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La posologie des relations tampons

L’autre fois je te parlais de la FriendZone et tu faisais l’étonné. Je suppose que tu vas me refaire le coup?

« Les relations quoi? »

Voilà. Les relations tampons ma gueule. Tam-pons.

Ah non, pas ceux-là, pas les copains des menstruations. Quoique, ça revient un peu au même au final puisqu’il s’agit de quelque chose qui fréquente quelques temps notre intimité et qui finit tôt ou tard à la poubelle. Bon j’arrête la comparaison, t’as déjà trop d’images en tête et le sujet qui nous intéresse n’a rien à voir avec la polémique (justifiée).

Qu’est-ce qu’une relation tampon

Par tampon on entend (je suppose) le fait de tamponner une blessure avec un petit coton imbibé d’affection et d’accompagner la procédure d’un « Voilàà, c’est fini, tout doux, chut ». Le bisou est facultatif mais apprécié.

« Ah ouais une relation pansement quoi.

– Ouais. Mais moi j’ai toujours dit relation tampon.

– Parce que tu pratiques souvent?

– … T’as pas autre chose à faire que de troller mon article ? »

Bien.

Evidemment que ce n’est pas génial d’y avoir recours mais parfois, c’est nécessaire, peut-être même inévitable lorsqu’une relation intense s’achève.

Pourquoi la relation tampon a lieu d’être

Quand tu passes des mois voire des années de ta vie avec quelqu’un et que soudainement, cela s’arrête, tu ne dis pas simplement adieu à une personne, mais à un couple, à des habitudes, à un vocabulaire, des souvenirs, des private jokes*, des photos, des surnoms que vous vous donniez, un lieu de vie commun peut-être, une histoire qui d’un coup appartient au passé et n’a de traces que dans votre mémoire. Il faut en plus « oublier » tout ça car plus on y pense, plus on souffre. Toutes les ruptures ne se ressemblent pas mais le plus souvent cela reste douloureux et il faut « passer à autre chose, lâcher prise ». Il n’y a que les américains qui font des fêtes pour célébrer les divorces. Cela dit, les américains ont élu Trump, ça prouve qu’ils n’ont pas la lumière à tous les étages… anywayyy*.

Deuxième point, repasser de vie à deux, à vie en solo. Tu avais quelqu’un et tu te retrouves à nouveau seul. C’est sûrement en cela que la rupture est le plus difficile à vivre car c’est quoi qu’il arrive une transition complexe à effectuer, quand bien même tu es entouré par ta famille ou un bon groupe d’amis, ce n’est pas eux qui dormaient avec toi, qui partageaient ton intimité, t’embrassaient, te serraient dans les bras, faisaient battre ton coeur la chamade, te regardaient avec désir et admiration, te faisaient des surprises, s’enivraient avec toi et te faisaient concevoir l’avenir comme une route ensoleillée en direction d’un horizon magique. Non. Tu es seul(e), tu es blessé(e), les genoux à terre et tu saignes.

Si tu es plutôt fort, tu vas te relever en pissant le sang, comme un Daryl énervé à qui on a piqué la moto, mais tu vas te faire toi même un garrot au coeur et avec le temps ça va guérir. Respect.

Si tu es plutôt fragile, tu vas avoir besoin d’un pansement, d’un infirmier/infirmière de fortune qui va t’appliquer du Mercurochrome, ouais, le pansement des héros, sur ta plaie ouverte, et ce jusqu’à ce qu’elle se referme. Et que se passe t-il lorsque nous sommes guéri? « Mercurochrome le pansement des… » Oh! Ferme la gamin, on a compris! (La publicité la plus reloue ever by the way*.) Bref, quand nous sommes soigné, nous remettons le médicament dans la pharmacie et merci, see you next time*!

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Je pense avoir expliqué l’essentiel du concept. En fait, une relation tampon, ou pansement, ou coton Bedatine, ou gaze hydrophile, ou compresse stérile ou c’que tu veux mon pote tant que c’est destiné à apaiser la douleur et la guérir, c’est une personne que tu vas rencontrer juste après une relation importante. Cet individu va t’aider à surmonter la peine et la phase de solitude que tu traverses, à laquelle tu n’étais pas préparé et plus habitué. Cet infirmier/e intérimaire va normalement te remettre sur pieds et te faire « passer à autre chose ». Cela parait très sain comme thérapie, n’est-ce pas? Ouais mais, guess what*: y a un truc un peu salaud dans l’histoire, une couille dans le potage comme qui dirait.

L’effet Kisscool de la relation tampon

Donc. Dans le meilleur des mondes, ton infirmier/e tampon s’avère être une personne géniale dont tu vas tomber amoureux/se et qui va au fil du temps être promu « amour de ta vie » tandis que ton ex se verra rétrogradé à « amour de jeunesse » ou pire « erreur de parcours ». Aoutch.

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Maintenant, si on est réaliste deux minutes… Bin, voilà ce qui va se passer: tu vas congédier ton infirmier tampon quand il aura bien bossé, t’aura remis sur pattes, aura passé des semaines à te rééduquer pour que tu retrouves l’usage de ton coeur et reprennes totalement confiance en toi. Done!* Merci doc. Ses mots doux, son attention, sa sérénade, ses belles paroles, son affection auront suffisamment tamponné d’affection ta blessure à présent cicatrisée. Mais eh, on ne tombe pas amoureux de son médecin, c’est comme ça. Alors tu quittes son cabinet et en avant Guingamp! (Placement d’expression désuète effectué avec brio)

Effet Kisscool? Ton infirmier/e t’aimait vraiment bien lui/elle… Et tu viens de le foutre à la poubelle. Qui soigne les soignants ? :/ Triste. T’es vraiment pas gentil/le. Tu sais pourquoi ? Parce que tu l’as pas prévenu/e de ce qu’il/elle représentait pour toi.

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Bah attends, normal! J’allais pas l’aborder en lui disant: « écoute, je sors d’une relation longue, je suis mal en point, j’ai encore des sentiments pour mon ex et je ne te promets rien mais j’aimerais bien que tu t’occupes de moi, me dises que je suis beau/belle, que tu me câlines, qu’on aille au restau, au ciné, que tu viennes dormir chez moi de temps à autres et qu’on fasse des balades tout comme un vrai petit couple, juste assez longtemps pour que ça me fasse moins mal de repenser à lui/elle, et qui sait, p’tet que je tomberai amoureux/se de toi ? »

Bin, si. C’est ça qu’il faudrait dire. Que chacun des deux sache vers quoi il s’embarque. De toute façon, il faut arrêter l’hypocrisie dans les deux sens. Evidemment que ce n’est pas évident d’entendre que la personne avec qui on démarre une relation a toujours des sentiments pour son ex, mais à défaut d’être plaisant, c’est sincère et NORMAL. Quel genre d’humain classe une histoire de coeur et efface ses sentiments sur commande ? C’est peut être pas très Disney mais c’est honnête et ça évite de passer de victime à bourreau.

Réfléchis-y la prochaine fois parce que ton parcours amoureux t’amenera tôt ou tard à faire l’expérience d’un rôle ou de l’autre. Ah, et aussi, sache que tu peux tomber sur un filou qui se jouera de toi au moment où tu seras le plus vulnérable. Manque total de bol si pour le coup ta démarche de retenter quelque chose avec quelqu’un était ouverte à un contrat à durée indéterminée. Dans ce cas, ce n’est pas un infirmier dont tu vas avoir besoin, mais d’un thérapeute! Le mieux sera bien évidemment d’essayer de se reconstruire seul avant de remettre avec quelqu’un. Ça, il n’y a que sur papier que c’est facile à dire…

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Spoiler prochain billet: nous (je) parlerons du marketing amoureux ou comment une relation finit par positionner l’un des deux en vendeur tentant de convaincre l’autre de renouveler son abonnement avec lui pour 24 mois de plus. En général, quand t’en arrives là… ça pue.


Avec Malou, j’apprends l’anglais en m’amusant!

* private jokes : blagues privées

* anyway : enfin bref

* by the way : au fait

* See you next time : à la prochaine!

* Guess what : devine quoi

* Done! : fini/ fait

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Le Space Cake émotionnel

Encore un titre bien mystérieux que celui-ci. Ne t’en fais pas chaton, tu vas comprendre bien vite. « Space cake »? Si tu es connaisseur, tu te dis que ce billet abordera un sujet junky. Que nenni ! Navrée de décevoir les plus rock’n’roll d’entre vous mais je ne suis ni une Britney Spears sur le point de se raser le crâne, ni une Amy Whinehouse droguée et alcoolisée jusqu’à la moëlle. A la limite j’ai la voix cassée et un jean troué, c’est le max dont je suis capable en la matière. Des fois j’abuse des Moscow Mule, au pire j’envoie un message pathétique à un ex, mais de là à partir en bad trip façon 99 francs? Thanks god but no. Tu vas me dire que j’exagère parce qu’un Space Cake n’est pas non plus un vrai truc badass. Tu as raison, j’en fais trop. Mais pour le coup j’ai essayé une fois, je l’ai su après (ah les coquins…). Pendant plutôt, parce que je me sentais « weird » et lorsque j’ai constaté que mes amis anglais rigolaient aussi niaisement que moi, j’ai compris la filouterie. D’autant que ce gâteau avait un goût bizarre mais pas pire que leur vin. Donc… J’avais vingt ans, c’était cool. Anyway. 

« Mais alors pourquoi Space Cake ? »

Allons, tu ne devines pas ? Elle arrive… La voici… La métaphore du week-end baby! Et double qui plus est.  Je te situe: pars du principe que ce que tu vis émotionnellement, c’est de la pâtisserie. Ah bin ouais c’est inattendu. Disons que ce tu manges dépend de ce que tu te prépares tu vois ? Si tu y mets de la passion, que tu fais de ton mieux et que tu utilises les bonnes méthodes, ça devrait plutôt être très bon. Si tu le fais sans envie, sans recette, sans méthodologie… tu l’auras compris, ton plat sera mauvais et sans saveurs.

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On a tendance à utiliser les expressions:

Tu es le pilote de ta vie

Tu es l’architecte de ta vie

J’ai envie d’ajouter:


Tu es le cuisiner de ta vie


Voilà, ça c’est fait. Donc, si tu veux faire un truc cool de ton existence, en gros, donne-t-en les moyens. Tu voudrais que cela ressemble à une pièce montée avec choux à la crème sur 4 étages et tout l’bazar, mais tu ne sais pas comment la réaliser ? Apprends. Si tu es trop feignant pour cela, alors contente-toi d’une mousse au chocolat.

« Ok ok on a compris l’image. Mais pourquoi le space cake ?? « 

Mais quelle impatience, ouloulouu! Le Space Cake, parce qu’il arrive parfois que tu partes avec une idée en tête, tous les ingrédients requis, la recette maîtrisée, l’équipement nécessaire, le bon timing et le parfait état d’esprit; Tu cuisines en confiance, respectes bien toutes les consignes, laisses cuire le temps nécessaire. Puis, sortant ton oeuvre du four, la  laissant un peu refroidir, tu goûtes lorsque la température est optimale. Et là…

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Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas bon. Tu ne comprends pas. C’est juste, bizarre. Tu te demandes ce que tu as raté, tu repasses en boucle dans ta tête toutes les opérations effectuées. « Est-ce que j’ai mis assez de sucre ? Était-ce un ou deux oeufs ? Peut-être que le beurre aurait dû être moins froid ? » Et cela dure… Tu remets en question tout ce que tu as pu faire.  T’es-tu simplement demandé si le souci pouvait  ne pas venir de toi ou de tes erreurs mais plutôt du fait que ce gâteau ne te correspondait pas ? Tu pensais en avoir envie, vraiment, mais le goût ne te plaît pas plus que cela au final, voilà tout. Tu t’es trompé dans ce que tu pensais désirer alors qu’en fin de compte tu aspirais à autre chose.

J’appelle cela le phénomène space cake mais j’ai tendance à parler de soufflé raté dans mon langage quotidien. Néanmoins une légère nuance subsiste dans le sens où le soufflé signifie quelque chose qui fonctionnait bien au début mais qui s’est écroulé sous son poids pour finalement se ratatiner mollement au fond du plat.

Le soufflé raté: il monte aussi vite qu’il s’effondre

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Je pense avoir un exemple assez parlant pour illustrer ce procédé. Mettons que tu aies  tendance à t’emballer assez vite, comme une personne que je ne citerai pas, dont le nom commence par MA et se termine par LOU. Chut. Bien. Mettons donc que tu rencontres quelqu’un qui te plaît plutôt beaucoup et que cela semble réciproque. « Semble » est un bien faible mot car on peut dire que la personne fait tout le boulot pour une fois. Et vas-y que je te sors le grand jeu, les déclarations, les preuves d’attachement, de projection, les cadeaux, etc. Alors sur le papier c’est bien joli, mais quand cela se produit en moins de quinze jours/trois semaines, c’est bizarre. J’ai souvent croisé des déséquilibrés mais cette fois-ci, le mec étant 5 ans plus âgé, visiblement mature et posé, s’affichant volontiers à la vue de famille et amis, je ne me suis pas méfiée plus que cela et comme à mon habitude, j’ai foncé. Sauf qu’au bout de ces quelques semaines, le soufflé qui avait de la gueule pourtant et présageait quelque chose de fabuleux, s’est écroulé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

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Alors, c’est assez drôle de constater que je me suis enflammée tout comme lui en quinze jours et qu’une semaine plus tard, plus rien ne subsiste. Et pourtant j’étais triste et déjà attachée. Mais, l’effet soufflé. Et tant mieux à dire vrai. Les gens spontanés, coeurs d’artichaut, sanguins, se reconnaîtront probablement dans cette « anecdote ». Les autres liront cela en se disant que c’est dingue de s’embarquer dans des histoires comme ça en si peu de temps. Comme disent les Marseillais, « Pas le temps, y’en a asseeeeez ». Je ne saurais dire ce que j’en pense car c’est ainsi que je fonctionne et pour moi c’est donc « normal », en revanche, j’apprécie que mon coeur se soit mithridatisé de la sorte avec le temps et déploie un filet de l’Amour chaque fois que nécessaire. Tu « tombes » amoureux, certes, mais tu rebondis aussi vite. Boiiiing! Par conséquent, il y a ceux qui restent en haut d’un immeuble et n’osent jamais tenter de passer sur le suivant, d’avancer droit devant sur la corde, en mode funambule; et les autres, qui osent, peuvent tomber mais ne se démontent pas et recommencent. Et hop te revoilà de retour sur les toits. #ontheroof #foliepassagère #arreteleshashtagssurfacebooktufaispitié.

C’est un billet qui se veut léger mais (petit teaser) le prochain traitera de l’Obsession au sens pathologique du terme puisqu’étant sujette à la monomanie, c’est un sujet qui me chatouille la boite crânienne. Mais là c’est dimanche, on se quitte en douceur avec ce titre de l’été de 2004.

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Le mythe de la Création selon Platon and friends, ou comment vivre avec le fantôme de son âme soeur

Mal.

Point.

Voilà, merci, bonne journée!


Mes articles sont parfois un peu longs parait-il. Cependant « on ne badine pas avec l’amour » comme dirait Musset, un poto. Je ne peux donc décemment pas faire dans le concis, surtout pour ce thème qui m’a réveillée un samedi à 5h du mat après 3h de sommeil. Ça fait écrivain torturé, j’adore! « J’ai mes démons. » Faut surtout que j’arrête le café et les clémentines après 22h. Autre débat.

Reprenons. Je vais m’improviser prof en amphi pour ce sujet, parce que je trouve ça fun le temps d’un article et surtout car cela restera une projection tant je n’ai aucune pédagogie / patience / ambition d’enseignante. Joue le jeu Bobby. Tu es élève en fac de lettres et je suis la prof de philo sexy, genre Megan Fox (roh mais ça va laisse moi imaginer ce que je veux, c’est MON blog, MON article, MON jeu de rôle et MA classe!). Maintenant, sit down and listen!

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Un peu de silence vous plait! Installez-vous, on a plusieurs points à aborder dans ce cours. Amandine éteins-moi ce téléphone, tu regarderas tes stories plus tard et Christophe, retire moi ces écouteurs, je ne passe pas encore à la radio, merci.

Bien! Aujourd’hui, nous allons parler du mythe de la Création selon Platon, de votre potentielle âme soeur et surtout de la possibilité de ne jamais la trouver et donc de vivre avec son fantôme. Oui, ça fait beaucoup je sais, alors ne trainons pas.

Le mythe de la création by Platon and friends

Dans le titre,  j’ai précisé Platon and friends et non sans raison. En effet, nous avons affaire à un sacré filou puisque pour exposer une partie de sa théorie de l’amour dans Le Banquet, célèbre texte qui traite du sujet, notre philosophe passe littéralement par quatre chemins ou tout du moins quatre voix. Platon n’est donc pas le narrateur, que l’on retrouve en la personne d’Apollodore. Cependant, lui même n’a pas assisté à cette fameuse sauterie. Aristodème était lui présent et a rapporté les propos qui s’étaient tenus. Le discours qui nous intéresse ici est notamment celui d’Aristophane, une sorte de philosophe comique de l’époque.

Si l’on devait résumer, l’origine du terme « âme soeur » nous vient donc d’un stand-upper grec bourré à un diner qui s’est levé en plein repas en s’exclamant: « j’vais vous dire moi c’que je pense de l’Amouuuur [hip! – oui parce qu’apparemment il avait le hoquet – true story] ». Le lendemain, un mec a fait sa langue de pute en allant raconter à un de ses potes ce que cet humoriste avait déblatéré. Seize ans plus tard, ce type décide de parler. Et c’est Platon, rédacteur en chef de Closer-Mythologie qui nous rapporte l’histoire dans ses colonnes. Moralité: l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et tout ce que vous dites ivre pourra être retenu contre vous et publié des années plus tard dans la gazette grecque. Sauf que cette histoire a fait le buzz et 2420 ans plus tard, ce qu’a dit Aristophane continue de nous hanter.

Mais qu’a  vraiment dit Aristophane au cours du Banquet?

Et bien notre alcoolique notoire de la soirée a, entre deux cubis, prétendu ceci:

A la création, les dieux ont fait les humains de trois sortes: mâle, femelle et androgyne. Déjà ça partait en free style mais bon… Toujours selon lui, nous étions des espèces de sphères avec deux visages, quatre mains, quatre jambes, etc. Tout en double. Un humain vu par Picasso en somme. Pour couronner le tout, nous roulions pour nous déplacer. Franchement là, je me serais dit, « Ok Aris’ est complètement fait, si quelqu’un pouvait le raccompagner à son atrium? Non? Personne? Bon ben oué finis, au point où on en est… ». Nous roulions donc gaiement mais visiblement on se la racontait un peu trop et notre force a fini par emmerder les dieux qui se sont dit « oulala ces boules sont un peu trop épanouies, viens on les sépare! ». C’était un jour où Zeus avait mal dormi, il était pas au taquet, il a répondu « ok, ok » nonchalamment et a sorti de ses poignets deux trois éclairs vers la Terre, façon Spiderman. Et Bam, ça a fait des Chocapic! Je vous la fais courte mais en gros voilà comment sont nées les âmes soeur séparées par les dieux, condamnées à vouloir se réunir. Mais là encore ça va elle étaient face à face. La problématique c’est qu’aujourd’hui on nait sans savoir où la trouver et c’est à peu près la seule mission dont on se sent investi intrinsèquement. C’est donc qu’il devait quand même pas dire que des conneries Aristouf. Anyway…

La quête de l’ame-soeur

Que l’on y croit ou non, reconnaissez qu’on cherche quand même tous pas mal à s’emboîter! Alors Ame-soeur d’un soir ou bien d’une vie, qu’en sais-je, mais il y a bel et bien une recherche, une conquête. Quelle qu’en soit l’issue, on tente de séduire  ceux qui nous attirent et l’on se cherche des affinités, une connexion. Il est possible de connaitre plusieurs histoires au cours de sa vie et même d’aimer véritablement plusieurs personnes. Cependant, seules les vraies âmes soeur restent ensemble pour toujours lorsqu’elles se sont trouvées. Elles se reconnaissent à l’instar de ces jumeaux séparés à la naissance, ou pas d’ailleurs. C’est un lien du sang et plus que cela encore, une connexion mystique dont l’entendement nous dépasse mais dont les preuves ne sont plus à faire. Les jumeaux seraient selon moi des âmes-soeurs et se seraient retrouvées par erreur ensemble dés la naissance, un peu comme un mauvais mélange de cartes. Ces deux là n’auraient alors pas même besoin de partir en quête puisque s’étant déjà trouvé. Avez-vous déjà remarqué à quel point leur relation est forte et comme ils se suffisent à eux-mêmes?

Malheureusement pour les autres, nous allons devoir galérer un peu plus. Mais le pire dans cette histoire c’est qu’absolument rien ne garantit qu’on la trouve un jour. Il parait que le vrai bonheur réside dans la quête. Certes. Mais bon au bout d’un moment on la veut bien la carotte tenue par le bâton car elle nous fait sacrement gargouiller le coeur!

Bien entendu on pourra se consoler dans les bras d’autres âmes égarées. Cependant au fond de nous, on le sait, on le sent que ce n’est pas « le bon, la bonne ».

Vivre avec le fantôme de cet être manquant

Avez-vous déjà entendu ces récits de mutilés de guerre qui ressentent physiquement une douleur dans un membre ayant pourtant disparu? On appelle cela le syndrome du membre fantôme. J’aimerais ici établir un parallèle avec ce que les âmes-soeurs ressentent au quotidien.

Selon moi, philosophe en mousse des temps modernes, nous avons un sérieux penchant pour le mal-être que nous exprimons par tout un tas d’angoisses, de troubles du comportement, de névroses. Tous ces symptômes pourraient disparaitre aussi vite qu’ils sont apparus grâce à un seul et unique remède: l’Amour. Je sais c’est beau. Mais attention, pas n’importe quel amour. L’amour véritable, à double-sens et le plus pur de celui-ci, le Saint Graal, réside dans l’amour que s’apportent mutuellement deux âmes soeurs. Je ne vous parle pas d’un amour générique vendu en pharmacie et qui plus est payant. Non non non. Le vrai amour est gratuit car il offre autant qu’il prend, c’est une balance parfaitement ajustée. Qui dit gratuit ne dit pas sans valeur. Au contraire, il est inestimable tant il est précieux et convoité. L’avantage est que chacun peut l’obtenir à condition de vraiment le chercher et non sa contrefaçon qui certes pansera momentanément quelques plaies mais jamais ne guérira la véritable déchirure originelle.

D’ici là, il faut vivre sans. Vivre avec ce fantôme de membre amputé. Et pourtant, il nous manque cruellement. On l’imagine, on se le représente, on sait à quoi il pourrait ressembler, ce qu’il vivrait avec nous et comment il nous ferait sentir.

A un c’est bien, à deux c’est toujours mieux, avec son âme-soeur ce n’est que pur bonheur.

« DRIIIIIIIIING » (Sonnerie horrible qui marque la fin du cours) ; bruit de chaises qui raclent le sol;  Amandine consulte les dernières stories ; Christophe appuie sur play et sa playlist redémarre ; les élèves ont quitté la salle de classe et m’ont laissée seule, moi, Megan Fox (chuuut), bien pensive:

« Ils ne me croient pas. C’est dommage. Ce soir pour oublier je vais boire et je raconterai ma théorie à qui veut bien l’entendre. Ca tombe bien je suis invitée à un banquet. »