camille éteins-moi ce téléphone, tu regarderas tes stories plus tard et Christophe, retire moi ces écouteurs, je ne passe pas encore à la radio, merci.

Bien! Aujourd’hui, nous allons parler du mythe de la Création selon Platon, de votre potentielle âme sœur et surtout de la possibilité de ne jamais la trouver et donc de vivre avec son fantôme. Oui, ça fait beaucoup je sais, alors ne trainons pas.

Le mythe de la création by Platon and friends

Dans le titre,  j’ai précisé Platon and friends et non sans raison. En effet, nous avons affaire à un sacré filou puisque pour exposer une partie de sa théorie de l’amour dans Le Banquet, célèbre texte qui traite du sujet, notre philosophe passe littéralement par quatre chemins ou tout du moins quatre voix. Platon n’est donc pas le narrateur, que l’on retrouve en la personne d’Apollodore. Cependant, lui même n’a pas assisté à cette fameuse sauterie. Aristodème était lui présent et a rapporté les propos qui s’étaient tenus. Le discours qui nous intéresse ici est notamment celui d’Aristophane, une sorte de philosophe comique de l’époque.

Si l’on devait résumer, l’origine du terme « âme soeur » nous vient donc d’un stand-upper grec bourré à un diner qui s’est levé en plein repas en s’exclamant: « j’vais vous dire moi c’que je pense de l’Amouuuur [hip! – oui parce qu’apparemment – fun fact – il avait le hoquet] ». Le lendemain, un mec a fait sa poucave en allant raconter à un de ses potes ce que cet humoriste avait déblatéré. Seize ans plus tard, ce type décide de parler. Et c’est Platon, rédacteur en chef de Closer-Mythologie qui nous rapporte l’histoire dans ses colonnes. Moralité: l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et tout ce que vous dites ivre pourra être retenu contre vous et publié des années plus tard dans la gazette grecque. Sauf que cette histoire a fait le buzz et 2420 ans plus tard, ce qu’a dit Aristophane continue de nous hanter.

Mais qu’a  vraiment dit Aristophane au cours du Banquet?

Et bien notre alcoolique notoire de la soirée a, entre deux verres de Cuvée de Dionysos, prétendu ceci:

A la création, les dieux ont fait les humains de trois sortes: mâle, femelle et androgyne. Admettons… Toujours selon lui, nous étions des espèces de sphères avec deux visages, quatre mains, quatre jambes, etc. Tout en double. L’happy hour de l’humain en somme. Pour couronner le tout, nous roulions pour nous déplacer. Franchement là, je me serais dit, « Ok Aris’ est complètement fait, si quelqu’un pouvait le raccompagner à son atrium ? Non ? Personne ? Bon ben oué finis, au point où on en est… ». Nous roulions donc gaiement mais visiblement on se la racontait un peu trop et notre force a fini par emmerder les dieux qui se sont dit « oulala ces boules sont un peu trop épanouies, viens on les sépare! ». Je vous la fais courte mais en gros voilà comment sont nées les âmes sœurs séparées par les dieux, condamnées à vouloir se réunir. Mais là encore ça va, elles étaient face à face. Le problème est qu’aujourd’hui on nait sans savoir où la trouver et c’est à peu près la seule mission dont on se sent investi intrinsèquement. C’est donc qu’il devait quand même pas dire que des conneries Aristouf. Anyway…

La quête de l’âme-sœur

Que l’on y croit ou non, reconnaissez qu’on cherche quand même tous pas mal à s’emboîter! Alors Ame-sœur d’un soir ou bien d’une vie, qu’en sais-je, mais il y a bel et bien une recherche, une quête, une conquête. Quelle qu’en soit l’issue, on tente de séduire  ceux qui nous attirent et l’on se cherche des affinités, une connexion. Il est possible de connaitre plusieurs histoires au cours de sa vie et même d’aimer véritablement plusieurs personnes. Cependant, seules les vraies âmes sœurs restent ensemble pour toujours lorsqu’elles se sont trouvées. Elles se reconnaissent à l’instar de ces jumeaux séparés à la naissance, ou pas d’ailleurs. C’est un lien du sang et plus que cela encore, une connexion mystique dont l’entendement nous dépasse mais dont les preuves ne sont plus à faire. Les jumeaux seraient alors des âmes-sœurs mal séparées qui se seraient retrouvées par erreur ensemble dés la naissance, un peu comme un mauvais mélange de cartes. Ces deux là n’auraient alors pas même besoin de partir en quête puisque déjà réunis. Avez-vous déjà remarqué à quel point leur relation est forte et comme ils se suffisent à eux-mêmes?

Malheureusement pour les autres, nous allons devoir galérer un peu plus. Mais le pire dans cette histoire c’est qu’absolument rien ne garantit qu’on la trouve un jour. Il parait que le vrai bonheur réside dans la quête. Certes. Mais bon au bout d’un moment on la veut bien la carotte tenue par le bâton car elle nous fait sacrement gargouiller le cœur!

Bien entendu on pourra se consoler dans les bras d’autres âmes égarées. Cependant au fond de nous, on le sait, on le sent que ce n’est pas « le bon, la bonne ».

Vivre avec le fantôme de cet être manquant

Avez-vous déjà entendu ces récits de mutilés de guerre qui ressentent physiquement une douleur dans un membre ayant pourtant disparu ? On appelle cela le syndrome du membre fantôme. J’aimerais ici établir un parallèle avec ce que les âmes-sœurs ressentent au quotidien.

Selon moi, philosophe en mousse des temps modernes, nous avons un sérieux penchant pour le mal-être que nous exprimons par tout un tas d’angoisses, de troubles du comportement, de névroses. Tous ces symptômes pourraient disparaitre aussi vite qu’ils sont apparus grâce à un seul et unique remède: l’Amour. Je sais c’est beau. Mais attention, pas n’importe quel amour. L’amour véritable, à double-sens et le plus pur de celui-ci, le Saint Graal, réside dans l’amour que s’apportent mutuellement deux âmes sœurs. Je ne vous parle pas d’un amour générique vendu en pharmacie et qui plus est payant. Non non non. Le vrai amour est gratuit car il offre autant qu’il prend, c’est une balance parfaitement ajustée. Qui dit gratuit ne dit pas sans valeur. Au contraire, il est inestimable tant il est précieux et convoité. L’avantage est que chacun peut l’obtenir à condition de vraiment le chercher et non sa contrefaçon qui certes pansera momentanément quelques plaies mais jamais ne guérira la véritable déchirure originelle.

D’ici là, il faut vivre sans. Vivre avec ce fantôme de membre amputé. Et pourtant, il nous manque cruellement. On l’imagine, on se le représente, on sait à quoi il pourrait ressembler, ce qu’il vivrait avec nous et comment il nous ferait sentir.

A un c’est bien, à deux c’est toujours mieux, avec son âme-sœur ce n’est que pur bonheur.

« DRIIIIIIIIING » (Sonnerie horrible qui marque la fin du cours) ; bruit de chaises qui raclent le sol;  Camille consulte les dernières stories ; Christophe appuie sur play et sa playlist redémarre ; les élèves ont quitté la salle de classe et m’ont laissée seule, moi, Megan Fox (chuuut), bien pensive:

« Ils ne me croient pas. C’est dommage. Ce soir pour oublier je vais boire et je raconterai ma théorie à qui veut bien l’entendre. Ca tombe bien je suis invitée à un banquet. »

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Coming Out Vegan

Pow!
Et bien voilà… Nous y sommes. Je deviens à mon tour une de ces personnes dont je me suis longtemps moquée. Une VEGAN. Une mangeuse de graines. Rien que de prononcer ce mot j’ai déjà le ventre qui gargouille et me vient en tête l’image épurée de Gwineth Paltrow, maigre, blanche, chiante. J’ai l’impression de m’envoyer moi même purger une peine à perpétuité dans une sorte de prison aseptisée dont on ne sort qu’en cas de… mauvaise conduite. Je traine des pieds, en file indienne derrière d’autres résolus, attendant mon tour au guichet pour intégrer ce lieu froid et quitter la zone de débauche qu’était mon environnement et mes amis carnassiers bedonnants et transpirants de gras animal. On m’explique tout ce à quoi il va falloir que je renonce si j’intègre cette nouvelle communauté et déjà ça me déprime… Arf, je savais bien que ce ne serait pas la fête du saucisson tous les jours, mais bon. Je me retourne, dernier regard sur cette vie de gourmandises que j’ai connu et l’âme en peine, schrikpitiiittgribouilli, je signe ce pacte. On me tend une pile de vêtements en toile de jute et autres tissus qui grattent et me tamponne VEGAN sur le front. Oh la la l’angoisse.
Vous l’aurez compris, c’est pleine d’aprioris et de préjugés que je deviens “le-mot-que-je-n’aime-pas-m’étiquetter-sur-la-face-et-auquel-je-vais-devoir-trouver-un-substitut”. Je ne me reconnais pas en ce terme et j’ai peur de me définir ainsi. Je ne suis pas encore prête à me prétendre Vegan au même titre que Gwineth justement car à ce stade de ma transition, je n’y connais rien. Je suis une vegan modérée. Pourquoi modérée? Parce que premièrement  je ne vais pas vous emmerder avec ça, ni même vous culpabiliser, vous faire la morale et vous balancer des PowerPoint en pleine tête pour vous montrer à quel point vous êtes des gros bâtards de manger des animaux; Deuxièmement parce que c’est tout un apprentissage qui m’attend afin d’avoir les connaissances suffisantes pour me prétendre encyclopédique en la matière. Enfin bon, après, j’espère qu’on va pas non plus en retour me souler à me demander pourquoi ci et pourquoi ça et comment tu te fournis en protéines et blablabla. Wow wow wow. Calm down mon gars. Si je te gave pas à te demander pourquoi tu manges du poulet rôti avec tes chips, me demande pas pourquoi je préfère le lait d’amande à celui de vache. C’est clair?
Comment en suis-je arrivée là et surtout pourquoi je deviens ce genre de personne si je n’en ai pas envie? Et bien parce que mon petit bonhomme, dans la vie on ne fait pas toujours ce qu’on veut et qu’un peu de cohérence et de responsabilité, à presque 30 ans, s’imposent. Il y a tout un tas de vidéos qui tournent en non-stop sur internet et de plus en plus souvent. Il est possible de les éviter mais je pense qu’on a tous au moins une fois céder à la tentation si je puis dire de voir l’envers du décor.
Qu’y découvre t-on? On y voit comment les animaux sont traités dans la plupart des abattoirs et autres joyeusetés destinés à réduire les animaux en miettes, en boîte, en morceaux, etc. J’aime pas, j’aime pas du tout. Je pleure à chaque fois et j’ai du mal à regarder jusqu’au bout. Je pense pas être la seule, d’ailleurs je ne connais personne dans mon entourage, carnivore, végétarien, végétalien, mangeur d’éponges ou de tout ce que vous voulez qui regarde ce genre de films et qui te sort: Il l’a bien cherché ce poussin! Il lui a bien cloué le bec, ahahah, cloué le bec, t’as compris?”  -_- Non, ca n’éxiste pas. Enfin si, dans certaines vidéos tu peux voir de gros débiles que ça à l’air de faire rire une vache qui souffre d’avoir les pis infectés et purulents à force d’être pompés H24 et qu’un bon coup de poing dans la tronche c’est encore plus fendard!
Au debut je regardais ces videos, je pleurais, mais je continuais à acheter, cuisiner et manger de la viande et autres produits issus des animaux, type oeufs, produits laitiers. Pourquoi? Parce que j’aime trop ça et que je me rassurais en me disant que les animaux ne sont pas tous traités ainsi et que si on y met le prix, cela veut dire qu’on achète un morceau provenant d’une bête qui a gambadé dans les champs, qui avait un grand enclos et qu’un bon fermier s’en occupait avec amour jusqu’à ce que ce bon bovin meurt de vieillesse et finisse à l’abattoir. LOL, toi même tu sais. hashtag oeillères.
La vérité c’est que ça fait bien longtemps que ça ne se passe plus comme ça. Je vous épargne l’argumentaire classique: société de consommation blablabla, empire industriel blablabla, demande toujours croissante, offre obligée de s’aligner blablabla, oui mais la demande est présente parce que pubs, blablabla, géants économiques, TV, blablabla. C’est bon, on a tous internet, wikipédia, la télé, la presse. On sait. La petite maison dans la prairie et l’époque du je t’échange trois oeufs contre une bouteille de lait, merci mame, bonne journée mon bon berger, c’est fini. Donc, à moins de faire toi même ta viande, c’est à dire tuer l’animal, prélever ce qui se consomme, conserver, cuisiner , tu n’as aucune idée du comment le bon gros boeuf s’est retrouvé dans ton assiette avec ces jolies petites pommes de terre grenailles. Puis entre nous, tu te vois avec ton fusil, tes couteaux et tes bâches? N’est pas Dexter qui veut.
Voilà donc comment j’en suis arrivée à vouloir stopper l’hypocrisie que j’entretenais avec moi même: Oh les pauvres animaux c’est terrible! Tiens passe moi l’assiette de foie gras s’il te plaît. Non mais vous avez vu comment ils entassent les cochons dans les hangars là? Mh cette petite sauce poivre avec ce filet de boeuf c’est sublime!
Bin oui c’est sublime, c’est bien ca le problème. La viande c’est trop bon 😦 Mais je ne peux plus me regarder dans le miroir parce qu’honnêtement, à moins de crever la dalle sur une ile déserte, je suis même pas sûre d’arriver à tirer à l’arc sur un petit lapin, lui trancher la tête, le dépecer, l’embrocher, le faire cuire et le grignoter. Franchement, je cuisine beaucoup, bah je peux vous dire que chaque fois que j’ai du farcir une quelconque volaille, ce fut une réelle épreuve pour moi. Je sentais les organes ensanglantés éclater sous la pression de mes doigts et même avec des gants, je sanglotais, c’était très pénible car l’animal est là, sous tes yeux, pas cuit, et même si tu l’achètes sans la tête et les plumes, tu le visualises et tu souffres. Du moins j’en souffre. Je rappelle que c’est personnel donc je ne généralise pas. Il y a des gens que ça ne dégoûte pas et tant mieux pour eux. Achète donc déjà tout prêt, me direz-vous. Non plus. Qu’on le fasse pour moi serait trop facile et pas en adéquation avec mon souhait que les gens reconsidèrent la viande comme un produit de luxe, à consommer rarement. Je vous rassure je ne me lancerai pas dans ce débat, pas la force et pas le package connaissance universelle. De plus, je pars du principe que c’est une reflexion à se faire à soi-même. Rien de plus emmerdant que quelqu’un qui vient te dire comment tu dois penser et agir. J’espère que vous aurez compris que ce n’est pas mon intention.
Devenir Vegan c’est pas un peu radical tout de même? Bah, en fait, non. Tout simplement parce que j’ai commencé par bannir le lait de mon alimentation suite au visionnage d’une énième vidéo sur un procédé que j’ignorais, comment une vache produit du lait. J’ai toujours cru qu’elle le faisait en continu tout au long de sa vie et que le gentil fermier la soulageait en la trayant. En fait? Pas du tout. C’est tellement affreux que je ne m’étendrais pas sur le sujet et si cela vous intéresse, go to google. Quoi qu’il en soit, le lendemain je suis allée faire les courses et je suis passée par le rayon des produits laitiers. Je n’ai rien pu acheter pour ma consommation perso. J’ai pris des yaourts pour mon copain mais je n’ai pas succombé à mon désir de fromage et de lait. Je n’ai tout simplement pas pu. Je revoyais les images de la vidéo et je n’en ai meme pas eu envie. Pas de manque. Presque une sensation de bien-être comme après une bonne cuite où ton corps te dit merci de ne pas lui donner de l’alcool mais plutôt un bon verre de jus de fruits. Et bien c’est ce que j’ai fait, je suis passée du côté obscur des rayons, celui des produits bio et autres trucs plus chers et inconnus et j’ai posé une brique de lait d’amande dans mon panier. Au passage c’est trop bon et j’en buvais déjà “avant”. Ca a commencé comme ça. Maintenant, je vais poursuivre. Cela fait plusieurs semaines que je ne consomme plus de lait animal et… je vais bien. Par logique, j’en viens à supprimer le reste des produits issus des animaux car je ne peux pas dire “j’arrête le lait parce que ca me perturbe que les vaches soient violées au quotidien pour que je puisse manger ma Danette.” tout en continuant à m’empiffrer de Chili con carne. Ca n’aurait aucun sens sachant que la viande hachée provient d’un pauvre boeuf qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve broyé pour ma simple salivation et plaisir d’un repas. Je ne peux pas. Je ne peux plus. Et pourtant, j’adore ça le Chili con carne. Ca va être dur de regarder les autres manger des plats que j’adore, mais pas plus dur que quand tu fais un régime et que ta copine s’enfile un Snickers sous tes yeux. On est d’accord c’est une torture! Je finirais par m’habituer. Et puis il existe des substituts à ce qu’il parait. Je vous l’ai dit, pour le moment, je n’y connais rien. Je me sens telle une expat’ en Asie. Je débarque avec mon sac à dos de survie sur un continent où des gens qui ne me ressemblent pas parlent une langue que je ne connais pas encore. Tout un lexique avec lequel il faudra que je me familiarise mais d’abord, revenons à nos moutons. Ah non, merde. Pas les moutons. J’ai déjà le mal du pays mais dans 3 mois, ce nouveau pays, cette nouvelle culture seront miennes et je les aurais adoptées. Je skyperais avec ma famille et mes amis pour leur dire à quel point c’est génial. Ou pas. Ca se trouve je n’y arriverai pas hein. Ca se trouve je vais céder à l’appel de la raclette un soir d’hiver. Peut-être. J’espère que non. J’espère être forte et y trouver mon compte. J’espère que vous ne me regarderez pas avec mépris. J’espère qu’on m’invitera toujours à “venir manger à la maison”, “se faire des bouffes”, “des restos” et même aux barbecues, parce que moi t’facon ce que je préfère ce sont les pâtes, les olives et l’alcool, tout le monde le sait.
Alors, tadaaa, me voici. Une néo-vegan modérée (allons-y doucement)… Pas encore assez calée et documentée pour me prétendre la parfaite vegan qui va jusqu’à lire chaque étiquette des produits d’entretien et maquillage pour y déceler un terme technique lié à l’utilisation animale. Pas encore tout à fait sure de bannir les escargots, les coquillages et crustacés de mon alimentation. Bah oui personne n’est parfait, une huître ne m’émeut pas, pas même une moule ou une crevette, sorry. Et si ça choque les vegans purs et durs, bah tant pis, excluez moi de votre groupe, je m’en fous. J’errerais en lonesome cow boy (ah nan merde, pas les vaches on a dit) dans un no man’s land alimentaire, seule, avec mes états d’âmes, mais au moins, je serais bien dans mes pompes… en semelle de bambou et coton.
Marion Ferré Defossé