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L’obsession, pour les Nuls

Tu ne l’attends pas parce qu’il débarque sans prévenir, le petit billet surprise. Je t’avoue que je suis la première étonnée quand l’inspiration me surprend à un moment où je ne la réclamais pas. Le plus souvent, c’est en pleine nuit, après trois heures de sommeil. Bonheur. Genre, t’es bien tu vois, tu dors douillettement avec tes doudous et en plus t’es trop contente car pour une fois tu t’es endormie vite et tôt, quand soudain… Une espèce de puissance mystique vient te tirer de tes rêves, même si pour le coup ils étaient un peu médiocres. (Hey, n’est pas Scorcese qui veut ok ?) Bref. Je compare volontiers l’inspiration nocturne au chien un peu casse-bonbons qui te réveille pour jouer/aller pisser/que tu lui donnes à bouffer. Et ne t’avises pas d’essayer de l’ignorer, c’est foutu, il ne lâchera pas.

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Salut, c’est moi, tu me reconnais? Chienspiration!

Me voici donc, un dimanche matin, levée à 4h pour aborder un sujet assez dense dont j’avais brièvement annoncé la couleur dans mon précédent billetl’obsession. Pourquoi ce choix tout d’abord. Et bien, car je suis plus ou moins sous l’emprise de cette « pathologie » et sur bien des plans. Il m’intéressait donc d’en savoir un peu plus sur la question. Cependant, à peine ai-je commencé à me documenter que déjà je m’aperçois que j’ai beaucoup de notions à appréhender avant de vraiment comprendre de quoi il s’agit. Je vais donc procéder dans l’ordre et revenir sur les fondamentaux. On ne construit pas une maison en commençant par le toit…

Qu’est-ce qu’une obsession?

Premièrement, la def. vue par le Petit Larousse:

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Alors, irrationnel je ne dirais pas cela car selon ma définition (qui n’a donc aucune valeur du coup), j’en percevais la mécanique de pensée avec une certaine logique. Exemple: je développe une obsession pour une chanson parce que je l’aime bien. J’ai donc envie de l’écouter en boucle sur une période aléatoire, jusqu’à m’en dégoûter et alterner avec d’autres, pour finalement la troquer contre une nouvelle et enfin l’oublier. Il en va de même avec la bouffe, l’Amour et les projets. Selon moi, rien d’illogique jusqu’à présent puisque j’ai toujours vu les choses ainsi. Je suis une passionnée, je vis le « truc » à fond et lorsque j’en ai assez, je change. Je ne suis clairement pas dans la modération mais comme c’est ainsi que je fonctionne, je le comprends et trouve ainsi cela « rationnel ».

Répétitive et menaçante? Répétitive, si l’on veut. Je dirais davantage cyclique. Menaçante? Et bien, dans la mesure où parfois cela conduit à des comportements regrettables, peut-être, mais ce n’est pas une sensation que je (oui je fais du cas par cas en prenant le mien car à priori je suis la mieux placée pour en parler ahah) subis puisqu’elle répond à un attrait éphémère.

Par conséquent, ce que j’avais coutume d’appeler « obsession » n’en est pas nécessairement une et s’apparente davantage à une lubie qui dure plusieurs jours, mois, voire années, voire s’arrête et reprend plus tard, par cycle donc. Est-ce bien la bonne définition ? En tout cas, celle-ci est plus légère.

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Par le passé, mon auteur préféré était Stefan Zweig parce que je le trouvais aussi « cinglé » que moi. Le livre qui m’avait le plus emballée de sa collection (du moins, parmi ceux que j’ai lus) était Le joueur d’échecs. Pas forcément parce que j’adore les échecs [pseudo: Platonika sur chess.com, si une partie contre moi te tente], mais parce qu’il y décrivait tous les symptômes et dérives de la monomanie que je découvrais alors comme étant une pathologie. C’est donc amusée que je me suis mise à utiliser ce mot pour décrire mes propres « cycles ». Je me suis par la suite aperçue que j’étais fortement attirée par les personnes présentant ce même type de fonctionnement, comme c’est le cas des joueurs de Poker. Qui se ressemble s’assemble, paraît-il. Mon histoire d’Amour la plus longue et la plus intense en est notamment la parfaite démonstration puisque lui et moi jouions continuellement, aux échecs mais pas seulement: poker, jeux de sociétés, jeux vidéos, jeux en tout genre à dire vrai. Pas au point de l’addiction contraignante du type: joueur compulsif et tout ce que cela implique. Cependant, mon ex est limite « pire » et assez admirable dans son aboutissement de la manie puisque lui va jusqu’à se passionner pour un sujet en se renseignant sur tout ce qu’il était possible d’emmagasiner comme infos liées. Etant donné que nous parlons d’échecs autant prendre cet exemple là. Alors que je me « contentais » de vouloir jouer H24 parce que l’apprentissage personnel me plaisait, que je perde ou gagne, seule l’action de jouer me suffisait. En revanche, lui avait besoin de maîtriser l’exercice. Il s’était donc renseigné sur tout ce que cela englobait. L’histoire des échecs, les grands maîtres, les stratégies, etc. jusqu’à en devenir expert sur le sujet. Il en allait de même pour chaque activité qu’il entreprenait ou avait entrepris comme la musique, le poker (donc) et après réflexion, peut-être bien moi, jusqu’à se lasser sans pour autant cesser d’aimer mais simplement après en avoir fait le tour ou décrété qu’il ne serait pas le meilleur en ce domaine. Le « défaut » des perfectionnistes sûrement. Je lui ressemblais sans pour autant fonctionner à l’identique. En effet, je peux me passionner pour quelque chose sans chercher à être la meilleure et à maîtriser la discipline. Ce n’est pas un objectif. J’ai pu être comme cela à l’école ou dans une entreprise mais dans ce qui n’est pas « imposé », je pense ne pas avoir besoin de ressentir cette satisfaction. C’est appréciable mais pas un but en soi, du moins, pas le mien.

Qu’est-ce que la monomanie ?

Alors là, c’est le bordel. Mets ta ceinture, on a de la route. « […] la monomanie est un délire caractérisé par une préoccupation unique. La monomanie intellectuelle caractérise un patient obsédé par une ou plusieurs idées délirantes. La monomanie affective ou raisonnante concerne un patient qui peut conserver une certaine conscience de son trouble, contrairement à la monomanie émotionnelle pour laquelle une ou plusieurs émotions abolissent son raisonnement et sa volonté. » Ok, reprenons dans l’ordre Jamy.

Qu’est-ce qu’un délire ?

Un ami a un gimmick que j’affectionne tout particulièrement: « Y’a un délire ».  Une belle mise en abîme pour le coup puisqu’un gimmick est de base un dérivé du comportement cyclique et récurrent. Voici cependant la définition toujours selon notre encyclopédiste:Capture d’écran 2017-03-26 à 08.37.55.png

Ah ouais, y’a vraiment un délire. Malgré tout, je ne reconnais pas ma fixation pour les olives, les escargots, les MM’s, les Crocodiles Haribo et ma playlist du moment dans l’apparition de ces symptômes. J’ai jamais fait grimper ma température à 39,5 parce que je ne pouvais pas m’enfiler un paquet de Dragibus au moment où j’en voulais. Quoique. « Agitation extrême, frénésie, exaltation ». Là j’avoue il faut me voir en voiture, côté passager, quand je danse sur Rockabye.

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Bon, là c’est plus du tout marrant. Attends, ça se trouve ça fait plus peur que ce dont il est vraiment question parce que bizarrement il y a des mots dont on allège la connotation dans le conscient collectif, exemple « délire » comme on vient de le voir. Ou lorsque l’on dit « c’est mortel! » Nan bah en vrai non hein. C’est juste « terrible » dans le sens « cool », « trop bien », etc. Ou si tu dis à ton pote, « mais t’es malade, t’es un taré! ». En fait, tu lui manifestes ton approbation amusée pour ses petits coups de « folie » qui ici  encore a un sens atténué. Je ne sais pas si je suis claire… Mais bref, peut-être qu’en fait ces mots barbares ne renvoient pas à des définitions aussi lourdes qu’elles le laissent penser?

Qu’est-ce qu’un trouble mental / une maladie mentale ?

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La liste est longue… Je vous laisse vous intéresser à celles de votre choix mais pour rester sur les rails de ce billet, on va passer cette étape car ici, rien ne fait réellement écho à ce dont il est question. En effet, je trouve ceci extrêment LOURD et incompatible avec ce qui est ressenti dans mon quotidien quand il s’agit d’obsession cyclique. Je peine à trouver la bonne appellation mais dans mon cas, rien de dramatique non plus! Je dirais plutôt que c’est une facette de ma personnalité, qui ne m’est pas propre puisque comme évoqué plus haut, j’ai rencontré des personnes similaires à quelques nuances près. Sommes-nous alors « malades mentalement » ? Je ne le pense pas. Et si c’est le cas, selon qui ? Les gens sains se pensent sains parce que ? Ils sont la norme ? Ah d’accord. Galilée si tu nous regardes, désoooo. (Bon en réalité ce n’est pas lui qui a vraiment fait cette découverte mais dans un souci de raccourci, on va dire que si, pour l’image. Tu l’ignorais ?? Désooooo.) Ainsi, sommes-nous socialement inaptes à une vie standard en société ? Possible. De là à se considérer fou ? Je n’ai pas la réponse à cette question.

Après moult lecture (j’ai le crâne comme une pastèque 4h après avoir commencé cet article), j’en arrive à la conclusion qu’il s’agit davantage de pulsion.

Qu’est ce qu’une pulsion ?

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Voilà. Ça, j’aime mieux. Bien évidemment môssieur Sigmund Freud a toujours un petit truc à rajouter avec des mots bien flippants et des origines diverses et variées mais bon on va s’en tenir à cette définition plus sommaire et moins craignosse afin d’embrayer sur un dimanche sympa ? Qu’en dis-tu ? J’en dis qu’une fois de plus tu causes toute seule et que t’es bonne à enfermer ma fille! Hannn quoi ? T’as dit quoi là ? Bah eh c’est la vérité regarde tu continues ! Hello crazyness ! Nan mais je te permets pas déjà…

PAUSE

Bon, je ne te cache pas qu’après cette première partie, j’ai eu besoin de réfléchir à tout ça. J’ai essayé de prendre un peu de recul, de hauteur, de considérer cela d’un point de vue moins égocentrique parce que sinon j’allais finir la journée recroquevillée, position foetale, à remettre toute mon existence en question. Je m’explique:

A la base, je sais que je suis un peu une excentrique, une originale, que ma vie peut paraître  atypique, en décalage, farfelue, non structurée. Ok. ok… C’est admis et je n’ai jamais considéré cela comme un mal. De manière isolée je le vis très bien. J’aime beaucoup moins lorsque je suis jugée bien évidemment. Mais de là à me considérer folle? Bin, nan, jamais. J’ai toujours utilisé cette tournure sans réellement le penser. Du style: je suis « fo-folle ». Ca veut dire exubérante, excessive, mais pas dingue. Cependant cet article me fout un peu les jetons finalement car je m’aperçois que ce que je considère « normal » dans le sens « sain » ne l’est pas tant d’un point de vue extérieur. Bien entendu je ne parle pas de mes envies de bonbons ou de chansons, ça, c’est rigolo au final. Mais de certaines obsessions qui vont un peu plus loin. Il y a par exemple ce à quoi je faisais allusion dans mon article sur l’appétence pour le chaos et de manière générale dans tous mes billets, apparaissent des références à des événements dont j’ai fait l’expérience, que je ne parviens pas à digérer et qui me hantent. Que ce soit le ghosting (archivage sentimental), l’effet soufflé raté, le syndrome du membre manquant (l’ame-soeur). images.jpegToutes ces anecdotes sont autant de pollutions mentales desquelles je suis incapable de me défaire dans la mesure où je ne les comprends pas. Je les ai acceptées, je les ai classées mais en mode survie. C’est comme si je les avais mise à la corbeille (d’un ordinateur, le mien en l’occurrence) mais, que je n’avais pas encore trouvé le moyen de « vider » la corbeille. C’est un peu cela. On a la volonté, l’ambition de virer complètement quelque chose de son cerveau, qui nous est inutile, cependant, une sorte de sauvegarde de secours, de disque dur, nous en empêche totalement. Et c’est relou!!!

Alors, suis-je folle ? Suis-je simplement fofolle ? Est-ce que c’est grave ? Pour qui, pour quoi ? Tant de questions encore. Argh! Comme dirait Scarlett dans Autant en emporte le vent : « Tarata […] j’y penserai demain! »

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L’appétence pour le Chaos

Ambiance

Je t’entends d’ici et d’avance, lecteur en quête de bonne humeur. Le titre de ce blog appelle un amusement, une détente. Tu veux chiller pépouze comme devant un épisode des Chtis à Mikonos qui veulent épouser les Anges Marseillais. Lorsque tu atterris ici, tu as envie de te marrer, je l’ai bien compris. Mais vois-tu, je songe de plus en plus à changer le nom car la page Fais-moi rire ! sur Facebook a clairement ce but et diffuse toute la journée suffisamment de loleries pour participer à l’apparition des premières rides aux coins de tes yeux. Donc, si tu as des idées de nouveau nom, je prends!

En revanche ici, on cause. Oui enfin, JE cause.  Mes billets sont la plupart du temps tasty et funky, c’est en tout cas mon souhait lorsque j’écris. Je réfléchis, j’invente, j’imagine, je digresse,  je fantasme, je m’amuse, je revisite, je plaisante, je bougonne et je partage le contenu farfelu de mes pensées avec toi, qui aime bien ma folie douce. Je suis un peu l’enfant qui rêvasse dans sa chambre, qui chantonne, raconte des histoires, joue seule, plongée dans son monde imaginaire. Et toi, l’observateur discret, l’oeil curieux que je devine par le trou de la serrure. Je te fais rire ? Alors mission accomplie. Mais… parfois, les sujets sont moins roses que la charte graphique de mon blog. Parfois, je cogite et mon esprit s’égare. Il loupe la sortie de Disneyland et emprunte une route sinistrée qui s’enfonce dans une forêt sombre et inquiétante. A mesure que je m’avance en ces terres hostiles, je distingue de plus en plus la silhouette imposante d’un manoir perdu entre brume et désolation. Encore quelques pas et je peux lire le panneau à l’entrée du domaine:

Royaume des Idées Noires, Propriété de la Névrose.

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BREUÂÂÂHH BREUÂÂÂHH (Cri du Corbeau qui s’envole. Ouais je le fais bien je sais. Nan en fait c’est mauvais. Bin vas-yyy t’aurais fais comment toi ? Tsss, il est marrant lui! )

Lugubre à souhait. Je t’ai mis bien là pas vrai ? Allez t’inquiète, je vais pas te faire déprimer ne l’étant pas moi même. Mais je voudrais tout de même aborder aujourd’hui un sujet différent des autres. Et non, on ne parlera pas d’Amour cette fois-ci, ni de Poker, ni de scénarios futuristico-fantasmago-crazy. Je n’ai pas écrit depuis la Saint-Valentin et pour cause, je me suis dispersée comme à ma grande habitude. J’avais mille idées d’articles en tête mais comme ils nécessitaient que je me documente au préalable pour ne pas dire que des bêtises, j’ai repoussé, commencé, interrompu, perdu l’inspi, perdu l’envie, pas repris, mis de côté. Ils sont là tout près (pas prêts) mais, DISPERSIOOOON, tadam! J’en écris un autre avant.

L’appétence pour le chaos

Rien que ça.

Mais pourquoi ce titre? On y vient, on y vient. Ces 15 derniers jours je me suis donc dispersée dans le sens ou bien plus que d’habitude, je suis sortie, j’ai vu des gens. Han! Des gens ? Tu veux dire, en vrai ?? Ouais, en chair et en os. Brrr ça fait bizarre! Oui bon, j’ai quitté mon donjon quasi tous les jours pour voir toutes sortes de personnes: famille, amis, fantômes du passé et même ce qui s’apparente à un début de relation amoureuse ma foi. Bin tout ça a foutu un bordel pas possible dans mon crâne! Faut que je range ma chambre cérébrale là car j’y retrouve plus rien! Et depuis, j’ai ce mini dialogue qui résonne sans cesse dans ma caboche:

Moi: Mais comment ça se fait que je me retrouve malgré moi toujours attirée par ce genre de situations et de personnes ?

Lui: Peut-être parce que tu as une forte appétence pour le chaos.

[Chuchotement]

Toi: Mais c’est qui Lui?

NDLR: Nul ne le sait. Certains disent qu’il se nourrirait de rognons de râton laveur les soirs de pleine lune inca.

Nan je déconne. C’est juste un « type » qui a croisé virtuellement ma route un soir de décembre et qui s’est introduit tel un virus dans mon cerveau pour venir me parasiter sporadiquement les soirs de dispersion au Manoir des Idées Noires. Et depuis, bien qu’il soit reparti aussi vite qu’il est arrivé, il hante mes pensées sombres. Il pop-up dans ma boîte crânienne:

L’appétence pour le Chaos. clic

L’appétence pour le Chaos. clic ! clic ! clic!

Cette expression me fascine!

Cet individu, nous l’appellerons Trojan. Eh oh, si t’as pas de culture et que tu comprends pas pourquoi, beh… va ouvrir un livre! (Ou Wikipedia). En plus l’histoire est intéressante mais si je commence à raconter, on va jamais voir le bout de ce billet.

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Trojan donc, m’a marquée pour une raison inconnue. Il y a des gens que l’on fréquente tous les jours et dont on se fout royalement, à qui l’on dit bonjour et basta, dont la vie ne nous intéresse aucunement et qui ne laisseront aucune trace, miettes, dans nos archives. Et puis, il y a ces rencontres, brèves et intenses, chaotiques justement par leurs aspects mystique, imprévisible, inopiné et volatile. Elles marquent leur passage d’un trait indélébile et inexplicable. Chimique. Trojan est un membre de cette tribu, un disciple, un prophète, qu’en sais-je ! Il arrive sans prévenir et à peine as-tu eu le temps de t’habituer à sa présence qu’il a déjà déserté (Comme dans Le Chocolat avec Juliette Binoche et Johnny Depp). Trojan est venu, il a dit, il est parti en moonwalk. Il m’a laissée bête, bête, bête. Trojan a dit cela mais Trojan EST le Chaos. Et j’ai été attirée par Trojan. N’est-ce pas un comble quand quelqu’un te dit quelque chose qui normalement s’applique avant tout à lui ? C’est comme lorsque le Fou te dit (se pensant sain d’esprit, ou pas d’ailleurs): « Tu es fou. » Toi, tu le sais que c’est lui le fou. Tu penses: « Bin merde il est gonflé lui. C’est lui le fou! Cela dit, il ne le sait pas et pense que c’est moi. Ca se trouve je suis fou et je ne le sais pas et pense que c’est lui! » Bon et là, laisse tomber ta soirée est foutue, Nurofen et cernes. On est tous le fou de quelqu’un. Bref.

Trojan donc me parle de mon appétence pour le Chaos. Vrai. Je suis irrémédiablement attirée par cela au sens courant du terme qui est la confusion générale. Je n’arrive pas à mettre de l’ordre dans mes pensées, je ne parviens pas à me projeter, je suis incapable de m’organiser. Pire, je panique lorsqu’une situation me cloisonne. J’ai peur des CDI, j’ai peur de m’engager, de dire « oui je vais faire cela » sans être sûre que je pourrais m’y tenir. Je ne suis à l’aise que dans l’incertitude et la non prise de décision. Je recule sans cesse tout. Je commence mais ne finis pas, du moins, pas tout de suite. Pourtant les risques et les virages à 360 degrés ne m’effraient pas mais je suis dans l’acte irréfléchi, la spontanéité, l’action. Si je commence à cérébraliser, c’est foutu. Je m’enferme dans ma bulle et je verrouille à double tours. Je hais l’ennui et la perspective d’un avenir répétitif. J’ai besoin d’aventure, de projet plus que d’aboutissement. Je n’aime pas m’installer quelque part, je ne parviens pas à m’attacher à du matériel, je m’en moque totalement. Les choses n’ont pas d’importance pour moi sauf si elles symbolisent un souvenir, un sentiment, un lien. Les odeurs, les musiques, les lieux provoquent en moi des émotions (La fameuse madeleine de Proust). Mais pour tout le reste: c’est-le-Chaos. Et j’aime cela. C’est chez moi. Trojan est tout simplement venu me dire un jour le plus calmement du monde à quelle famille j’appartiens. Puis il s’en est allé, à la quête d’autres âmes égarées pour les avertir. Bin oui. Voilà. C’est dit. Est-ce que c’est bien ? Est-ce que c’est mal ?

NDLR: nul ne le sait, certains disent que ces gens là sourient, s’amusent et aiment la vie tout autant que les autres.

L’important c’est surtout de le savoir. Je ne suis pas stable. Ca fout la trouille aux autres ça. Pourtant, il y a erreur car qui dit instabilité ne dit pas infidélité. Je suis loyale pour autant! Pour preuve, je m’attache aux personnes, aux souvenirs. Je m’accroche même. Quand sur ma route je croise un individu « bouée » je ne le lâche plus. Il devient mon point de repère. J’ai donc peu d’amis et je suis un pot de colle quand j’ai choisi quelqu’un. Cet espèce de dogmatisme qui a un moment donné te fait penser: « Ok, ça c’est exactement logique et ancré au bon endroit au bon moment. » Et comme dans un jeu vidéo, tu fais une sauvegarde à partir de là.

L’appétence pour le Chaos, l’appétence pour le chaos.

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