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Le Space Cake émotionnel

Encore un titre bien mystérieux que celui-ci. Ne t’en fais pas chaton, tu vas comprendre bien vite. « Space cake »? Si tu es connaisseur, tu te dis que ce billet abordera un sujet junky. Que nenni ! Navrée de décevoir les plus rock’n’roll d’entre vous mais je ne suis ni une Britney Spears sur le point de se raser le crâne, ni une Amy Whinehouse droguée et alcoolisée jusqu’à la moëlle. A la limite j’ai la voix cassée et un jean troué, c’est le max dont je suis capable en la matière. Des fois j’abuse des Moscow Mule, au pire j’envoie un message pathétique à un ex, mais de là à partir en bad trip façon 99 francs? Thanks god but no. Tu vas me dire que j’exagère parce qu’un Space Cake n’est pas non plus un vrai truc badass. Tu as raison, j’en fais trop. Mais pour le coup j’ai essayé une fois, je l’ai su après (ah les coquins…). Pendant plutôt, parce que je me sentais « weird » et lorsque j’ai constaté que mes amis anglais rigolaient aussi niaisement que moi, j’ai compris la filouterie. D’autant que ce gâteau avait un goût bizarre mais pas pire que leur vin. Donc… J’avais vingt ans, c’était cool. Anyway. 

« Mais alors pourquoi Space Cake ? »

Allons, tu ne devines pas ? Elle arrive… La voici… La métaphore du week-end baby! Et double qui plus est.  Je te situe: pars du principe que ce que tu vis émotionnellement, c’est de la pâtisserie. Ah bin ouais c’est inattendu. Disons que ce tu manges dépend de ce que tu te prépares tu vois ? Si tu y mets de la passion, que tu fais de ton mieux et que tu utilises les bonnes méthodes, ça devrait plutôt être très bon. Si tu le fais sans envie, sans recette, sans méthodologie… tu l’auras compris, ton plat sera mauvais et sans saveurs.

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On a tendance à utiliser les expressions:

Tu es le pilote de ta vie

Tu es l’architecte de ta vie

J’ai envie d’ajouter:


Tu es le cuisiner de ta vie


Voilà, ça c’est fait. Donc, si tu veux faire un truc cool de ton existence, en gros, donne-t-en les moyens. Tu voudrais que cela ressemble à une pièce montée avec choux à la crème sur 4 étages et tout l’bazar, mais tu ne sais pas comment la réaliser ? Apprends. Si tu es trop feignant pour cela, alors contente-toi d’une mousse au chocolat.

« Ok ok on a compris l’image. Mais pourquoi le space cake ?? « 

Mais quelle impatience, ouloulouu! Le Space Cake, parce qu’il arrive parfois que tu partes avec une idée en tête, tous les ingrédients requis, la recette maîtrisée, l’équipement nécessaire, le bon timing et le parfait état d’esprit; Tu cuisines en confiance, respectes bien toutes les consignes, laisses cuire le temps nécessaire. Puis, sortant ton oeuvre du four, la  laissant un peu refroidir, tu goûtes lorsque la température est optimale. Et là…

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Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas bon. Tu ne comprends pas. C’est juste, bizarre. Tu te demandes ce que tu as raté, tu repasses en boucle dans ta tête toutes les opérations effectuées. « Est-ce que j’ai mis assez de sucre ? Était-ce un ou deux oeufs ? Peut-être que le beurre aurait dû être moins froid ? » Et cela dure… Tu remets en question tout ce que tu as pu faire.  T’es-tu simplement demandé si le souci pouvait  ne pas venir de toi ou de tes erreurs mais plutôt du fait que ce gâteau ne te correspondait pas ? Tu pensais en avoir envie, vraiment, mais le goût ne te plaît pas plus que cela au final, voilà tout. Tu t’es trompé dans ce que tu pensais désirer alors qu’en fin de compte tu aspirais à autre chose.

J’appelle cela le phénomène space cake mais j’ai tendance à parler de soufflé raté dans mon langage quotidien. Néanmoins une légère nuance subsiste dans le sens où le soufflé signifie quelque chose qui fonctionnait bien au début mais qui s’est écroulé sous son poids pour finalement se ratatiner mollement au fond du plat.

Le soufflé raté: il monte aussi vite qu’il s’effondre

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Je pense avoir un exemple assez parlant pour illustrer ce procédé. Mettons que tu aies  tendance à t’emballer assez vite, comme une personne que je ne citerai pas, dont le nom commence par MA et se termine par LOU. Chut. Bien. Mettons donc que tu rencontres quelqu’un qui te plaît plutôt beaucoup et que cela semble réciproque. « Semble » est un bien faible mot car on peut dire que la personne fait tout le boulot pour une fois. Et vas-y que je te sors le grand jeu, les déclarations, les preuves d’attachement, de projection, les cadeaux, etc. Alors sur le papier c’est bien joli, mais quand cela se produit en moins de quinze jours/trois semaines, c’est bizarre. J’ai souvent croisé des déséquilibrés mais cette fois-ci, le mec étant 5 ans plus âgé, visiblement mature et posé, s’affichant volontiers à la vue de famille et amis, je ne me suis pas méfiée plus que cela et comme à mon habitude, j’ai foncé. Sauf qu’au bout de ces quelques semaines, le soufflé qui avait de la gueule pourtant et présageait quelque chose de fabuleux, s’est écroulé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

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Alors, c’est assez drôle de constater que je me suis enflammée tout comme lui en quinze jours et qu’une semaine plus tard, plus rien ne subsiste. Et pourtant j’étais triste et déjà attachée. Mais, l’effet soufflé. Et tant mieux à dire vrai. Les gens spontanés, coeurs d’artichaut, sanguins, se reconnaîtront probablement dans cette « anecdote ». Les autres liront cela en se disant que c’est dingue de s’embarquer dans des histoires comme ça en si peu de temps. Comme disent les Marseillais, « Pas le temps, y’en a asseeeeez ». Je ne saurais dire ce que j’en pense car c’est ainsi que je fonctionne et pour moi c’est donc « normal », en revanche, j’apprécie que mon coeur se soit mithridatisé de la sorte avec le temps et déploie un filet de l’Amour chaque fois que nécessaire. Tu « tombes » amoureux, certes, mais tu rebondis aussi vite. Boiiiing! Par conséquent, il y a ceux qui restent en haut d’un immeuble et n’osent jamais tenter de passer sur le suivant, d’avancer droit devant sur la corde, en mode funambule; et les autres, qui osent, peuvent tomber mais ne se démontent pas et recommencent. Et hop te revoilà de retour sur les toits. #ontheroof #foliepassagère #arreteleshashtagssurfacebooktufaispitié.

C’est un billet qui se veut léger mais (petit teaser) le prochain traitera de l’Obsession au sens pathologique du terme puisqu’étant sujette à la monomanie, c’est un sujet qui me chatouille la boite crânienne. Mais là c’est dimanche, on se quitte en douceur avec ce titre de l’été de 2004.

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La théorie de l’élastique

J’annonce: le sujet de ce billet me plaît autant qu’il m’agace. Je vais donc le rédiger de manière totalement bipolaire, je m’en excuse d’avance. Je serai semblable au chat qui s’attrape la queue et la bousille. Soit dit en passant, je n’arrive pas à comprendre comment un être aussi intelligent que celui-ci puisse ne pas réaliser que cette excroissance touffue qui s’agite frénétiquement sous ses yeux et qui l’agace profondément, n’est rien d’autre que la prolongation de son corps. C’est comme si tu regardais tes mains et te mettais à les mordre parce que leur mouvement t’insupporte. Ma foi, ne les remue pas alors!

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que l’expression « théorie de l’élastique » n’est pas de moi. Elle est issue du best-seller apparemment très connu (logique) de l’auteur John Gray: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venuspublié en 1992… Whaaaat ?! 1992 ? Ce livre a 25 ans, mon âge (Chut. Nous ne sommes pas à cinq ans près) et je découvre seulement de quoi il s’agit. J’ai toujours cru que cette expression était aussi vieille que « Les chiens ne font pas des chats ». Bon et puis ce n’est pas un roman mais une sorte de manuel énonçant les différences fondamentales qui opposent hommes et femmes.

Alors, pourquoi cela m’énerve? Parce qu’un rien m’énerve, premièrement. Deuxièmement, parce qu’on dirait un thème de magazine féminin et que je n’aime pas la presse féminine. Je n’aime pas non plus la presse masculine, faut pas pousser. Sport +, AutoMotoVélo, BricoloMag, Musclor, etc. [Titres inventés mais pas loin de la vérité] Pas trop mon délire non plus. Mais alors les articles sur l’épilation laser, les coupes tendances de la saison et la shopping list de la parfaite it-girl? Plutot me faire tatouer un poney sur l’épaule que de lire ça. J’ai envie de faire mal à quelqu’un quand ce genre de titres de cruchasse atterrit sous mes yeux, genre salle d’attente chez le médecin. D’ailleurs, autre sujet:  ne JAMAIS toucher aux magazines des salles d’attente, encore moins chez le médecin. Pourquoi ne pas lécher la cuvette des toilettes aussi tant que vous y êtes ? Beuuuuahh! Barrez-vous les microbes!!

Je sais qu’il ne faut pas juger. Mais les filles… Come on… Vous êtes sérieuses? « It-girl »? « Fashionista »? Respectez-vous. Ah pardon, pardon, pardon. Mais pas pardon! Vous, excusez-vous! Alors attention, j’aime bien l’horoscope et les potins par contre. Donc, je ne peux pas critiquer l’intégralité de ce genre de revues mais comme je n’en achète pas, allez, je me permets. Jean Pierre s’il te plait?

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Merci.

Donc, outre le fait que le titre est semi-racoleur, il reste donc 50% de fond sociologique qui ramène le calme en moi.

Toi: Mais pour qui elle se prend celle-là?

Moi: J’avoue. En plus, je dis ça, mais j’utilise de ces hashtags des fois sur Instagram. J’ai envie de me gifler, ahaha!

Toi: Ah oui tu es vraiment comme le chat.

Moi: … Shiiit.

Enfin bref. Selon John Gray [Non, pas celui des 50 nuances, ni de l’anatomie], les hommes sont comme des élastiques et les femmes comme des vagues. Bon. J’aime bien l’image. J’ai lu les deux chapitres en question (Non, pas tout le bouquin, j’ai pas que ça à faire non plus). Alors John, je t’abandonne ici parce que je vais me permettre de porter ta théorie à ma sauce.

John dit (Et pas John Doe ahaha. Hum) que les hommes sont comme des élastiques, mais selon mon humble avis, ce sont les relations qui le sont. Picture it:

Un élastique géant (relâché) capable de contenir deux personnes. Un bon élastoc de compète quoi. La bulle amoureuse revisitée en une sorte de ring invisible et au lieu d’un combat, une distance qui s’installe peu à peu. Oh c’est beau. Nan c’est pas beau! C’est même un peu chiant tu vois mais c’est malheureusement un constat basique. Les gens se lassent de tout, s’ennuient vite, ont tendance à rester sur leurs acquis, ne font plus d’efforts, recherchent la nouveauté et parfois abandonnent avant même d’avoir commencé ou finissent par tromper. Pour palier à ce bug du cerveau humain, le développeur a mis au point un programme capable de faire des mises à jour amoureuses au sein d’un couple dés lors que l’un des deux prend un peu de distance. On connait bien cela sous les termes: Jeu du chat et de la souris et Fuis-moi, je te suis. Ici, au sein de ce grand élastique relationnel, comment cela se concretise t-il ?

Attention… Ça va péter !

L’un des deux amoureux ressent en premier la lassitude. Plutôt que de faire face à son/sa partenaire, il se retourne et tente de s’éloigner, entraînant avec lui l’élastique qui commence à se tendre. L’autre partenaire, n’ayant rien vu venir, prend peu à peu conscience qu’une force tente de l’attirer dans une direction inattendue. Alors que celui-ci batifolait dans une zone remplie d’amour, d’affection et de bonheur, voici qu’on essaye de la lui faire quitter ? WARNING. Pourquoi ? Que se passe t-il ?! PANIQUE. Désemparé, ce partenaire sort de sa torpeur, tente de comprendre, interroge alors sa moitié pour savoir ce qu’il en est. SILENCE. De dos, celui-ci n’entend pas mais perçoit une force contraire qui tente d’empêcher sa progression. L’amoureux lutte, inquiet, pour conserver le fuyant dans cette zone mais plus il se bat, plus l’autre tente de fuir. C’est à peu prêt à ce moment que clairement on « soûle » l’autre et c’est un cercle vicieux car plus on insiste, plus il va vouloir prendre la poudre d’escampette (C’est quoi  au fait? Oh, on verra plus tard). Résigné, l’amoureux laisse l’élastique l’emporter vers le fuyant qui ne se retourne pas et ignore le/la laissé pour compte.

Fuis-moi je te suis

L’élastique n’est alors plus tendu. Le fuyant réalise qu’il ne sait plus vraiment ce qu’il fuit puisque plus rien ne le retient, plus aucune force contraire. CALME. Il jette un oeil derrière lui, aperçoit son amoureux(se) au loin, perdu(e), qui peu à peu se détourne, fatigué(e) de poursuivre. A son tour, il(elle) se dirige du coté opposé. L’élastique se retend, l’ancien fuyant se sent inexorablement attiré par sa moitié qui s’écarte. Round 2. Et ainsi de suite.

Jeu du chat et de la souris, bonjour!

Franchement, l’humain est d’une logique déprimante. Sans surprise dans sa connerie. J’en fais partie hein, oulala malheureux, I know. S’emmerde t-on à ce point en couple? Alors bien entendu c’est une théorie applicable pour une proportion d’individus tout à fait inquantifiable et point du tout absolue. John disait quant à lui que cette méthode de repli ne concernait que les hommes. Les femmes, elles, sont des vagues. Humeur haute, humeur basse; Besoin d’amour, besoin d’en donner. Elles ne fuient pas mais elles quémandent un max d’affection, de preuves, etc. Y a du vrai mais ça reste hyper cliché et il y a beaucoup de femmes que le couple effraie, l’enfermement, l’engagement. Ca n’est pas réservé qu’aux hommes. Beaucoup de joueuses aussi, tantôt chattes (oh ça vaaa t’as 15 ans ou quoi? :p ) tantôt souris, donc. Et inversement, des bonhommes bodybuildés qui ont besoin de constantes démonstrations d’amour et qui font les « canards ». Beaucoup trop d’animaux dans ce billet. Beaucoup trop.

Ce que j’aime dans cette théorie, c’est encore cette idée d’attraction invisible dont je faisais mention dans mon précédent billet. Kewa ? Tu l’as pas lu? Euh…pourquoi ?

Toi: J’ai une vie aussi Malou…

Ah oui pardon, j’oublie toujours.

Je vais conclure par une expression qu’une amie a employé dernièrement et que j’aime beaucoup, qui rejoint la sémantique du combat amoureux (ring, tout ça tout ça). Elle m’a dit: il faut faire attention à ne pas quitter l’arène. Autrement dit, bats toi dans la limite de la dignité, sinon tu verras ton combat se solder par un pouce tourné vers le bas, et sera ni plus ni moins dégagé(e) sans ménagement hors du champ de bataille/amour/élastique.

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PAF!

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Je suis une femme qui ne souhaite pas être mère.

Oulala le sujet tabou. Etre une femme, une trentenaire qui plus est, mais avoir son horloge biologique en panne semble être un crime contre l’humanité. Littéralement. Ne pas donner la vie n’est quand même pas la même chose que l’ôter ! Quoique, c’est kif-kif sur la balance (cf. avortement). On est pas aidé… Plus le temps passe, moins j’ai envie d’avoir des enfants. Alors vous allez me dire « C’est normal tu n’as pas encore rencontré le papa potentiel ». Euh… J’ai déjà eu de longues relations et chaque fois que j’ai imaginé la possibilité d’avoir des enfants avec un homme que j’aimais, ce n’était jamais pour de bonnes raisons. Donc, je pense ne pas vouloir d’enfants tout court et ce pour plusieurs raisons que je m’en vais dresser ici.

Premièrement, excusez-moi mais POURQUOI au juste faut-il faire des enfants ? Pour assurer la continuité de notre espèce? Super. Et pourquoi ça? Nous sommes assez (de cons) sur Terre si ce n’est trop à nous partager des ressources qui s’épuisent, sont de moins en moins bonne qualité. De plus, la vie d’un humain dans un pays développé ressemble à un enchainement de batailles jusqu’à ce qu’à son tour il trouve une personne avec qui procréer. Je ne vous parle pas des naissances dans les pays en voie de développement, sous alimentés/hydratés avec des perspectives d’avenir pas vraiment folichonnes. Je vais me baser sur mon expérience bien entendu et ne pas trop m’étendre sur les conditions de vie des autres mais sur celles que je pourrais offrir à mon(mes) potentiel(s) enfant(s).

Deuxièmement, se sentir prêt(e). Et si cela n’arrivait jamais tout simplement parce qu’on ne le souhaite pas ? J’ai trente ans quand même. Je devrais avoir snoozé plusieurs fois cette foutue alarme non ? Beaucoup de mes amies et connaissances issues de ma génération ont déjà un ou plusieurs enfants d’ailleurs et je vois bien qu’elles ont beau ronchonner parfois, elles sont ravies d’en avoir, d’être mères. Elles sont douées pour ça. Et bien… je ne les envie PAS DU TOUT, mais genre à aucun moment!!

NON, je n’ai pas envie de porter neuf mois un enfant et de le sentir grandir dans mon ventre (me donner la gerbe, des coups de pieds, des vergetures, des kilos, etc.) ;

NON, je n’ai pas envie de souffrir des heures pour lui donner la vie et que mon col de l’utérus s’élargisse suffisamment pour que sa grosse tête réussisse à sortir ;

NON, je n’ai pas envie de tenir cette espèce d’être mouillé, qui pleure, plein de sang dans mes bras et de le trouver laid ;

NON, je n’ai pas envie que mes nuits soient foutues parce qu’il faut se lever pour lui faire chauffer un biberon, s’inquiéter quand il ne rentre pas, parce qu’il faut le consoler, le bercer, lui raconter une histoire ;

NON, je n’ai pas envie que toutes mes économies partent dans des jouets, des berceaux, vêtements à renouveler chaque année, la crèche, l’école, les fournitures, les études, etc. ;

NON, je ne veux pas m’inquiéter pour quelqu’un et je ne veux pas surveiller sa santé, me ronger les sangs à chaque rhume ;

NON, je n’ai pas envie de changer ses couches, lui donner le bain, lui essuyer sa morve, sa bave, beurk ;

NON, je ne veux pas lui apprendre des choses, je ne suis pas patiente ni pédagogue.

NON, je ne veux pas me bloquer et je souhaite partir en vacances où je veux, quand je veux, avec qui je veux. Rentrer la nuit si je veux sans me soucier de savoir QUI va veiller sur mon enfant. Je veux pouvoir être libre d’accepter un job à l’autre bout du monde si je le veux ;

NON, ça ne me procure aucune émotion de tenir un enfant dans les bras si ce n’est de l’embarras. Je trouve ça lourd, je ne sais pas comment le prendre, je trouve les bébés le plus souvent moches et pénibles ;

NON je ne supporte pas les crises de larmes, les caprices, le côté crado du petit qui en fout partout quand il bouffe.

Enfin, vous voyez bien que je n’en veux pas ! Ca me met mal rien que d’y penser. Brrrr.

Est-ce que toutes ces réticences font de moi un monstre ? Une femme égoïste ? Et si je vous disais que selon moi ce sont les gens qui font des enfants qui sont égoïstes ? Pourquoi faire un enfant honnêtement? Pour unir un couple ? Mariez-vous… Donner la vie ? Bah tiens, prends, démerde toi avec. Parce que c’est le fruit de l’Amour ? Mouais. Et après ? Comme si les couples ne se défaisaient pas pour autant même avec des enfants… J’ai plutôt l’impression que faire un enfant au XXI ème consiste simplement à reproduire un schéma. Ca n’a rien de légitime. C’est de l’imitation pure. Nous n’avons aucune certitude en ce monde. Nous faisons ce que notre éducation et nos modèles nous ont dicté. Aller à l’école, faire des études, trouver un métier, une maison, un mari/femme, faire des enfants, leur apprendre à faire tout pareil et mourir. Yeah! Bin… non merci ? Je n’ai pas envie. Je n’ai RIEN à leur apporter. Je n’ai pas de réponses à leurs futures questions. Je ne comprends rien à la vie, aux humains. Je ne sais clairement pas ce que je fous sur cette planète, je ne connais pas ma mission mais j’ai juste envie de profiter de ce court laps de temps pendant lequel je vais l’occuper, en essayant de subir le moins possible, d’être le plus heureuse et en bonne santé possible, de trouver un amoureux parce que ÇA c’est à peu près le seul truc dont je suis sûre et que mon corps et coeur réclament. Pour le reste, non merci. N’en déplaise à ma famille qui n’aura sûrement ni neveu/nièce, petits-enfants, arrières petits-enfants via moi cependant je ne vais tout de même pas en faire pour leur faire plaisir hein… N’en déplaise également à la bien-pensance.

Je ne blâme pas ceux qui en ont et en font attention pas de mauvaise interprétation. Je suis ravie si cela leur procure du bonheur. Je suis convaincue que ce n’est pas ce que je souhaite. Je les envie peut-être même dans un sens car j’ai le sentiment de passer à côté d’un truc énorme. Mais bon… Ca ne m’attire et ne me manque pas.

A la limite, je me verrais bien avec un homme qui a déjà des enfants, capables de tenir une conversation. Ou même adopter pourquoi pas: recueillir un enfant qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve abandonné ? Oui, cela peut faire réagir mon coeur et me donner envie de lui apporter autant d’amour que possible. Ce n’est pas que je n’aime pas les enfants, mais je me sens une enfant moi même. J’adore jouer avec eux d’ailleurs. Ils seraient davantage mes copains en fait. Mais qu’est-ce que je peux leur offrir d’autre qu’un peu de temps pour jouer à cache-cache, faire des cabanes et manger des bonbons devant un film. Franchement… rien je suis réaliste même si ce n’est pas très Walt Disney tout cela.

Voilà, triste constat j’imagine qui va me placer en monstre aux yeux de certains. Tant pis. Chacun est libre de faire ce qu’il veut de sa vie dans la limite du possible. Pas de notice. Et puis qui sait, un jour effectivement je changerai d’avis ? J’espère alors rencontrer cette personne qui me donnera envie de donner la vie. Bon courage à lui.

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La tendance BFF et le vocabulaire gênant qui va avec

L’amitié est ce lien puissant qui unit  un individu à une ou plusieurs personnes sans lien de sang. Elle se fonde sur le partage, la confiance, les souvenirs, etc. Un attachement si fort que parfois la limite entre amitié et amour se brouille.

Amitié: « Sentiment d’affection entre deux personnes ; attachement, sympathie qu’une personne témoigne à une autre ». (définition Larousse)

Certes. Et que serait la définition du mot amitié estampillé de la mention « BFF » (Best Friends Forever)?  « Démonstration excessive d’affection. Attachement, possessivité et vocabulaire gênant parce que eh les meufs, vous êtes copines, pas « petites copines » et que d’extérieur vous êtes ridicules! »


Bon ok, je prête au petit Larousse un emportement qu’on ne lui connaît point. Alors mettons ça sur le compte de mon propre agacement « parce qu’y en a marre! » comme dirait ce bon vieux Jean-Pierre Coffe.Jean-Pierre-Coffe-cest-de-la-merde-2 Je vais me concentrer sur les filles dans cet article, car le phénomène les touche essentiellement et j’ajouterais la fourchette d’âge des  13 – 35 ans. Un peu au pif, car je ne dispose d’aucun sondage Sofres ou je ne sais quoi sous la main pour étayer mon étude. Et d’ailleurs, peut-on vraiment parler d’une étude… Pas vraiment, simplement le « coup de gueule » (même si je déteste cette expression) d’une contemporaine un peu râleuse  qui observe notre société en mode grumpy cat, ou encore petite mamie derrière sa fenêtre qui observe les allers et venues de ses voisins en y allant de son petit commentaire grincheux.

resizeDonc, le voici ce petit constat façon Tatie Danielle aigrie (pléonasme?): R’gardez les moi ces petites gamines qui n’ont rien vécu et qui s’apostrophent comme des amoureuses. Elles se connaissent depuis 2 mois à tout péter et vas-y que j’te tartine de sentiments à l’eau de rose. « Ma femme », « ma vie », « ma chérie », « ma best », « mon bébé », « mon coeur », « jtm », « t’es tout pour moi », « forever ». Et ça se tague, et ça se selfie la bouche en cul de poule, et ça s’échange les fringues et le maquillage. Beurk. Est-ce que c’est moi qui suis un poil garçon manqué ou est-ce que certaines vraies amies se parlent encore normalement avec la distance réglementaire dans le vocabulaire qui s’impose? Alors ok, en 2015 on est plus obligé de se parler façon Flaubert ou Jane Austen, mais que diantre! Un peu de tenue!

keep-calm-and-bff-forever-11Elles font ce qu’elles veulent me direz-vous, elles ne font de mal à personne. Certes! Certes. Mais je ne peux m’empêcher de manifester ma désapprobation face à ce phénomène parce que je trouve cela malsain et surtout ridicule! Ca perturbe mon paysage visuel et auditif au même titre que le vocabulaire « wesh-wesh » (oui je parle comme ma maman, oui. Et alors? Qu’est-ce tu vas faire? Un article? Niéhéhéhé)

A dire vrai, j’ai pris conscience de l’ampleur du « problème » il y a quelques mois, alors que je travaillais pour une société de réponses sms. En clair, on connait tous les pubs neuneus  du type mtwwfd« Tu veux savoir si ton ex t’aime encore? Envoie EX au [numéro bidon] ». Bon, bah là je bossais pour une boîte qui faisait payer 3 euros le sms à quiconque envoyait son nom/prénom/ville et posait une question au petit singe savant sensé  fournir la réponse tant attendue. Comment? Rien de magique là-dedans, il suffisait de cliquer sur la page Facebook de l’intéressé grâce au nom fourni et de fouiller pour imaginer des scénarios plausibles. Et c’est là que mon voyage en Absurdie a commencé (Sardou si tu me lis… Put*** j’ai 50 ans en fait.). Une traversée de milliers de comptes Capture d’écran 2015-10-20 à 09.59.34d’ados, tous semblables. Des tonnes de groupes d’amis, d’imitations de personnages tout droit sortis de séries américaines, de pré-pubères qui ont baigné dans les sms et internet à l’heure de l’enfance, quand ma génération se contentait de bouffer des BN devant les Minikeums et de construire des cabanes dans les arbres, sans téléphone ni ordinateur. Mais ces gamins là copient-collent leur vie et adoptent des comportements stéréotypés et hyper-connectés. Là n’est pas le débat, je m’égare.

Capture d’écran 2015-10-20 à 10.00.03Donc, de ces comptes Facebook d’ados assez bêtes pour dépenser 3 euros multiplié par autant de fois que mes réponses abreuvaient leur soif de gossip et collaient à leurs attentes, j’ai donc pu observer moult légendes et commentaires de photos de jeunes filles « BFF ». C’est gênant. Ah mais si siiii! C’est vraiment très gênant.

A l’époque j’avais une très bonne amie un peu plus jeune (genre 3 ou 4 ans de moins) qui penchait un peu vers ce comportement. J’ai eu droit à des surnoms du type « mon petit coeur », à des légendes de photos style « je t’aime mi amor » et des « ❤ » en veux-tu en voilà. J’ai toujours essayé de refréner ces élans mais bon, de peur de blesser, je n’ai rien dit et j’ai même parfois joué le jeu alors qu’au fond de moi je régurgitais ma honte. Oui messieurs dames, ma honte, tout à fait. Parce que c’est PA-THé-TIQUE!  Qu’on se le dise!

Si vous voulez pleurer, rendez-vous sur la page « Ma meilleure amie, ma vie » sur Facebook. Un vivier de BFF dupliquées à l’infini, plein de coeur et une bonne diarrhée d’émoticônes.

5zdyvrLe pire c’est que de nos jours certaines adultes prennent le pli! Les 25 – 35. Alors, aux jeunettes je leur pardonne. Elles vont grandir. Elles vont réaliser que c’est bon,  le trip Miley Cirus croisé avec Cristina Cordula ça va cinq minutes mais que passer vingt piges, t’es sensé gagner en points classes dans ta jauge de MelissaTheuriauItude. Regarde, même Angelina Jolie a cessé de rouler des pelles à son frère et Kardashian porte parfois des cols roulés. Elles ont grandi. Et oui, tout arrive! Mais les 25 – 35 là, qui ont chopé le move en cours de route, c’est quoi ce délire? Serait-ce un dommage collatéral des fantasmes masculins qui prêchent le fait que deux femmes ensemble c’est sexy? Mais ouais mais sur Youtube et en guêpière alors! Pas en pauvre légende Facebook avec ton rouge à lèvres rose bonbon Séphora et tes cernes de grosse bourrée du vendredi soir au Club69 de je sais pas où!

Attendez,  je vais me fumer une clope imaginaire (Bah ouais parce que je ne fume pas, je n’ai pas ce vice) et je reviens parce que là je m’enflamme!

Kopf Kopf [bruit de toux]. « Re ».  Donc. Je pense qu’ « on » (le peuple) a tous saisi mon positionnement sur ce non-débat. Je vous libère à présent, et j’espère qu’à l’occasion, lorsque vous tomberez sur ce genre de commentaires, vous sourirez en m’imaginant m’énerver dessus, tapie derrière mon carreau à la fenêtre de ma cuisine en caressant le pelage de Pomponette pendant que ma soupe de poireaux-pommes de terre mijote.

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A bientôt pour une nouvelle étude sociologique discount rédigée par mes soins!