Publié dans Billets

Le Space Cake émotionnel

Encore un titre bien mystérieux que celui-ci. Ne t’en fais pas chaton, tu vas comprendre bien vite. « Space cake »? Si tu es connaisseur, tu te dis que ce billet abordera un sujet junky. Que nenni ! Navrée de décevoir les plus rock’n’roll d’entre vous mais je ne suis ni une Britney Spears sur le point de se raser le crâne, ni une Amy Whinehouse droguée et alcoolisée jusqu’à la moëlle. A la limite j’ai la voix cassée et un jean troué, c’est le max dont je suis capable en la matière. Des fois j’abuse des Moscow Mule, au pire j’envoie un message pathétique à un ex, mais de là à partir en bad trip façon 99 francs? Thanks god but no. Tu vas me dire que j’exagère parce qu’un Space Cake n’est pas non plus un vrai truc badass. Tu as raison, j’en fais trop. Mais pour le coup j’ai essayé une fois, je l’ai su après (ah les coquins…). Pendant plutôt, parce que je me sentais « weird » et lorsque j’ai constaté que mes amis anglais rigolaient aussi niaisement que moi, j’ai compris la filouterie. D’autant que ce gâteau avait un goût bizarre mais pas pire que leur vin. Donc… J’avais vingt ans, c’était cool. Anyway. 

« Mais alors pourquoi Space Cake ? »

Allons, tu ne devines pas ? Elle arrive… La voici… La métaphore du week-end baby! Et double qui plus est.  Je te situe: pars du principe que ce que tu vis émotionnellement, c’est de la pâtisserie. Ah bin ouais c’est inattendu. Disons que ce tu manges dépend de ce que tu te prépares tu vois ? Si tu y mets de la passion, que tu fais de ton mieux et que tu utilises les bonnes méthodes, ça devrait plutôt être très bon. Si tu le fais sans envie, sans recette, sans méthodologie… tu l’auras compris, ton plat sera mauvais et sans saveurs.

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On a tendance à utiliser les expressions:

Tu es le pilote de ta vie

Tu es l’architecte de ta vie

J’ai envie d’ajouter:


Tu es le cuisiner de ta vie


Voilà, ça c’est fait. Donc, si tu veux faire un truc cool de ton existence, en gros, donne-t-en les moyens. Tu voudrais que cela ressemble à une pièce montée avec choux à la crème sur 4 étages et tout l’bazar, mais tu ne sais pas comment la réaliser ? Apprends. Si tu es trop feignant pour cela, alors contente-toi d’une mousse au chocolat.

« Ok ok on a compris l’image. Mais pourquoi le space cake ?? « 

Mais quelle impatience, ouloulouu! Le Space Cake, parce qu’il arrive parfois que tu partes avec une idée en tête, tous les ingrédients requis, la recette maîtrisée, l’équipement nécessaire, le bon timing et le parfait état d’esprit; Tu cuisines en confiance, respectes bien toutes les consignes, laisses cuire le temps nécessaire. Puis, sortant ton oeuvre du four, la  laissant un peu refroidir, tu goûtes lorsque la température est optimale. Et là…

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Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas bon. Tu ne comprends pas. C’est juste, bizarre. Tu te demandes ce que tu as raté, tu repasses en boucle dans ta tête toutes les opérations effectuées. « Est-ce que j’ai mis assez de sucre ? Était-ce un ou deux oeufs ? Peut-être que le beurre aurait dû être moins froid ? » Et cela dure… Tu remets en question tout ce que tu as pu faire.  T’es-tu simplement demandé si le souci pouvait  ne pas venir de toi ou de tes erreurs mais plutôt du fait que ce gâteau ne te correspondait pas ? Tu pensais en avoir envie, vraiment, mais le goût ne te plaît pas plus que cela au final, voilà tout. Tu t’es trompé dans ce que tu pensais désirer alors qu’en fin de compte tu aspirais à autre chose.

J’appelle cela le phénomène space cake mais j’ai tendance à parler de soufflé raté dans mon langage quotidien. Néanmoins une légère nuance subsiste dans le sens où le soufflé signifie quelque chose qui fonctionnait bien au début mais qui s’est écroulé sous son poids pour finalement se ratatiner mollement au fond du plat.

Le soufflé raté: il monte aussi vite qu’il s’effondre

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Je pense avoir un exemple assez parlant pour illustrer ce procédé. Mettons que tu aies  tendance à t’emballer assez vite, comme une personne que je ne citerai pas, dont le nom commence par MA et se termine par LOU. Chut. Bien. Mettons donc que tu rencontres quelqu’un qui te plaît plutôt beaucoup et que cela semble réciproque. « Semble » est un bien faible mot car on peut dire que la personne fait tout le boulot pour une fois. Et vas-y que je te sors le grand jeu, les déclarations, les preuves d’attachement, de projection, les cadeaux, etc. Alors sur le papier c’est bien joli, mais quand cela se produit en moins de quinze jours/trois semaines, c’est bizarre. J’ai souvent croisé des déséquilibrés mais cette fois-ci, le mec étant 5 ans plus âgé, visiblement mature et posé, s’affichant volontiers à la vue de famille et amis, je ne me suis pas méfiée plus que cela et comme à mon habitude, j’ai foncé. Sauf qu’au bout de ces quelques semaines, le soufflé qui avait de la gueule pourtant et présageait quelque chose de fabuleux, s’est écroulé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

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Alors, c’est assez drôle de constater que je me suis enflammée tout comme lui en quinze jours et qu’une semaine plus tard, plus rien ne subsiste. Et pourtant j’étais triste et déjà attachée. Mais, l’effet soufflé. Et tant mieux à dire vrai. Les gens spontanés, coeurs d’artichaut, sanguins, se reconnaîtront probablement dans cette « anecdote ». Les autres liront cela en se disant que c’est dingue de s’embarquer dans des histoires comme ça en si peu de temps. Comme disent les Marseillais, « Pas le temps, y’en a asseeeeez ». Je ne saurais dire ce que j’en pense car c’est ainsi que je fonctionne et pour moi c’est donc « normal », en revanche, j’apprécie que mon coeur se soit mithridatisé de la sorte avec le temps et déploie un filet de l’Amour chaque fois que nécessaire. Tu « tombes » amoureux, certes, mais tu rebondis aussi vite. Boiiiing! Par conséquent, il y a ceux qui restent en haut d’un immeuble et n’osent jamais tenter de passer sur le suivant, d’avancer droit devant sur la corde, en mode funambule; et les autres, qui osent, peuvent tomber mais ne se démontent pas et recommencent. Et hop te revoilà de retour sur les toits. #ontheroof #foliepassagère #arreteleshashtagssurfacebooktufaispitié.

C’est un billet qui se veut léger mais (petit teaser) le prochain traitera de l’Obsession au sens pathologique du terme puisqu’étant sujette à la monomanie, c’est un sujet qui me chatouille la boite crânienne. Mais là c’est dimanche, on se quitte en douceur avec ce titre de l’été de 2004.

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