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Le Space Cake émotionnel

Encore un titre bien mystérieux que celui-ci. Ne t’en fais pas chaton, tu vas comprendre bien vite. « Space cake »? Si tu es connaisseur, tu te dis que ce billet abordera un sujet junky. Que nenni ! Navrée de décevoir les plus rock’n’roll d’entre vous mais je ne suis ni une Britney Spears sur le point de se raser le crâne, ni une Amy Whinehouse droguée et alcoolisée jusqu’à la moëlle. A la limite j’ai la voix cassée et un jean troué, c’est le max dont je suis capable en la matière. Des fois j’abuse des Moscow Mule, au pire j’envoie un message pathétique à un ex, mais de là à partir en bad trip façon 99 francs? Thanks god but no. Tu vas me dire que j’exagère parce qu’un Space Cake n’est pas non plus un vrai truc badass. Tu as raison, j’en fais trop. Mais pour le coup j’ai essayé une fois, je l’ai su après (ah les coquins…). Pendant plutôt, parce que je me sentais « weird » et lorsque j’ai constaté que mes amis anglais rigolaient aussi niaisement que moi, j’ai compris la filouterie. D’autant que ce gâteau avait un goût bizarre mais pas pire que leur vin. Donc… J’avais vingt ans, c’était cool. Anyway. 

« Mais alors pourquoi Space Cake ? »

Allons, tu ne devines pas ? Elle arrive… La voici… La métaphore du week-end baby! Et double qui plus est.  Je te situe: pars du principe que ce que tu vis émotionnellement, c’est de la pâtisserie. Ah bin ouais c’est inattendu. Disons que ce tu manges dépend de ce que tu te prépares tu vois ? Si tu y mets de la passion, que tu fais de ton mieux et que tu utilises les bonnes méthodes, ça devrait plutôt être très bon. Si tu le fais sans envie, sans recette, sans méthodologie… tu l’auras compris, ton plat sera mauvais et sans saveurs.

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On a tendance à utiliser les expressions:

Tu es le pilote de ta vie

Tu es l’architecte de ta vie

J’ai envie d’ajouter:


Tu es le cuisiner de ta vie


Voilà, ça c’est fait. Donc, si tu veux faire un truc cool de ton existence, en gros, donne-t-en les moyens. Tu voudrais que cela ressemble à une pièce montée avec choux à la crème sur 4 étages et tout l’bazar, mais tu ne sais pas comment la réaliser ? Apprends. Si tu es trop feignant pour cela, alors contente-toi d’une mousse au chocolat.

« Ok ok on a compris l’image. Mais pourquoi le space cake ?? « 

Mais quelle impatience, ouloulouu! Le Space Cake, parce qu’il arrive parfois que tu partes avec une idée en tête, tous les ingrédients requis, la recette maîtrisée, l’équipement nécessaire, le bon timing et le parfait état d’esprit; Tu cuisines en confiance, respectes bien toutes les consignes, laisses cuire le temps nécessaire. Puis, sortant ton oeuvre du four, la  laissant un peu refroidir, tu goûtes lorsque la température est optimale. Et là…

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Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas bon. Tu ne comprends pas. C’est juste, bizarre. Tu te demandes ce que tu as raté, tu repasses en boucle dans ta tête toutes les opérations effectuées. « Est-ce que j’ai mis assez de sucre ? Était-ce un ou deux oeufs ? Peut-être que le beurre aurait dû être moins froid ? » Et cela dure… Tu remets en question tout ce que tu as pu faire.  T’es-tu simplement demandé si le souci pouvait  ne pas venir de toi ou de tes erreurs mais plutôt du fait que ce gâteau ne te correspondait pas ? Tu pensais en avoir envie, vraiment, mais le goût ne te plaît pas plus que cela au final, voilà tout. Tu t’es trompé dans ce que tu pensais désirer alors qu’en fin de compte tu aspirais à autre chose.

J’appelle cela le phénomène space cake mais j’ai tendance à parler de soufflé raté dans mon langage quotidien. Néanmoins une légère nuance subsiste dans le sens où le soufflé signifie quelque chose qui fonctionnait bien au début mais qui s’est écroulé sous son poids pour finalement se ratatiner mollement au fond du plat.

Le soufflé raté: il monte aussi vite qu’il s’effondre

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Je pense avoir un exemple assez parlant pour illustrer ce procédé. Mettons que tu aies  tendance à t’emballer assez vite, comme une personne que je ne citerai pas, dont le nom commence par MA et se termine par LOU. Chut. Bien. Mettons donc que tu rencontres quelqu’un qui te plaît plutôt beaucoup et que cela semble réciproque. « Semble » est un bien faible mot car on peut dire que la personne fait tout le boulot pour une fois. Et vas-y que je te sors le grand jeu, les déclarations, les preuves d’attachement, de projection, les cadeaux, etc. Alors sur le papier c’est bien joli, mais quand cela se produit en moins de quinze jours/trois semaines, c’est bizarre. J’ai souvent croisé des déséquilibrés mais cette fois-ci, le mec étant 5 ans plus âgé, visiblement mature et posé, s’affichant volontiers à la vue de famille et amis, je ne me suis pas méfiée plus que cela et comme à mon habitude, j’ai foncé. Sauf qu’au bout de ces quelques semaines, le soufflé qui avait de la gueule pourtant et présageait quelque chose de fabuleux, s’est écroulé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

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Alors, c’est assez drôle de constater que je me suis enflammée tout comme lui en quinze jours et qu’une semaine plus tard, plus rien ne subsiste. Et pourtant j’étais triste et déjà attachée. Mais, l’effet soufflé. Et tant mieux à dire vrai. Les gens spontanés, coeurs d’artichaut, sanguins, se reconnaîtront probablement dans cette « anecdote ». Les autres liront cela en se disant que c’est dingue de s’embarquer dans des histoires comme ça en si peu de temps. Comme disent les Marseillais, « Pas le temps, y’en a asseeeeez ». Je ne saurais dire ce que j’en pense car c’est ainsi que je fonctionne et pour moi c’est donc « normal », en revanche, j’apprécie que mon coeur se soit mithridatisé de la sorte avec le temps et déploie un filet de l’Amour chaque fois que nécessaire. Tu « tombes » amoureux, certes, mais tu rebondis aussi vite. Boiiiing! Par conséquent, il y a ceux qui restent en haut d’un immeuble et n’osent jamais tenter de passer sur le suivant, d’avancer droit devant sur la corde, en mode funambule; et les autres, qui osent, peuvent tomber mais ne se démontent pas et recommencent. Et hop te revoilà de retour sur les toits. #ontheroof #foliepassagère #arreteleshashtagssurfacebooktufaispitié.

C’est un billet qui se veut léger mais (petit teaser) le prochain traitera de l’Obsession au sens pathologique du terme puisqu’étant sujette à la monomanie, c’est un sujet qui me chatouille la boite crânienne. Mais là c’est dimanche, on se quitte en douceur avec ce titre de l’été de 2004.

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La théorie de l’élastique

J’annonce: le sujet de ce billet me plaît autant qu’il m’agace. Je vais donc le rédiger de manière totalement bipolaire, je m’en excuse d’avance. Je serai semblable au chat qui s’attrape la queue et la bousille. Soit dit en passant, je n’arrive pas à comprendre comment un être aussi intelligent que celui-ci puisse ne pas réaliser que cette excroissance touffue qui s’agite frénétiquement sous ses yeux et qui l’agace profondément, n’est rien d’autre que la prolongation de son corps. C’est comme si tu regardais tes mains et te mettais à les mordre parce que leur mouvement t’insupporte. Ma foi, ne les remue pas alors!

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que l’expression « théorie de l’élastique » n’est pas de moi. Elle est issue du best-seller apparemment très connu (logique) de l’auteur John Gray: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venuspublié en 1992… Whaaaat ?! 1992 ? Ce livre a 25 ans, mon âge (Chut. Nous ne sommes pas à cinq ans près) et je découvre seulement de quoi il s’agit. J’ai toujours cru que cette expression était aussi vieille que « Les chiens ne font pas des chats ». Bon et puis ce n’est pas un roman mais une sorte de manuel énonçant les différences fondamentales qui opposent hommes et femmes.

Alors, pourquoi cela m’énerve? Parce qu’un rien m’énerve, premièrement. Deuxièmement, parce qu’on dirait un thème de magazine féminin et que je n’aime pas la presse féminine. Je n’aime pas non plus la presse masculine, faut pas pousser. Sport +, AutoMotoVélo, BricoloMag, Musclor, etc. [Titres inventés mais pas loin de la vérité] Pas trop mon délire non plus. Mais alors les articles sur l’épilation laser, les coupes tendances de la saison et la shopping list de la parfaite it-girl? Plutot me faire tatouer un poney sur l’épaule que de lire ça. J’ai envie de faire mal à quelqu’un quand ce genre de titres de cruchasse atterrit sous mes yeux, genre salle d’attente chez le médecin. D’ailleurs, autre sujet:  ne JAMAIS toucher aux magazines des salles d’attente, encore moins chez le médecin. Pourquoi ne pas lécher la cuvette des toilettes aussi tant que vous y êtes ? Beuuuuahh! Barrez-vous les microbes!!

Je sais qu’il ne faut pas juger. Mais les filles… Come on… Vous êtes sérieuses? « It-girl »? « Fashionista »? Respectez-vous. Ah pardon, pardon, pardon. Mais pas pardon! Vous, excusez-vous! Alors attention, j’aime bien l’horoscope et les potins par contre. Donc, je ne peux pas critiquer l’intégralité de ce genre de revues mais comme je n’en achète pas, allez, je me permets. Jean Pierre s’il te plait?

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Merci.

Donc, outre le fait que le titre est semi-racoleur, il reste donc 50% de fond sociologique qui ramène le calme en moi.

Toi: Mais pour qui elle se prend celle-là?

Moi: J’avoue. En plus, je dis ça, mais j’utilise de ces hashtags des fois sur Instagram. J’ai envie de me gifler, ahaha!

Toi: Ah oui tu es vraiment comme le chat.

Moi: … Shiiit.

Enfin bref. Selon John Gray [Non, pas celui des 50 nuances, ni de l’anatomie], les hommes sont comme des élastiques et les femmes comme des vagues. Bon. J’aime bien l’image. J’ai lu les deux chapitres en question (Non, pas tout le bouquin, j’ai pas que ça à faire non plus). Alors John, je t’abandonne ici parce que je vais me permettre de porter ta théorie à ma sauce.

John dit (Et pas John Doe ahaha. Hum) que les hommes sont comme des élastiques, mais selon mon humble avis, ce sont les relations qui le sont. Picture it:

Un élastique géant (relâché) capable de contenir deux personnes. Un bon élastoc de compète quoi. La bulle amoureuse revisitée en une sorte de ring invisible et au lieu d’un combat, une distance qui s’installe peu à peu. Oh c’est beau. Nan c’est pas beau! C’est même un peu chiant tu vois mais c’est malheureusement un constat basique. Les gens se lassent de tout, s’ennuient vite, ont tendance à rester sur leurs acquis, ne font plus d’efforts, recherchent la nouveauté et parfois abandonnent avant même d’avoir commencé ou finissent par tromper. Pour palier à ce bug du cerveau humain, le développeur a mis au point un programme capable de faire des mises à jour amoureuses au sein d’un couple dés lors que l’un des deux prend un peu de distance. On connait bien cela sous les termes: Jeu du chat et de la souris et Fuis-moi, je te suis. Ici, au sein de ce grand élastique relationnel, comment cela se concretise t-il ?

Attention… Ça va péter !

L’un des deux amoureux ressent en premier la lassitude. Plutôt que de faire face à son/sa partenaire, il se retourne et tente de s’éloigner, entraînant avec lui l’élastique qui commence à se tendre. L’autre partenaire, n’ayant rien vu venir, prend peu à peu conscience qu’une force tente de l’attirer dans une direction inattendue. Alors que celui-ci batifolait dans une zone remplie d’amour, d’affection et de bonheur, voici qu’on essaye de la lui faire quitter ? WARNING. Pourquoi ? Que se passe t-il ?! PANIQUE. Désemparé, ce partenaire sort de sa torpeur, tente de comprendre, interroge alors sa moitié pour savoir ce qu’il en est. SILENCE. De dos, celui-ci n’entend pas mais perçoit une force contraire qui tente d’empêcher sa progression. L’amoureux lutte, inquiet, pour conserver le fuyant dans cette zone mais plus il se bat, plus l’autre tente de fuir. C’est à peu prêt à ce moment que clairement on « soûle » l’autre et c’est un cercle vicieux car plus on insiste, plus il va vouloir prendre la poudre d’escampette (C’est quoi  au fait? Oh, on verra plus tard). Résigné, l’amoureux laisse l’élastique l’emporter vers le fuyant qui ne se retourne pas et ignore le/la laissé pour compte.

Fuis-moi je te suis

L’élastique n’est alors plus tendu. Le fuyant réalise qu’il ne sait plus vraiment ce qu’il fuit puisque plus rien ne le retient, plus aucune force contraire. CALME. Il jette un oeil derrière lui, aperçoit son amoureux(se) au loin, perdu(e), qui peu à peu se détourne, fatigué(e) de poursuivre. A son tour, il(elle) se dirige du coté opposé. L’élastique se retend, l’ancien fuyant se sent inexorablement attiré par sa moitié qui s’écarte. Round 2. Et ainsi de suite.

Jeu du chat et de la souris, bonjour!

Franchement, l’humain est d’une logique déprimante. Sans surprise dans sa connerie. J’en fais partie hein, oulala malheureux, I know. S’emmerde t-on à ce point en couple? Alors bien entendu c’est une théorie applicable pour une proportion d’individus tout à fait inquantifiable et point du tout absolue. John disait quant à lui que cette méthode de repli ne concernait que les hommes. Les femmes, elles, sont des vagues. Humeur haute, humeur basse; Besoin d’amour, besoin d’en donner. Elles ne fuient pas mais elles quémandent un max d’affection, de preuves, etc. Y a du vrai mais ça reste hyper cliché et il y a beaucoup de femmes que le couple effraie, l’enfermement, l’engagement. Ca n’est pas réservé qu’aux hommes. Beaucoup de joueuses aussi, tantôt chattes (oh ça vaaa t’as 15 ans ou quoi? :p ) tantôt souris, donc. Et inversement, des bonhommes bodybuildés qui ont besoin de constantes démonstrations d’amour et qui font les « canards ». Beaucoup trop d’animaux dans ce billet. Beaucoup trop.

Ce que j’aime dans cette théorie, c’est encore cette idée d’attraction invisible dont je faisais mention dans mon précédent billet. Kewa ? Tu l’as pas lu? Euh…pourquoi ?

Toi: J’ai une vie aussi Malou…

Ah oui pardon, j’oublie toujours.

Je vais conclure par une expression qu’une amie a employé dernièrement et que j’aime beaucoup, qui rejoint la sémantique du combat amoureux (ring, tout ça tout ça). Elle m’a dit: il faut faire attention à ne pas quitter l’arène. Autrement dit, bats toi dans la limite de la dignité, sinon tu verras ton combat se solder par un pouce tourné vers le bas, et sera ni plus ni moins dégagé(e) sans ménagement hors du champ de bataille/amour/élastique.

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PAF!

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La loi des séries. Mythe ou réalité?

Tu as vu le dernier épisode de The Walkind Dead ? Ouais ? BAH J’M’EN BAAAAATS LES CBonjour.

Bin nan patate, on ne va pas parler des séries que tu regardes. Nan. Non. Biiin non. Non. Déjà parce que je m’en fiche, ensuite parce que ce n’est pas le sujet de ce billet. Il sera question dans celui-ci d’un phénomène dont nous faisons tous l’expérience au cours de notre vie: la loi des séries. Tu connais déjà l’expression, je sais. Et pourtant, si peu ! De haut, de loin. Un peu comme ta boulangère à qui tu dis bonjour tous les matins depuis 5 ans. Tu crois la connaître parce que tu lui achètes une baguette pas trop cuite tous les jours ? Ah oui ? Comment s’appelle t-elle ? Quel âge a t-elle ? A t-elle des enfants ? Où part-elle en vacances ? Bref. Tu ne la connais pas. Mais ce n’est pas grave hein. (Si tu connais la réponse à ces questions, c’est que tu veux la pécho OU que tu n’es pas pressé de rentrer chez toi ET qu’il n’y a pas foule dans cette boulangerie pour que tu aies le temps de jacasser comme ça. Par conséquent, le pain est mauvais. CQFD.)

On emploie l’expression « C’est la loi des séries » comme tant d’autres, par mimétisme, sans y croire vraiment. Exemple: « Un de perdu, dix de retrouvés ».

AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHA.

Non. Et je ne comprends pas pourquoi les gens continuent à sortir cette grosse connerie à chaque personne qui vient de se faire larguer, comme un pansement verbal. Premièrement parce que lorsque tu en perds un, bin tu veux celui-là, pas dix peknos sortis de nulle part. Deuxièmement parce que dix, ça fait beaucoup d’un coup tout de même. Déjà si la Providence nous en ramène un autre pas dégueu ce sera déjà ça. Troisièmement parce que tout le monde sait que c’est complètement faux. Quand tu viens de te faire tej, en général t’as à peu près le sex-appeal d’un blobfish. Et c’est moche un blobfish ! Alors attirer dix Bradley Cooper post rupture ? Blobfishtrement non!

A partir de ce constat pavlovien que l’humain sort des inepties juste parce que le moment induit telle ou telle réponse banale, alors le simple emploi de l’expression « Loi des series » n’en garantit pas la véracité. Mais, c’est ce que nous allons tenter de vérifier ici.

Qu’est-ce que la loi des séries ?

Le mot LOI est quand même super flexible. On s’en sert à toutes les sauces. Juridique, mathématique, physique, etc. Le chouchou de la langue française. Ouais, c’était un vendredi soir, les académiciens en avaient marre, ils étaient pressés d’aller boire l’apéro et d’être en week-end. Ils ont bâclé la fin, tout bêtement.

Jean-Eude: Vas-y Edmond il est 18h53, il nous reste pas mal de définitions là… On fait comment?

Edmond: Franchement, je serais d’avis de piocher un mot au hasard et on le fout partout.

Eugenie: moi je suis d’accord les gars. Je suis tendue comme une harpe, j’ai besoin de me la coller à l’absinthe.

Jean-Eude: Allez banco! [Farfouillant dans son haut de forme] Voilà, ce sera le mot…. Loi!

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Ok, donc comment définir l’expression Loi des series:

Mot fourre-tout et son enchaînement d’emmerdes sur un lit de mathématiques nappé d’une sauce métaphysique. A déguster avec une bouteille de Septicisme 2017 à température ambiante. Bon appétit messieurs dames.

Il va t’en falloir car ce n’est pas très digeste tout ça. Tu feras une sieste après mais prends deux minutes pour savourer la complexité du cerveau humain à vouloir toujours TOUT interpréter. Le problème c’est que nous sommes à ce jour incapable de TOUT expliquer. On avance, on progresse de jour en jour, nos habitudes évoluent, nos percées technologiques et physiques sont prodigieuses. La recherche, la science, la médecine, la compréhension de l’Homme et de la nature, etc. Nos découvertes sont fantastiques et notre savoir incomparable avec celui de nos ancêtres. Et pourtant, tant de mystères encore… tant de questions sans réponses. Y a t-il une vie après la mort ? Un ou plusieurs Dieux ? Les vivants se réincarnent-ils ? Y a t-il une vie extra terrestre ? Les fantômes existent-ils ? Comment les Pyramides ont-elles été érigées ? Et tous les phénomènes paranormaux, télépathiques, les prédictions du futur, etc. Beaucoup de mysticisme et de questions théologiques principalement mais pas seulement. Il est évident que le cerveau humain a besoin de réponses à ses questions mais parfois, il s’en pose trop, là où ce n’est pas nécessaire. Erreur d’interprétation, mauvaise lecture, perspective, manque de recul, etc.

Les coïncidences par exemple. Elle ne sont qu’illusions. A partir du moment où l’on se penche avec attention sur un enchaînement ordinaire, on trouvera forcement matière à nourrir sa paranoïa.

Exemple, avant de vous coucher, une voyante vous dit: Le rouge t’entoure, il y a là un message. Observe autour de toi, tu verras que je dis vrai. Vous vous réveillez le lendemain conditionné. Vous guettez tous les éléments rouges qui croisent votre chemin. La brosse à dents, les tomates, le nombre de voitures de cette couleur, la cravate du collègue, les logos, les enseignes, les panneaux, les vêtements, les dossiers, les meubles, les bijoux, etc. Ils étaient là hier. Votre cerveau s’est simplement concentré aujourd’hui sur eux plus que de coutume.

Cela marche pour tout. On peut y associer la fameuse loi de l’attraction (encore une à démontrer mais celle là je l’aime bien alors je la laisse tranquillement scintiller sur le rebord de la cheminée dans son écrin doré.)

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Par exemple: vous n’aviez plus vu cet ami du collège depuis 15 ans et tout à coup vous le croisez à plusieurs reprises en moins d’un mois! Coïncidence, loi des séries, hasard ? Ou… comportement inconscient qui vous pousse à agir dans le but de recréer la rencontre. Circonstance créée par le cerveau qui a cérébralisé cette nouvelle rencontre rien que par la pensée et son pouvoir d’attraction. Je serais bien incapable de l’expliquer moi même, mais j’invite les personnes cartésiennes et/ou intéressées par le sujet à visionner des vidéos sur la pensée positive ou les lois de l’attraction.

Pour faire « simple », en créant psychiquement une idée, on tend à la rendre réelle, on la commande et la nature nous livre. A l’inverse, en broyant du noir, ne se focalisant que sur le négatif, étant persuadé qu’un malheur va arriver, une mauvaise nouvelle de plus, une facture, etc., on rend cela réel et inévitable.

  • Un malheur n’arrive jamais seul
  • Les emmerdes volent toujours en escadrille
  • Enchainement de malédictions
  • Le sort s’acharne
  • Loi de Murphy
  • La théorie de la biscotte
  • Le syndrome Caliméro

Mais que les gens sont pessimistes… Quand on parle de loi des séries, on pense le plus souvent aux séries noires. Autrement dit, une accumulation d’événements négatifs sur un cours laps de temps. Catastrophes en chaîne, accidents, « coups du sort », etc. Si dans un même mois vous perdez un proche, un job, un amour, que vous avez un dégat des eaux ou tout autre  événement « noir », vous apposerez sans souci l’étiquette « loi des series » sur cette phase de votre vie. Mais honnêtement, en plus du fait que cela peut se justifier, c’est juste une mauvaise interprétation du hasard. Je m’explique: vous avez probablement perdu votre job car vous étiez préoccupé par ce qui se passait à cote dans votre vie, la mort de votre parent vous a affecté, vous êtes devenu triste, froid, tête en l’air. Vous avez accumulé les retards, les fautes d’inattention… Vous avez aussi perdu de l’affinité et accordé moins de temps à votre relation. Rien de mystique. De simples causes à effet.

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Par ailleurs, nous avons la fâcheuse tendance à ne nous concentrer que sur le négatif. Non, ne niez pas. Comme le dit Jonathan Lehmann dans ses antisèches du bonheur, recevez neuf compliments et une critique, qu’est-ce qui va vous marquer ? La critique, fatalement. Ainsi, la loi des séries positives, on en parle ? Bin je veux mon n’veu! Quand ça va. CA VA. Pas vrai ? Nouveau job, nouveau mec, nouvel appart, etc. Et oui. Pourquoi ? Parce que ma chérie tou est magnifaïque!!! Souperbeuuu. Beh ouais c’est vrai! Tu as décroché le boulot de tes rêves, ça t’a redonné un max de confiance en toi, du coup, tu dégages quelque chose, une aura, une attitude attirante. Donc, tu as séduit le mec qui te plaisait et puis comme tu dégageais des ondes positives, tu as attiré le positif et peut-être qu’au passage tu as raflé la mise au casino ? Ca marche aussi pour les garçons hein, bien entendu ^^. Ca marche pour tout le monde. Rien de magique à mon sens. Comme je dis toujours, le bonheur est un choix de vie. Il y a ceux qui font celui de se plaindre et qui n’attirent que le caca. Et les autres, qui se battent et ça finit toujours par payer. Encore faut-il ouvrir les yeux, saisir les opportunités et savoir ce que l’on désire vraiment pour ne pas laisser filer ces moments. Je terminerais ce billet par une légende que j’aime beaucoup pour vous démontrer que rien n’est forcement bien ou mal, chance ou malchance, hasard ou conséquence.

Conte de Lao Tseu:  Histoire du paysan chinois et de son cheval blanc

 « Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard répondait :

– Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne peux pas le vendre. 

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblés devant l’étable vide donnèrent leur opinion :

–  Pauvre idiot, il était prévisible qu’on te volerait cette bête. Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel Malheur ! 

Le paysan se montra plus circonspect :

– N’exagérons rien dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l’étable. C’est un fait. Tout le reste n’est qu’une appréciation de votre part. Comment savoir si c’est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ?

Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d’esprit. Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n’avait pas été volé, il s’était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s’attroupèrent de nouveau :

– Tu avais raison, ce n’était pas un malheur mais une bénédiction.

– Je n’irais pas jusque là, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un épisode. Peut-on connaître le contenu d’un livre en ne lisant qu’une phrase ?

Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L’un d’eux le jeta à terre et le piétina. Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis :

– Pauvre ami ! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t’ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui donc t’aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre.

– Voyons, rétorqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de ses jambes, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l’avenir.

Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l’armée, sauf l’invalide.

– Vieil homme, se lamentèrent les villageois, tu as de la chance, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi tandis que nos fils vont se faire tuer. 

– Je vous en prie,  répondit le paysan,  ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l’armée, le mien reste à la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c’est un bien ou un mal. »

Oui. Le conte se termine ainsi. Lao Tseu il s’emmerdait pas avec des happy ends je te le dis moi!

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L’appétence pour le Chaos

Ambiance

Je t’entends d’ici et d’avance, lecteur en quête de bonne humeur. Le titre de ce blog appelle un amusement, une détente. Tu veux chiller pépouze comme devant un épisode des Chtis à Mikonos qui veulent épouser les Anges Marseillais. Lorsque tu atterris ici, tu as envie de te marrer, je l’ai bien compris. Mais vois-tu, je songe de plus en plus à changer le nom car la page Fais-moi rire ! sur Facebook a clairement ce but et diffuse toute la journée suffisamment de loleries pour participer à l’apparition des premières rides aux coins de tes yeux. Donc, si tu as des idées de nouveau nom, je prends!

En revanche ici, on cause. Oui enfin, JE cause.  Mes billets sont la plupart du temps tasty et funky, c’est en tout cas mon souhait lorsque j’écris. Je réfléchis, j’invente, j’imagine, je digresse,  je fantasme, je m’amuse, je revisite, je plaisante, je bougonne et je partage le contenu farfelu de mes pensées avec toi, qui aime bien ma folie douce. Je suis un peu l’enfant qui rêvasse dans sa chambre, qui chantonne, raconte des histoires, joue seule, plongée dans son monde imaginaire. Et toi, l’observateur discret, l’oeil curieux que je devine par le trou de la serrure. Je te fais rire ? Alors mission accomplie. Mais… parfois, les sujets sont moins roses que la charte graphique de mon blog. Parfois, je cogite et mon esprit s’égare. Il loupe la sortie de Disneyland et emprunte une route sinistrée qui s’enfonce dans une forêt sombre et inquiétante. A mesure que je m’avance en ces terres hostiles, je distingue de plus en plus la silhouette imposante d’un manoir perdu entre brume et désolation. Encore quelques pas et je peux lire le panneau à l’entrée du domaine:

Royaume des Idées Noires, Propriété de la Névrose.

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BREUÂÂÂHH BREUÂÂÂHH (Cri du Corbeau qui s’envole. Ouais je le fais bien je sais. Nan en fait c’est mauvais. Bin vas-yyy t’aurais fais comment toi ? Tsss, il est marrant lui! )

Lugubre à souhait. Je t’ai mis bien là pas vrai ? Allez t’inquiète, je vais pas te faire déprimer ne l’étant pas moi même. Mais je voudrais tout de même aborder aujourd’hui un sujet différent des autres. Et non, on ne parlera pas d’Amour cette fois-ci, ni de Poker, ni de scénarios futuristico-fantasmago-crazy. Je n’ai pas écrit depuis la Saint-Valentin et pour cause, je me suis dispersée comme à ma grande habitude. J’avais mille idées d’articles en tête mais comme ils nécessitaient que je me documente au préalable pour ne pas dire que des bêtises, j’ai repoussé, commencé, interrompu, perdu l’inspi, perdu l’envie, pas repris, mis de côté. Ils sont là tout près (pas prêts) mais, DISPERSIOOOON, tadam! J’en écris un autre avant.

L’appétence pour le chaos

Rien que ça.

Mais pourquoi ce titre? On y vient, on y vient. Ces 15 derniers jours je me suis donc dispersée dans le sens ou bien plus que d’habitude, je suis sortie, j’ai vu des gens. Han! Des gens ? Tu veux dire, en vrai ?? Ouais, en chair et en os. Brrr ça fait bizarre! Oui bon, j’ai quitté mon donjon quasi tous les jours pour voir toutes sortes de personnes: famille, amis, fantômes du passé et même ce qui s’apparente à un début de relation amoureuse ma foi. Bin tout ça a foutu un bordel pas possible dans mon crâne! Faut que je range ma chambre cérébrale là car j’y retrouve plus rien! Et depuis, j’ai ce mini dialogue qui résonne sans cesse dans ma caboche:

Moi: Mais comment ça se fait que je me retrouve malgré moi toujours attirée par ce genre de situations et de personnes ?

Lui: Peut-être parce que tu as une forte appétence pour le chaos.

[Chuchotement]

Toi: Mais c’est qui Lui?

NDLR: Nul ne le sait. Certains disent qu’il se nourrirait de rognons de râton laveur les soirs de pleine lune inca.

Nan je déconne. C’est juste un « type » qui a croisé virtuellement ma route un soir de décembre et qui s’est introduit tel un virus dans mon cerveau pour venir me parasiter sporadiquement les soirs de dispersion au Manoir des Idées Noires. Et depuis, bien qu’il soit reparti aussi vite qu’il est arrivé, il hante mes pensées sombres. Il pop-up dans ma boîte crânienne:

L’appétence pour le Chaos. clic

L’appétence pour le Chaos. clic ! clic ! clic!

Cette expression me fascine!

Cet individu, nous l’appellerons Trojan. Eh oh, si t’as pas de culture et que tu comprends pas pourquoi, beh… va ouvrir un livre! (Ou Wikipedia). En plus l’histoire est intéressante mais si je commence à raconter, on va jamais voir le bout de ce billet.

trojan

Trojan donc, m’a marquée pour une raison inconnue. Il y a des gens que l’on fréquente tous les jours et dont on se fout royalement, à qui l’on dit bonjour et basta, dont la vie ne nous intéresse aucunement et qui ne laisseront aucune trace, miettes, dans nos archives. Et puis, il y a ces rencontres, brèves et intenses, chaotiques justement par leurs aspects mystique, imprévisible, inopiné et volatile. Elles marquent leur passage d’un trait indélébile et inexplicable. Chimique. Trojan est un membre de cette tribu, un disciple, un prophète, qu’en sais-je ! Il arrive sans prévenir et à peine as-tu eu le temps de t’habituer à sa présence qu’il a déjà déserté (Comme dans Le Chocolat avec Juliette Binoche et Johnny Depp). Trojan est venu, il a dit, il est parti en moonwalk. Il m’a laissée bête, bête, bête. Trojan a dit cela mais Trojan EST le Chaos. Et j’ai été attirée par Trojan. N’est-ce pas un comble quand quelqu’un te dit quelque chose qui normalement s’applique avant tout à lui ? C’est comme lorsque le Fou te dit (se pensant sain d’esprit, ou pas d’ailleurs): « Tu es fou. » Toi, tu le sais que c’est lui le fou. Tu penses: « Bin merde il est gonflé lui. C’est lui le fou! Cela dit, il ne le sait pas et pense que c’est moi. Ca se trouve je suis fou et je ne le sais pas et pense que c’est lui! » Bon et là, laisse tomber ta soirée est foutue, Nurofen et cernes. On est tous le fou de quelqu’un. Bref.

Trojan donc me parle de mon appétence pour le Chaos. Vrai. Je suis irrémédiablement attirée par cela au sens courant du terme qui est la confusion générale. Je n’arrive pas à mettre de l’ordre dans mes pensées, je ne parviens pas à me projeter, je suis incapable de m’organiser. Pire, je panique lorsqu’une situation me cloisonne. J’ai peur des CDI, j’ai peur de m’engager, de dire « oui je vais faire cela » sans être sûre que je pourrais m’y tenir. Je ne suis à l’aise que dans l’incertitude et la non prise de décision. Je recule sans cesse tout. Je commence mais ne finis pas, du moins, pas tout de suite. Pourtant les risques et les virages à 360 degrés ne m’effraient pas mais je suis dans l’acte irréfléchi, la spontanéité, l’action. Si je commence à cérébraliser, c’est foutu. Je m’enferme dans ma bulle et je verrouille à double tours. Je hais l’ennui et la perspective d’un avenir répétitif. J’ai besoin d’aventure, de projet plus que d’aboutissement. Je n’aime pas m’installer quelque part, je ne parviens pas à m’attacher à du matériel, je m’en moque totalement. Les choses n’ont pas d’importance pour moi sauf si elles symbolisent un souvenir, un sentiment, un lien. Les odeurs, les musiques, les lieux provoquent en moi des émotions (La fameuse madeleine de Proust). Mais pour tout le reste: c’est-le-Chaos. Et j’aime cela. C’est chez moi. Trojan est tout simplement venu me dire un jour le plus calmement du monde à quelle famille j’appartiens. Puis il s’en est allé, à la quête d’autres âmes égarées pour les avertir. Bin oui. Voilà. C’est dit. Est-ce que c’est bien ? Est-ce que c’est mal ?

NDLR: nul ne le sait, certains disent que ces gens là sourient, s’amusent et aiment la vie tout autant que les autres.

L’important c’est surtout de le savoir. Je ne suis pas stable. Ca fout la trouille aux autres ça. Pourtant, il y a erreur car qui dit instabilité ne dit pas infidélité. Je suis loyale pour autant! Pour preuve, je m’attache aux personnes, aux souvenirs. Je m’accroche même. Quand sur ma route je croise un individu « bouée » je ne le lâche plus. Il devient mon point de repère. J’ai donc peu d’amis et je suis un pot de colle quand j’ai choisi quelqu’un. Cet espèce de dogmatisme qui a un moment donné te fait penser: « Ok, ça c’est exactement logique et ancré au bon endroit au bon moment. » Et comme dans un jeu vidéo, tu fais une sauvegarde à partir de là.

L’appétence pour le Chaos, l’appétence pour le chaos.

Downloading…

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Si les relations avaient une date de péremption.

Relations amoureuses oui, mais aussi amicales! Non parce que je te vois venir, tu te dis « Mais qu’est-ce qu’elle a en ce moment à ne nous parler que d’Amour celle-ci ? » Et bah elle a trente ans, elle est célibataire, Noël approche et elle va le célébrer en famille certes mais sans un boy-friend à qui elle pourrait offrir un pull moche et mal tricoté avec des glands qui pendouillent (sans mauvais jeu de mot merci bien). Je suis dans ma phase Bridget Jones à la recherche de son Marc Darcy. Cependant, il parait que c’est « quand on cherche qu’on ne trouve pas », je fais donc semblant de ne pas chercher et je me mens clairement à moi-même. Le souci c’est que je ne sais pas mentir donc ça ne fonctionne pas. Du coup j’essaye de combler le vide sentimental de ma vie en parlant tout de même de lui. Je lui garde un couvert et je n’ai rien touché dans sa chambre, sait-on jamais, un jour il va ptet se repointer. J’essaye de le comprendre surtout ce bel enfant car il semblerait que je sois amoureuse de lui. Etre amoureuse de l’Amour… c’est beau non? (Mais ma fille, tu t’entends parler? Erf, non, mais je me lis. Ouais c’est fleur bleue.) Enfin bref. Je te parle donc d’Amour oui. C’est mieux que de parler de la guerre. Là je t’ai calmé.

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Je continue. Nous allons donc parler d’Amour mais au sens XXL du terme puisque nous allons nous focaliser sur les relations. (Petit aparté: quand je dis « nous », on est bien d’accord qu’il s’agit de moi. Pas que je me prenne pour Louis XIV ou Alain Delon mais disons que si je te donne l’impression que tu participes à ce récit, tu te sentiras davantage impliqué, concerné. En réalité je suis la seule à jacter et tu n’as absolument pas ton mot à dire car mon blog is my territory, my dictature. Ahahah – rire diabolique. Pas que je ne te respecte pas, attention, mais tu comprends ce n’est pas du tout un débat, c’est simplement un billet du soir, un couchage de mots sur papier virtuel qui permet à mon cerveau de libérer un peu d’espace sur son disque dur de toutes ces pensées, pas forcément utiles, qui gravitent. J’ai ensuite le sentiment d’avoir traité un sujet et de pouvoir aller dormir. Le vide-poches de l’esprit, oui, c’t’un peu ça (Oh eh, je fais soft en métaphore pour une fois donc steup, laisse moi celle-ci). Non mais ne te vexe pas, je ne dis pas que ton avis sur la question ne m’intéresse pas, je dis simplement que je n’en ai rien à foutre. Ahahaha! Roh mais je rigooole, c’que t’es susceptible! En plus je ne te connais même pas mon chat! Je ne sais absolument pas qui tu es. Concrètement je me parle à moi même. Je suis une p***** de schizophrène, qui dit beaucoup de gros mots au passage mais qui s’auto-censure… Après on me dit solitaire, mais hellow! Regarde un peu comme je m’éclate toute seule! J’ai la musique de Kool and the Gang en tête là tout de suite. Mais si tu sais: Ceeeeelebrate good times, come on! Fin d’aparté.)

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Bien, là n’est pas la question. Les relations donc, amoureuses oui (olala tu fais une fixation ma parole!) mais AUSSI amicales! Je vous plante le décor.

Imaginez un monde où chaque amitié, chaque histoire d’Amour aurait une date de péremption (C’est pas très John Lennon tout ça.).

Ah bah… attends voir… c’est déjà le cas en fait!! Oh mais ça alors c’est extra ordinaire! Ah bin nan je te jure je viens seulement de le réaliser! Hein? Oui non mais je sais que toi tu as un pote d’enfance et que vous êtes « comme ça quoi » (Tu ne vois pas mais je mimais les deux doigts de la main, ce qui est super dénigrant pour les trois autres m’enfin bon, on va pas se miner pour ça ce soir). Donc oui, un jour au CP tu t’es fait embêter par les « grands » du CM1 et Raph est venu te défendre. Pour le remercier tu lui as filé ton Pitch au chocolat et depuis ce jour-là vous êtes cul et chemise (encore une expression bien laide). Je la connais cette histoire mais admets que c’est assez rare ce genre d’amitié qui perdure au fil des années avec la même intensité. Le temps qui passe, les gens qui bougent, rencontrent d’autres personnes, fréquentent de nouveaux milieux, se mettent en couple, font des enfants, ont moins de temps, se fâchent même. Et ouais, c’est triste mais une amitié s’entretient et parfois, on en a plus vraiment envie. C’est comme ça, c’est la vie. (Ca c’est le constat le plus relou ever. Mais si tu sais, quand quelqu’un n’est pas capable d’expliquer quelque chose ou bien tout simplement qu’il n’y a pas de coupable apparent. Du coup, on met tout sur le compte de « la vie ». Je te raconte pas l’état de sa colonne vertébrale tellement on lui charge le dos ! Allez, la petite soeuuur, vous mettrez ça sur la note de la vie rhrhrhr. (Marion, recentre toi) Ah ouais pardon. Donc, scoop, les amitiés ne sont pas éternelles sauf exceptions, de même que les relations amoureuses, sauf exceptions. Voire précédent billet sur les âmes soeurs.

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Imaginons donc que lorsque l’on rencontre quelqu’un avec qui le feeling passe super bien, une espèce de jauge de temps apparait au dessus de la personne avec un compte à rebours affichant la fin de la relation annoncée. Ambiance. Au début, on s’en moquerait pas mal car il est rare d’être immédiatement à fond dans une relation. Sauf en cas de coup de foudre (amoureux ou amical, car oui cela existe dans les deux cas). On pourrait représenter la dite relation par une courbe de Gausse avec un pic marquant l’apogée de celle-ci suivie d’une phase descendante jusqu’à disparition ou retour à la case départ. En y réfléchissant bien, ce serait impossible car ce qui marque la différence entre l’avant et l’après c’est qu’avant, on ne connaissait pas l’autre et que rien ne peut par la suite l’effacer totalement de la mémoire. Par conséquent il subsisterait quelque chose. On ne lutte pas contre les souvenirs. On peut les refouler mais ils occupent tout de même une place, dans notre coffre crânien. Ils ont déjà essayé d’aborder cette problématique dans Eternal sunsmind of the spotless shine… euh nan, attends, c’est pas ça: Eternal sunless of the spothsine mind. Non plus: Eternal sunshine of the…. Bon, le film avec Jim Carrey et Kate Winslet quoi. Ouais, celui où elle a les cheveux bleus. Rien que le titre de ce film est un exercice de mémorisation à lui tout seul. J’ai entendu dire qu’un jour, quelque part en Alaska du nord de la Siberie Ouralienne des pôles inversés, un type a réussi à s’en rappeler du premier coup! Une fulgurance. Après il est mort. Ambiance, le retour! [place ici un gif de Mercredi – Famille Adams – non je n’ai pas oublié de le placer, je fais juste appel à ton imagination qui a elle même fait le job, pas vrai? Le cerveau est fabuleux…].

Si l’on suit donc cette joyeuse logique scientifico-mathématique qui annonce la couleur: rien ne dure, en gros. Ou de manière plus optimiste: rien ne se perd tout se transforme. (Lavoisier oué, c’est un des Musclés.)  ; on peut donc aisément se plaire à considérer mon scénario comme acceptable et le soumettre aux auteurs de Black Mirror pour la saison 4. Rien que ça? Oh bah quitte à fantasmer, fantasmons!

Alors, ce que cela simplifierait:

  • Premièrement, tu (je, nous, everybodyyy) arrêterais de gonfler tes copines à coup de « Ah nan mais j’vous juuure, je crois que c’est l’bon, il est juste par-fé. Nan mais vraiment par-fé-quoi. C’est l’Hommedemaviequoi. » Nan. Nanan. C’est un mec qui passe dans ta vie, c’est tout ma fille. Calme toi. Tout de suite.
  • Deuxièmement, on perdrait tellement moins de temps à se poser des questions… «M’aime t-il/elle vraiment? » Oui, pendant encore 2 ans. « Comment faire pour le/la garder? » Que dalle. Dans 6 mois il/elle se barre avec ton/ta meilleure pote.

Mais serait-ce tout simplement possible? Je veux dire, aurait-on envie de se lancer dans une relation à obsolescence programmée? Après tout, il y en a bien qui achètent un iPhone au prix d’un smic tout en sachant que dans trois ans ils devront en changer ahaha. A partir du constat que l’humain est con, pourquoi pas? (Oui je m’inclus dedans. Non, pas pour l’iPhone. J’ai pas les moyens d’être aussi bête.) Cela dit là, je suis méchante car au final c’est encore une belle métaphore pour illustrer ce sujet. Bin c’est vrai! Le mec s’achète un iPhone qui lui coûte la peau des… euh, ça lui coûte un bras. Bon. Et il le sait que dans trois ans, rebelote, il le sait! Parce que de toute façon, même si son iPhone ne déconnait pas au bout de cette durée, il en changerait quand même pour le dernier modèle GalaxyEdge ProInterstellar RetinaSlim 2000 +++. Cela signifie tout bonnement que le gars signe en connaissance de cause, content de son investissement. Il se dit: je vais kiffer pendant trois ans. Voilà. Bon je sais, la comparaison est un peu rude, mais dans le processus psychique il faut juste retenir que l’humain est capable de se conditionner et sûrement de se préparer à vivre quelque chose ayant une échéance.

On y pensera plus tard, on verra bien le moment venu.

Ce que cela compliquerait:

  • L’envie de se lancer dans une relation qui indiquerait une durée d’un mois ou moins, au hasard. Beurk. Merci bien. Enfin cela dit il y en a peut-être que ça branche mais pas les amoureux de l’Amour, assurément. Alors la notion de destin serait par la même fortement chamboulée. Bin oui, parce que voyant cela, tu te dis « Oh bah non attends, je vais pas m’arrêter pour un moins d’un an! » Conséquence? Shopping de l’Amour! Et oui, il y aurait bien entendu une jauge au dessus de chaque individu qui indiquerait la durée potentielle à l’instant T, en décidant de s’aborder, de faire connaissance. Les gourmands décideraient probablement d’attendre un individu présentant une jauge plus conséquente et laisseraient donc filer des relations plus courtes. Ainsi, le vide affectif de leur vie ne serait pendant ce temps pas comblé. Ou bien, choisiraient-ils de cumuler des petites doses relationnelles pour ne pas subir ce manque tout en tirant un trait sur une longue, stable et plus reposante histoire d’Amour qui peine à pointer le bout de son nez? Il y aurait deux écoles j’imagine.shoppingamoureux.png
  • L’implication, l’évolution. Aurait-on réellement envie de faire des projets, de s’engager, de se présenter nos familles, de passer des heures à se découvrir si l’on savait que dans moins de 23 mois cette personne aura déserté notre quotidien? Bin… clairement non. Ce serait se mentir à nous-même, jouer une comédie ridicule. Mais alors comme ce serait triste… Les plus belles déclarations perdraient de leur superbe!

Je suis certaine que j’ai oublié un paquet de points et très certainement que mon scénar ne tient pas la route, comme c’est arrivé la fois où j’avais imaginé une puce de la connaissance à implanter en chaque individu ayant l’âge requis. Mais  cela m’aura permis de fatiguer mes synapses et de faire tourner plus vite les aiguilles de cette nouvelle insomnie. [Ouais j’ai expédié la fin de cet article mais je pique vertigineusement du nez là; Je file attraper le train du sommeil!] Je te laisse donc méditer ou pas sur ce sujet. Dans tous les cas, bonne journée, et vive l’Amour! Ouais je me suis bien joué de toi à nouveau en te faisant croire que ça parlerait d’autre chose à un moment donné, ahaha. Au revoir.

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Le mythe de la Création selon Platon and friends, ou comment vivre avec le fantôme de son âme soeur

Mal.

Point.

Voilà, merci, bonne journée!


Mes articles sont parfois un peu longs parait-il. Cependant « on ne badine pas avec l’amour » comme dirait Musset, un poto. Je ne peux donc décemment pas faire dans le concis, surtout pour ce thème qui m’a réveillée un samedi à 5h du mat après 3h de sommeil. Ça fait écrivain torturé, j’adore! « J’ai mes démons. » Faut surtout que j’arrête le café et les clémentines après 22h. Autre débat.

Reprenons. Je vais m’improviser prof en amphi pour ce sujet, parce que je trouve ça fun le temps d’un article et surtout car cela restera une projection tant je n’ai aucune pédagogie / patience / ambition d’enseignante. Joue le jeu Bobby. Tu es élève en fac de lettres et je suis la prof de philo sexy, genre Megan Fox (roh mais ça va laisse moi imaginer ce que je veux, c’est MON blog, MON article, MON jeu de rôle et MA classe!). Maintenant, sit down and listen!

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Un peu de silence vous plait! Installez-vous, on a plusieurs points à aborder dans ce cours. Amandine éteins-moi ce téléphone, tu regarderas tes stories plus tard et Christophe, retire moi ces écouteurs, je ne passe pas encore à la radio, merci.

Bien! Aujourd’hui, nous allons parler du mythe de la Création selon Platon, de votre potentielle âme soeur et surtout de la possibilité de ne jamais la trouver et donc de vivre avec son fantôme. Oui, ça fait beaucoup je sais, alors ne trainons pas.

Le mythe de la création by Platon and friends

Dans le titre,  j’ai précisé Platon and friends et non sans raison. En effet, nous avons affaire à un sacré filou puisque pour exposer une partie de sa théorie de l’amour dans Le Banquet, célèbre texte qui traite du sujet, notre philosophe passe littéralement par quatre chemins ou tout du moins quatre voix. Platon n’est donc pas le narrateur, que l’on retrouve en la personne d’Apollodore. Cependant, lui même n’a pas assisté à cette fameuse sauterie. Aristodème était lui présent et a rapporté les propos qui s’étaient tenus. Le discours qui nous intéresse ici est notamment celui d’Aristophane, une sorte de philosophe comique de l’époque.

Si l’on devait résumer, l’origine du terme « âme soeur » nous vient donc d’un stand-upper grec bourré à un diner qui s’est levé en plein repas en s’exclamant: « j’vais vous dire moi c’que je pense de l’Amouuuur [hip! – oui parce qu’apparemment il avait le hoquet – true story] ». Le lendemain, un mec a fait sa langue de pute en allant raconter à un de ses potes ce que cet humoriste avait déblatéré. Seize ans plus tard, ce type décide de parler. Et c’est Platon, rédacteur en chef de Closer-Mythologie qui nous rapporte l’histoire dans ses colonnes. Moralité: l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et tout ce que vous dites ivre pourra être retenu contre vous et publié des années plus tard dans la gazette grecque. Sauf que cette histoire a fait le buzz et 2420 ans plus tard, ce qu’a dit Aristophane continue de nous hanter.

Mais qu’a  vraiment dit Aristophane au cours du Banquet?

Et bien notre alcoolique notoire de la soirée a, entre deux cubis, prétendu ceci:

A la création, les dieux ont fait les humains de trois sortes: mâle, femelle et androgyne. Déjà ça partait en free style mais bon… Toujours selon lui, nous étions des espèces de sphères avec deux visages, quatre mains, quatre jambes, etc. Tout en double. Un humain vu par Picasso en somme. Pour couronner le tout, nous roulions pour nous déplacer. Franchement là, je me serais dit, « Ok Aris’ est complètement fait, si quelqu’un pouvait le raccompagner à son atrium? Non? Personne? Bon ben oué finis, au point où on en est… ». Nous roulions donc gaiement mais visiblement on se la racontait un peu trop et notre force a fini par emmerder les dieux qui se sont dit « oulala ces boules sont un peu trop épanouies, viens on les sépare! ». C’était un jour où Zeus avait mal dormi, il était pas au taquet, il a répondu « ok, ok » nonchalamment et a sorti de ses poignets deux trois éclairs vers la Terre, façon Spiderman. Et Bam, ça a fait des Chocapic! Je vous la fais courte mais en gros voilà comment sont nées les âmes soeur séparées par les dieux, condamnées à vouloir se réunir. Mais là encore ça va elle étaient face à face. La problématique c’est qu’aujourd’hui on nait sans savoir où la trouver et c’est à peu près la seule mission dont on se sent investi intrinsèquement. C’est donc qu’il devait quand même pas dire que des conneries Aristouf. Anyway…

La quête de l’ame-soeur

Que l’on y croit ou non, reconnaissez qu’on cherche quand même tous pas mal à s’emboîter! Alors Ame-soeur d’un soir ou bien d’une vie, qu’en sais-je, mais il y a bel et bien une recherche, une conquête. Quelle qu’en soit l’issue, on tente de séduire  ceux qui nous attirent et l’on se cherche des affinités, une connexion. Il est possible de connaitre plusieurs histoires au cours de sa vie et même d’aimer véritablement plusieurs personnes. Cependant, seules les vraies âmes soeur restent ensemble pour toujours lorsqu’elles se sont trouvées. Elles se reconnaissent à l’instar de ces jumeaux séparés à la naissance, ou pas d’ailleurs. C’est un lien du sang et plus que cela encore, une connexion mystique dont l’entendement nous dépasse mais dont les preuves ne sont plus à faire. Les jumeaux seraient selon moi des âmes-soeurs et se seraient retrouvées par erreur ensemble dés la naissance, un peu comme un mauvais mélange de cartes. Ces deux là n’auraient alors pas même besoin de partir en quête puisque s’étant déjà trouvé. Avez-vous déjà remarqué à quel point leur relation est forte et comme ils se suffisent à eux-mêmes?

Malheureusement pour les autres, nous allons devoir galérer un peu plus. Mais le pire dans cette histoire c’est qu’absolument rien ne garantit qu’on la trouve un jour. Il parait que le vrai bonheur réside dans la quête. Certes. Mais bon au bout d’un moment on la veut bien la carotte tenue par le bâton car elle nous fait sacrement gargouiller le coeur!

Bien entendu on pourra se consoler dans les bras d’autres âmes égarées. Cependant au fond de nous, on le sait, on le sent que ce n’est pas « le bon, la bonne ».

Vivre avec le fantôme de cet être manquant

Avez-vous déjà entendu ces récits de mutilés de guerre qui ressentent physiquement une douleur dans un membre ayant pourtant disparu? On appelle cela le syndrome du membre fantôme. J’aimerais ici établir un parallèle avec ce que les âmes-soeurs ressentent au quotidien.

Selon moi, philosophe en mousse des temps modernes, nous avons un sérieux penchant pour le mal-être que nous exprimons par tout un tas d’angoisses, de troubles du comportement, de névroses. Tous ces symptômes pourraient disparaitre aussi vite qu’ils sont apparus grâce à un seul et unique remède: l’Amour. Je sais c’est beau. Mais attention, pas n’importe quel amour. L’amour véritable, à double-sens et le plus pur de celui-ci, le Saint Graal, réside dans l’amour que s’apportent mutuellement deux âmes soeurs. Je ne vous parle pas d’un amour générique vendu en pharmacie et qui plus est payant. Non non non. Le vrai amour est gratuit car il offre autant qu’il prend, c’est une balance parfaitement ajustée. Qui dit gratuit ne dit pas sans valeur. Au contraire, il est inestimable tant il est précieux et convoité. L’avantage est que chacun peut l’obtenir à condition de vraiment le chercher et non sa contrefaçon qui certes pansera momentanément quelques plaies mais jamais ne guérira la véritable déchirure originelle.

D’ici là, il faut vivre sans. Vivre avec ce fantôme de membre amputé. Et pourtant, il nous manque cruellement. On l’imagine, on se le représente, on sait à quoi il pourrait ressembler, ce qu’il vivrait avec nous et comment il nous ferait sentir.

A un c’est bien, à deux c’est toujours mieux, avec son âme-soeur ce n’est que pur bonheur.

« DRIIIIIIIIING » (Sonnerie horrible qui marque la fin du cours) ; bruit de chaises qui raclent le sol;  Amandine consulte les dernières stories ; Christophe appuie sur play et sa playlist redémarre ; les élèves ont quitté la salle de classe et m’ont laissée seule, moi, Megan Fox (chuuut), bien pensive:

« Ils ne me croient pas. C’est dommage. Ce soir pour oublier je vais boire et je raconterai ma théorie à qui veut bien l’entendre. Ca tombe bien je suis invitée à un banquet. »

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Coming Out Vegan

Pow!
Et bien voilà… Nous y sommes. Je deviens à mon tour une de ces personnes dont je me suis longtemps moquée. Une VEGAN. Une mangeuse de graines. Rien que de prononcer ce mot j’ai déjà le ventre qui gargouille et me vient en tête l’image épurée de Gwineth Paltrow, maigre, blanche, chiante. J’ai l’impression de m’envoyer moi même purger une peine à perpétuité dans une sorte de prison aseptisée dont on ne sort qu’en cas de… mauvaise conduite. Je traine des pieds, en file indienne derrière d’autres résolus, attendant mon tour au guichet pour intégrer ce lieu froid et quitter la zone de débauche qu’était mon environnement et mes amis carnassiers bedonnants et transpirants de gras animal. On m’explique tout ce à quoi il va falloir que je renonce si j’intègre cette nouvelle communauté et déjà ça me déprime… Arf, je savais bien que ce ne serait pas la fête du saucisson tous les jours, mais bon. Je me retourne, dernier regard sur cette vie de gourmandises que j’ai connu et l’âme en peine, schrikpitiiittgribouilli, je signe ce pacte. On me tend une pile de vêtements en toile de jute et autres tissus qui grattent et me tamponne VEGAN sur le front. Oh la la l’angoisse.
Vous l’aurez compris, c’est pleine d’aprioris et de préjugés que je deviens “le-mot-que-je-n’aime-pas-m’étiquetter-sur-la-face-et-auquel-je-vais-devoir-trouver-un-substitut”. Je ne me reconnais pas en ce terme et j’ai peur de me définir ainsi. Je ne suis pas encore prête à me prétendre Vegan au même titre que Gwineth justement car à ce stade de ma transition, je n’y connais rien. Je suis une vegan modérée. Pourquoi modérée? Parce que premièrement  je ne vais pas vous emmerder avec ça, ni même vous culpabiliser, vous faire la morale et vous balancer des PowerPoint en pleine tête pour vous montrer à quel point vous êtes des gros bâtards de manger des animaux; Deuxièmement parce que c’est tout un apprentissage qui m’attend afin d’avoir les connaissances suffisantes pour me prétendre encyclopédique en la matière. Enfin bon, après, j’espère qu’on va pas non plus en retour me souler à me demander pourquoi ci et pourquoi ça et comment tu te fournis en protéines et blablabla. Wow wow wow. Calm down mon gars. Si je te gave pas à te demander pourquoi tu manges du poulet rôti avec tes chips, me demande pas pourquoi je préfère le lait d’amande à celui de vache. C’est clair?
Comment en suis-je arrivée là et surtout pourquoi je deviens ce genre de personne si je n’en ai pas envie? Et bien parce que mon petit bonhomme, dans la vie on ne fait pas toujours ce qu’on veut et qu’un peu de cohérence et de responsabilité, à presque 30 ans, s’imposent. Il y a tout un tas de vidéos qui tournent en non-stop sur internet et de plus en plus souvent. Il est possible de les éviter mais je pense qu’on a tous au moins une fois céder à la tentation si je puis dire de voir l’envers du décor.
Qu’y découvre t-on? On y voit comment les animaux sont traités dans la plupart des abattoirs et autres joyeusetés destinés à réduire les animaux en miettes, en boîte, en morceaux, etc. J’aime pas, j’aime pas du tout. Je pleure à chaque fois et j’ai du mal à regarder jusqu’au bout. Je pense pas être la seule, d’ailleurs je ne connais personne dans mon entourage, carnivore, végétarien, végétalien, mangeur d’éponges ou de tout ce que vous voulez qui regarde ce genre de films et qui te sort: Il l’a bien cherché ce poussin! Il lui a bien cloué le bec, ahahah, cloué le bec, t’as compris?”  -_- Non, ca n’éxiste pas. Enfin si, dans certaines vidéos tu peux voir de gros débiles que ça à l’air de faire rire une vache qui souffre d’avoir les pis infectés et purulents à force d’être pompés H24 et qu’un bon coup de poing dans la tronche c’est encore plus fendard!
Au debut je regardais ces videos, je pleurais, mais je continuais à acheter, cuisiner et manger de la viande et autres produits issus des animaux, type oeufs, produits laitiers. Pourquoi? Parce que j’aime trop ça et que je me rassurais en me disant que les animaux ne sont pas tous traités ainsi et que si on y met le prix, cela veut dire qu’on achète un morceau provenant d’une bête qui a gambadé dans les champs, qui avait un grand enclos et qu’un bon fermier s’en occupait avec amour jusqu’à ce que ce bon bovin meurt de vieillesse et finisse à l’abattoir. LOL, toi même tu sais. hashtag oeillères.
La vérité c’est que ça fait bien longtemps que ça ne se passe plus comme ça. Je vous épargne l’argumentaire classique: société de consommation blablabla, empire industriel blablabla, demande toujours croissante, offre obligée de s’aligner blablabla, oui mais la demande est présente parce que pubs, blablabla, géants économiques, TV, blablabla. C’est bon, on a tous internet, wikipédia, la télé, la presse. On sait. La petite maison dans la prairie et l’époque du je t’échange trois oeufs contre une bouteille de lait, merci mame, bonne journée mon bon berger, c’est fini. Donc, à moins de faire toi même ta viande, c’est à dire tuer l’animal, prélever ce qui se consomme, conserver, cuisiner , tu n’as aucune idée du comment le bon gros boeuf s’est retrouvé dans ton assiette avec ces jolies petites pommes de terre grenailles. Puis entre nous, tu te vois avec ton fusil, tes couteaux et tes bâches? N’est pas Dexter qui veut.
Voilà donc comment j’en suis arrivée à vouloir stopper l’hypocrisie que j’entretenais avec moi même: Oh les pauvres animaux c’est terrible! Tiens passe moi l’assiette de foie gras s’il te plaît. Non mais vous avez vu comment ils entassent les cochons dans les hangars là? Mh cette petite sauce poivre avec ce filet de boeuf c’est sublime!
Bin oui c’est sublime, c’est bien ca le problème. La viande c’est trop bon 😦 Mais je ne peux plus me regarder dans le miroir parce qu’honnêtement, à moins de crever la dalle sur une ile déserte, je suis même pas sûre d’arriver à tirer à l’arc sur un petit lapin, lui trancher la tête, le dépecer, l’embrocher, le faire cuire et le grignoter. Franchement, je cuisine beaucoup, bah je peux vous dire que chaque fois que j’ai du farcir une quelconque volaille, ce fut une réelle épreuve pour moi. Je sentais les organes ensanglantés éclater sous la pression de mes doigts et même avec des gants, je sanglotais, c’était très pénible car l’animal est là, sous tes yeux, pas cuit, et même si tu l’achètes sans la tête et les plumes, tu le visualises et tu souffres. Du moins j’en souffre. Je rappelle que c’est personnel donc je ne généralise pas. Il y a des gens que ça ne dégoûte pas et tant mieux pour eux. Achète donc déjà tout prêt, me direz-vous. Non plus. Qu’on le fasse pour moi serait trop facile et pas en adéquation avec mon souhait que les gens reconsidèrent la viande comme un produit de luxe, à consommer rarement. Je vous rassure je ne me lancerai pas dans ce débat, pas la force et pas le package connaissance universelle. De plus, je pars du principe que c’est une reflexion à se faire à soi-même. Rien de plus emmerdant que quelqu’un qui vient te dire comment tu dois penser et agir. J’espère que vous aurez compris que ce n’est pas mon intention.
Devenir Vegan c’est pas un peu radical tout de même? Bah, en fait, non. Tout simplement parce que j’ai commencé par bannir le lait de mon alimentation suite au visionnage d’une énième vidéo sur un procédé que j’ignorais, comment une vache produit du lait. J’ai toujours cru qu’elle le faisait en continu tout au long de sa vie et que le gentil fermier la soulageait en la trayant. En fait? Pas du tout. C’est tellement affreux que je ne m’étendrais pas sur le sujet et si cela vous intéresse, go to google. Quoi qu’il en soit, le lendemain je suis allée faire les courses et je suis passée par le rayon des produits laitiers. Je n’ai rien pu acheter pour ma consommation perso. J’ai pris des yaourts pour mon copain mais je n’ai pas succombé à mon désir de fromage et de lait. Je n’ai tout simplement pas pu. Je revoyais les images de la vidéo et je n’en ai meme pas eu envie. Pas de manque. Presque une sensation de bien-être comme après une bonne cuite où ton corps te dit merci de ne pas lui donner de l’alcool mais plutôt un bon verre de jus de fruits. Et bien c’est ce que j’ai fait, je suis passée du côté obscur des rayons, celui des produits bio et autres trucs plus chers et inconnus et j’ai posé une brique de lait d’amande dans mon panier. Au passage c’est trop bon et j’en buvais déjà “avant”. Ca a commencé comme ça. Maintenant, je vais poursuivre. Cela fait plusieurs semaines que je ne consomme plus de lait animal et… je vais bien. Par logique, j’en viens à supprimer le reste des produits issus des animaux car je ne peux pas dire “j’arrête le lait parce que ca me perturbe que les vaches soient violées au quotidien pour que je puisse manger ma Danette.” tout en continuant à m’empiffrer de Chili con carne. Ca n’aurait aucun sens sachant que la viande hachée provient d’un pauvre boeuf qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve broyé pour ma simple salivation et plaisir d’un repas. Je ne peux pas. Je ne peux plus. Et pourtant, j’adore ça le Chili con carne. Ca va être dur de regarder les autres manger des plats que j’adore, mais pas plus dur que quand tu fais un régime et que ta copine s’enfile un Snickers sous tes yeux. On est d’accord c’est une torture! Je finirais par m’habituer. Et puis il existe des substituts à ce qu’il parait. Je vous l’ai dit, pour le moment, je n’y connais rien. Je me sens telle une expat’ en Asie. Je débarque avec mon sac à dos de survie sur un continent où des gens qui ne me ressemblent pas parlent une langue que je ne connais pas encore. Tout un lexique avec lequel il faudra que je me familiarise mais d’abord, revenons à nos moutons. Ah non, merde. Pas les moutons. J’ai déjà le mal du pays mais dans 3 mois, ce nouveau pays, cette nouvelle culture seront miennes et je les aurais adoptées. Je skyperais avec ma famille et mes amis pour leur dire à quel point c’est génial. Ou pas. Ca se trouve je n’y arriverai pas hein. Ca se trouve je vais céder à l’appel de la raclette un soir d’hiver. Peut-être. J’espère que non. J’espère être forte et y trouver mon compte. J’espère que vous ne me regarderez pas avec mépris. J’espère qu’on m’invitera toujours à “venir manger à la maison”, “se faire des bouffes”, “des restos” et même aux barbecues, parce que moi t’facon ce que je préfère ce sont les pâtes, les olives et l’alcool, tout le monde le sait.
Alors, tadaaa, me voici. Une néo-vegan modérée (allons-y doucement)… Pas encore assez calée et documentée pour me prétendre la parfaite vegan qui va jusqu’à lire chaque étiquette des produits d’entretien et maquillage pour y déceler un terme technique lié à l’utilisation animale. Pas encore tout à fait sure de bannir les escargots, les coquillages et crustacés de mon alimentation. Bah oui personne n’est parfait, une huître ne m’émeut pas, pas même une moule ou une crevette, sorry. Et si ça choque les vegans purs et durs, bah tant pis, excluez moi de votre groupe, je m’en fous. J’errerais en lonesome cow boy (ah nan merde, pas les vaches on a dit) dans un no man’s land alimentaire, seule, avec mes états d’âmes, mais au moins, je serais bien dans mes pompes… en semelle de bambou et coton.
Marion Ferré Defossé