Publié dans Billets

L’obsession, pour les Nuls

Tu ne l’attends pas parce qu’il débarque sans prévenir, le petit billet surprise. Je t’avoue que je suis la première étonnée quand l’inspiration me surprend à un moment où je ne la réclamais pas. Le plus souvent, c’est en pleine nuit, après trois heures de sommeil. Bonheur. Genre, t’es bien tu vois, tu dors douillettement avec tes doudous et en plus t’es trop contente car pour une fois tu t’es endormie vite et tôt, quand soudain… Une espèce de puissance mystique vient te tirer de tes rêves, même si pour le coup ils étaient un peu médiocres. (Hey, n’est pas Scorcese qui veut ok ?) Bref. Je compare volontiers l’inspiration nocturne au chien un peu casse-bonbons qui te réveille pour jouer/aller pisser/que tu lui donnes à bouffer. Et ne t’avises pas d’essayer de l’ignorer, c’est foutu, il ne lâchera pas.

chien-reveille-matin_153388_wide.jpg

Salut, c’est moi, tu me reconnais? Chienspiration!

Me voici donc, un dimanche matin, levée à 4h pour aborder un sujet assez dense dont j’avais brièvement annoncé la couleur dans mon précédent billetl’obsession. Pourquoi ce choix tout d’abord. Et bien, car je suis plus ou moins sous l’emprise de cette « pathologie » et sur bien des plans. Il m’intéressait donc d’en savoir un peu plus sur la question. Cependant, à peine ai-je commencé à me documenter que déjà je m’aperçois que j’ai beaucoup de notions à appréhender avant de vraiment comprendre de quoi il s’agit. Je vais donc procéder dans l’ordre et revenir sur les fondamentaux. On ne construit pas une maison en commençant par le toit…

Qu’est-ce qu’une obsession?

Premièrement, la def. vue par le Petit Larousse:

Capture d’écran 2017-03-26 à 07.31.17.png

Alors, irrationnel je ne dirais pas cela car selon ma définition (qui n’a donc aucune valeur du coup), j’en percevais la mécanique de pensée avec une certaine logique. Exemple: je développe une obsession pour une chanson parce que je l’aime bien. J’ai donc envie de l’écouter en boucle sur une période aléatoire, jusqu’à m’en dégoûter et alterner avec d’autres, pour finalement la troquer contre une nouvelle et enfin l’oublier. Il en va de même avec la bouffe, l’Amour et les projets. Selon moi, rien d’illogique jusqu’à présent puisque j’ai toujours vu les choses ainsi. Je suis une passionnée, je vis le « truc » à fond et lorsque j’en ai assez, je change. Je ne suis clairement pas dans la modération mais comme c’est ainsi que je fonctionne, je le comprends et trouve ainsi cela « rationnel ».

Répétitive et menaçante? Répétitive, si l’on veut. Je dirais davantage cyclique. Menaçante? Et bien, dans la mesure où parfois cela conduit à des comportements regrettables, peut-être, mais ce n’est pas une sensation que je (oui je fais du cas par cas en prenant le mien car à priori je suis la mieux placée pour en parler ahah) subis puisqu’elle répond à un attrait éphémère.

Par conséquent, ce que j’avais coutume d’appeler « obsession » n’en est pas nécessairement une et s’apparente davantage à une lubie qui dure plusieurs jours, mois, voire années, voire s’arrête et reprend plus tard, par cycle donc. Est-ce bien la bonne définition ? En tout cas, celle-ci est plus légère.

Capture d’écran 2017-03-26 à 07.42.52.png

Par le passé, mon auteur préféré était Stefan Zweig parce que je le trouvais aussi « cinglé » que moi. Le livre qui m’avait le plus emballée de sa collection (du moins, parmi ceux que j’ai lus) était Le joueur d’échecs. Pas forcément parce que j’adore les échecs [pseudo: Platonika sur chess.com, si une partie contre moi te tente], mais parce qu’il y décrivait tous les symptômes et dérives de la monomanie que je découvrais alors comme étant une pathologie. C’est donc amusée que je me suis mise à utiliser ce mot pour décrire mes propres « cycles ». Je me suis par la suite aperçue que j’étais fortement attirée par les personnes présentant ce même type de fonctionnement, comme c’est le cas des joueurs de Poker. Qui se ressemble s’assemble, paraît-il. Mon histoire d’Amour la plus longue et la plus intense en est notamment la parfaite démonstration puisque lui et moi jouions continuellement, aux échecs mais pas seulement: poker, jeux de sociétés, jeux vidéos, jeux en tout genre à dire vrai. Pas au point de l’addiction contraignante du type: joueur compulsif et tout ce que cela implique. Cependant, mon ex est limite « pire » et assez admirable dans son aboutissement de la manie puisque lui va jusqu’à se passionner pour un sujet en se renseignant sur tout ce qu’il était possible d’emmagasiner comme infos liées. Etant donné que nous parlons d’échecs autant prendre cet exemple là. Alors que je me « contentais » de vouloir jouer H24 parce que l’apprentissage personnel me plaisait, que je perde ou gagne, seule l’action de jouer me suffisait. En revanche, lui avait besoin de maîtriser l’exercice. Il s’était donc renseigné sur tout ce que cela englobait. L’histoire des échecs, les grands maîtres, les stratégies, etc. jusqu’à en devenir expert sur le sujet. Il en allait de même pour chaque activité qu’il entreprenait ou avait entrepris comme la musique, le poker (donc) et après réflexion, peut-être bien moi, jusqu’à se lasser sans pour autant cesser d’aimer mais simplement après en avoir fait le tour ou décrété qu’il ne serait pas le meilleur en ce domaine. Le « défaut » des perfectionnistes sûrement. Je lui ressemblais sans pour autant fonctionner à l’identique. En effet, je peux me passionner pour quelque chose sans chercher à être la meilleure et à maîtriser la discipline. Ce n’est pas un objectif. J’ai pu être comme cela à l’école ou dans une entreprise mais dans ce qui n’est pas « imposé », je pense ne pas avoir besoin de ressentir cette satisfaction. C’est appréciable mais pas un but en soi, du moins, pas le mien.

Qu’est-ce que la monomanie ?

Alors là, c’est le bordel. Mets ta ceinture, on a de la route. « […] la monomanie est un délire caractérisé par une préoccupation unique. La monomanie intellectuelle caractérise un patient obsédé par une ou plusieurs idées délirantes. La monomanie affective ou raisonnante concerne un patient qui peut conserver une certaine conscience de son trouble, contrairement à la monomanie émotionnelle pour laquelle une ou plusieurs émotions abolissent son raisonnement et sa volonté. » Ok, reprenons dans l’ordre Jamy.

Qu’est-ce qu’un délire ?

Un ami a un gimmick que j’affectionne tout particulièrement: « Y’a un délire ».  Une belle mise en abîme pour le coup puisqu’un gimmick est de base un dérivé du comportement cyclique et récurrent. Voici cependant la définition toujours selon notre encyclopédiste:Capture d’écran 2017-03-26 à 08.37.55.png

Ah ouais, y’a vraiment un délire. Malgré tout, je ne reconnais pas ma fixation pour les olives, les escargots, les MM’s, les Crocodiles Haribo et ma playlist du moment dans l’apparition de ces symptômes. J’ai jamais fait grimper ma température à 39,5 parce que je ne pouvais pas m’enfiler un paquet de Dragibus au moment où j’en voulais. Quoique. « Agitation extrême, frénésie, exaltation ». Là j’avoue il faut me voir en voiture, côté passager, quand je danse sur Rockabye.

Capture d’écran 2017-03-26 à 08.58.33.png

Bon, là c’est plus du tout marrant. Attends, ça se trouve ça fait plus peur que ce dont il est vraiment question parce que bizarrement il y a des mots dont on allège la connotation dans le conscient collectif, exemple « délire » comme on vient de le voir. Ou lorsque l’on dit « c’est mortel! » Nan bah en vrai non hein. C’est juste « terrible » dans le sens « cool », « trop bien », etc. Ou si tu dis à ton pote, « mais t’es malade, t’es un taré! ». En fait, tu lui manifestes ton approbation amusée pour ses petits coups de « folie » qui ici  encore a un sens atténué. Je ne sais pas si je suis claire… Mais bref, peut-être qu’en fait ces mots barbares ne renvoient pas à des définitions aussi lourdes qu’elles le laissent penser?

Qu’est-ce qu’un trouble mental / une maladie mentale ?

Capture d_écran 2017-03-26 à 09.36.01

La liste est longue… Je vous laisse vous intéresser à celles de votre choix mais pour rester sur les rails de ce billet, on va passer cette étape car ici, rien ne fait réellement écho à ce dont il est question. En effet, je trouve ceci extrêment LOURD et incompatible avec ce qui est ressenti dans mon quotidien quand il s’agit d’obsession cyclique. Je peine à trouver la bonne appellation mais dans mon cas, rien de dramatique non plus! Je dirais plutôt que c’est une facette de ma personnalité, qui ne m’est pas propre puisque comme évoqué plus haut, j’ai rencontré des personnes similaires à quelques nuances près. Sommes-nous alors « malades mentalement » ? Je ne le pense pas. Et si c’est le cas, selon qui ? Les gens sains se pensent sains parce que ? Ils sont la norme ? Ah d’accord. Galilée si tu nous regardes, désoooo. (Bon en réalité ce n’est pas lui qui a vraiment fait cette découverte mais dans un souci de raccourci, on va dire que si, pour l’image. Tu l’ignorais ?? Désooooo.) Ainsi, sommes-nous socialement inaptes à une vie standard en société ? Possible. De là à se considérer fou ? Je n’ai pas la réponse à cette question.

Après moult lecture (j’ai le crâne comme une pastèque 4h après avoir commencé cet article), j’en arrive à la conclusion qu’il s’agit davantage de pulsion.

Qu’est ce qu’une pulsion ?

Capture d’écran 2017-03-26 à 09.59.08.png

Voilà. Ça, j’aime mieux. Bien évidemment môssieur Sigmund Freud a toujours un petit truc à rajouter avec des mots bien flippants et des origines diverses et variées mais bon on va s’en tenir à cette définition plus sommaire et moins craignosse afin d’embrayer sur un dimanche sympa ? Qu’en dis-tu ? J’en dis qu’une fois de plus tu causes toute seule et que t’es bonne à enfermer ma fille! Hannn quoi ? T’as dit quoi là ? Bah eh c’est la vérité regarde tu continues ! Hello crazyness ! Nan mais je te permets pas déjà…

PAUSE

Bon, je ne te cache pas qu’après cette première partie, j’ai eu besoin de réfléchir à tout ça. J’ai essayé de prendre un peu de recul, de hauteur, de considérer cela d’un point de vue moins égocentrique parce que sinon j’allais finir la journée recroquevillée, position foetale, à remettre toute mon existence en question. Je m’explique:

A la base, je sais que je suis un peu une excentrique, une originale, que ma vie peut paraître  atypique, en décalage, farfelue, non structurée. Ok. ok… C’est admis et je n’ai jamais considéré cela comme un mal. De manière isolée je le vis très bien. J’aime beaucoup moins lorsque je suis jugée bien évidemment. Mais de là à me considérer folle? Bin, nan, jamais. J’ai toujours utilisé cette tournure sans réellement le penser. Du style: je suis « fo-folle ». Ca veut dire exubérante, excessive, mais pas dingue. Cependant cet article me fout un peu les jetons finalement car je m’aperçois que ce que je considère « normal » dans le sens « sain » ne l’est pas tant d’un point de vue extérieur. Bien entendu je ne parle pas de mes envies de bonbons ou de chansons, ça, c’est rigolo au final. Mais de certaines obsessions qui vont un peu plus loin. Il y a par exemple ce à quoi je faisais allusion dans mon article sur l’appétence pour le chaos et de manière générale dans tous mes billets, apparaissent des références à des événements dont j’ai fait l’expérience, que je ne parviens pas à digérer et qui me hantent. Que ce soit le ghosting (archivage sentimental), l’effet soufflé raté, le syndrome du membre manquant (l’ame-soeur). images.jpegToutes ces anecdotes sont autant de pollutions mentales desquelles je suis incapable de me défaire dans la mesure où je ne les comprends pas. Je les ai acceptées, je les ai classées mais en mode survie. C’est comme si je les avais mise à la corbeille (d’un ordinateur, le mien en l’occurrence) mais, que je n’avais pas encore trouvé le moyen de « vider » la corbeille. C’est un peu cela. On a la volonté, l’ambition de virer complètement quelque chose de son cerveau, qui nous est inutile, cependant, une sorte de sauvegarde de secours, de disque dur, nous en empêche totalement. Et c’est relou!!!

Alors, suis-je folle ? Suis-je simplement fofolle ? Est-ce que c’est grave ? Pour qui, pour quoi ? Tant de questions encore. Argh! Comme dirait Scarlett dans Autant en emporte le vent : « Tarata […] j’y penserai demain! »

12990592524_1dc2aa3441_o.png

 

Publié dans Billets

La tendance BFF et le vocabulaire gênant qui va avec

L’amitié est ce lien puissant qui unit  un individu à une ou plusieurs personnes sans lien de sang. Elle se fonde sur le partage, la confiance, les souvenirs, etc. Un attachement si fort que parfois la limite entre amitié et amour se brouille.

Amitié: « Sentiment d’affection entre deux personnes ; attachement, sympathie qu’une personne témoigne à une autre ». (définition Larousse)

Certes. Et que serait la définition du mot amitié estampillé de la mention « BFF » (Best Friends Forever)?  « Démonstration excessive d’affection. Attachement, possessivité et vocabulaire gênant parce que eh les meufs, vous êtes copines, pas « petites copines » et que d’extérieur vous êtes ridicules! »


Bon ok, je prête au petit Larousse un emportement qu’on ne lui connaît point. Alors mettons ça sur le compte de mon propre agacement « parce qu’y en a marre! » comme dirait ce bon vieux Jean-Pierre Coffe.Jean-Pierre-Coffe-cest-de-la-merde-2 Je vais me concentrer sur les filles dans cet article, car le phénomène les touche essentiellement et j’ajouterais la fourchette d’âge des  13 – 35 ans. Un peu au pif, car je ne dispose d’aucun sondage Sofres ou je ne sais quoi sous la main pour étayer mon étude. Et d’ailleurs, peut-on vraiment parler d’une étude… Pas vraiment, simplement le « coup de gueule » (même si je déteste cette expression) d’une contemporaine un peu râleuse  qui observe notre société en mode grumpy cat, ou encore petite mamie derrière sa fenêtre qui observe les allers et venues de ses voisins en y allant de son petit commentaire grincheux.

resizeDonc, le voici ce petit constat façon Tatie Danielle aigrie (pléonasme?): R’gardez les moi ces petites gamines qui n’ont rien vécu et qui s’apostrophent comme des amoureuses. Elles se connaissent depuis 2 mois à tout péter et vas-y que j’te tartine de sentiments à l’eau de rose. « Ma femme », « ma vie », « ma chérie », « ma best », « mon bébé », « mon coeur », « jtm », « t’es tout pour moi », « forever ». Et ça se tague, et ça se selfie la bouche en cul de poule, et ça s’échange les fringues et le maquillage. Beurk. Est-ce que c’est moi qui suis un poil garçon manqué ou est-ce que certaines vraies amies se parlent encore normalement avec la distance réglementaire dans le vocabulaire qui s’impose? Alors ok, en 2015 on est plus obligé de se parler façon Flaubert ou Jane Austen, mais que diantre! Un peu de tenue!

keep-calm-and-bff-forever-11Elles font ce qu’elles veulent me direz-vous, elles ne font de mal à personne. Certes! Certes. Mais je ne peux m’empêcher de manifester ma désapprobation face à ce phénomène parce que je trouve cela malsain et surtout ridicule! Ca perturbe mon paysage visuel et auditif au même titre que le vocabulaire « wesh-wesh » (oui je parle comme ma maman, oui. Et alors? Qu’est-ce tu vas faire? Un article? Niéhéhéhé)

A dire vrai, j’ai pris conscience de l’ampleur du « problème » il y a quelques mois, alors que je travaillais pour une société de réponses sms. En clair, on connait tous les pubs neuneus  du type mtwwfd« Tu veux savoir si ton ex t’aime encore? Envoie EX au [numéro bidon] ». Bon, bah là je bossais pour une boîte qui faisait payer 3 euros le sms à quiconque envoyait son nom/prénom/ville et posait une question au petit singe savant sensé  fournir la réponse tant attendue. Comment? Rien de magique là-dedans, il suffisait de cliquer sur la page Facebook de l’intéressé grâce au nom fourni et de fouiller pour imaginer des scénarios plausibles. Et c’est là que mon voyage en Absurdie a commencé (Sardou si tu me lis… Put*** j’ai 50 ans en fait.). Une traversée de milliers de comptes Capture d’écran 2015-10-20 à 09.59.34d’ados, tous semblables. Des tonnes de groupes d’amis, d’imitations de personnages tout droit sortis de séries américaines, de pré-pubères qui ont baigné dans les sms et internet à l’heure de l’enfance, quand ma génération se contentait de bouffer des BN devant les Minikeums et de construire des cabanes dans les arbres, sans téléphone ni ordinateur. Mais ces gamins là copient-collent leur vie et adoptent des comportements stéréotypés et hyper-connectés. Là n’est pas le débat, je m’égare.

Capture d’écran 2015-10-20 à 10.00.03Donc, de ces comptes Facebook d’ados assez bêtes pour dépenser 3 euros multiplié par autant de fois que mes réponses abreuvaient leur soif de gossip et collaient à leurs attentes, j’ai donc pu observer moult légendes et commentaires de photos de jeunes filles « BFF ». C’est gênant. Ah mais si siiii! C’est vraiment très gênant.

A l’époque j’avais une très bonne amie un peu plus jeune (genre 3 ou 4 ans de moins) qui penchait un peu vers ce comportement. J’ai eu droit à des surnoms du type « mon petit coeur », à des légendes de photos style « je t’aime mi amor » et des « ❤ » en veux-tu en voilà. J’ai toujours essayé de refréner ces élans mais bon, de peur de blesser, je n’ai rien dit et j’ai même parfois joué le jeu alors qu’au fond de moi je régurgitais ma honte. Oui messieurs dames, ma honte, tout à fait. Parce que c’est PA-THé-TIQUE!  Qu’on se le dise!

Si vous voulez pleurer, rendez-vous sur la page « Ma meilleure amie, ma vie » sur Facebook. Un vivier de BFF dupliquées à l’infini, plein de coeur et une bonne diarrhée d’émoticônes.

5zdyvrLe pire c’est que de nos jours certaines adultes prennent le pli! Les 25 – 35. Alors, aux jeunettes je leur pardonne. Elles vont grandir. Elles vont réaliser que c’est bon,  le trip Miley Cirus croisé avec Cristina Cordula ça va cinq minutes mais que passer vingt piges, t’es sensé gagner en points classes dans ta jauge de MelissaTheuriauItude. Regarde, même Angelina Jolie a cessé de rouler des pelles à son frère et Kardashian porte parfois des cols roulés. Elles ont grandi. Et oui, tout arrive! Mais les 25 – 35 là, qui ont chopé le move en cours de route, c’est quoi ce délire? Serait-ce un dommage collatéral des fantasmes masculins qui prêchent le fait que deux femmes ensemble c’est sexy? Mais ouais mais sur Youtube et en guêpière alors! Pas en pauvre légende Facebook avec ton rouge à lèvres rose bonbon Séphora et tes cernes de grosse bourrée du vendredi soir au Club69 de je sais pas où!

Attendez,  je vais me fumer une clope imaginaire (Bah ouais parce que je ne fume pas, je n’ai pas ce vice) et je reviens parce que là je m’enflamme!

Kopf Kopf [bruit de toux]. « Re ».  Donc. Je pense qu’ « on » (le peuple) a tous saisi mon positionnement sur ce non-débat. Je vous libère à présent, et j’espère qu’à l’occasion, lorsque vous tomberez sur ce genre de commentaires, vous sourirez en m’imaginant m’énerver dessus, tapie derrière mon carreau à la fenêtre de ma cuisine en caressant le pelage de Pomponette pendant que ma soupe de poireaux-pommes de terre mijote.

giphy

A bientôt pour une nouvelle étude sociologique discount rédigée par mes soins!

Publié dans Billets

Fiche technique du joueur de poker pro

Horaires

Lingvistov9

C’est simple, il n’en a pas. C’est un être plutôt nocturne. Si vous lui envoyez un message pour lui souhaiter une bonne journée à 9h, n’attendez pas de réponse avant 15h, minimum.
Il a perdu la notion du temps, peut prendre son petit-déjeuner à 18h, hésite sur les jours de la semaine. Cependant le dimanche reste une de ses plus grosses journées de travail, du moins en ce qui concerne le joueur de MTT (tournois) .
Avantage: vous pouvez le déranger et lui proposer de sortir à n’importe quelle heure de la nuit, si sa session est terminée, il peut dire oui pour un verre à 3h. Challenge accepted!
Mon conseil: Préparez-vous à un certain décalage.


Vocabulaire

Alors là, accrochez-vous! Si vous surprenez une conversation entre joueurs de poker, attendez-vous à ne rien comprendre.
 « Bet », « call », « raise », « river », « all-in », « check », « flop », « blind », « bouton », « dealer », « shortstack », « fold », etc.
 Ok, c’est un peu technique mais c’est à la portée de n’importe quel personne qui joue un peu.
En revanche, certains mots ou expressions sont utilisés dans leur vie de tous les jours. Ils ont leur propre jargon. En voici quelques exemples:
 « C’est les Nuts! », « Balla », « J’ai spew », « Je suis en tilt! », « Top reg. », « Il est broke », « Carte-roulette? », « Je vais grinder », « T’es in? », « C’est un fish », « Il s’est level », « J’ai bad run », « J’ai chatté ! », « Il a busto », « C’est rigged », « Il whine », « GG », « GL », « J’ai la win papa! », « C’est sick! », « Il m’a trap! », « A la bulle! », « Un random », « Oh le bad beat », « J’ai miss », « Il m’a owned …», « C’est un dégen’ », etc.
Mon conseil: pas de panique, vous apprendrez sans essayer à force d’en fréquenter.


Look

Le joueur de poker passe plusieurs heures d’affilées assis devant son écran. Il sera le plus souvent vêtu de vêtements confortables, style sweat-shirt à capuche, t-shirt, short. Certains travaillent en caleçon. Oui. Ca donne chaud de jouer.
Pour jouer en cercle ou casino, il complétera la panoplie par les indispensables lunettes de soleil, écouteurs, foulard, casquette. Autant d’éléments destinés à dissimuler les expressions de visage et / ou ce qu’il observe. Les écouteurs sont requis afin de masquer le bruit incessant des jetons, cartes et brouhaha qui finissent par étourdir les joueurs sur plusieurs heures.e00f034cb08be399a086e7e3ffc2d63e677d8ae31ad9a446cf563159be369d6f
Pour sortir: jean ou short; polo, t-shirt ou chemise; baskets ou chaussures de ville.
Au niveau du teint, ils se reconnaissent à leur pâleur. En effet, travaillant beaucoup, sortant peu la journée, se levant tard, difficile d’entretenir un quelconque hâle.


Alimentation / Boisson

tumblr_loenj6PTnV1qlfu1ho1_500S’il vit confortablement, le joueur pro aime se faire plaisir en ce qui concerne la bonne chère. Le problème majeur étant qu’il travaille à l’heure du dîner et ne peut se permettre de pause pour préparer un repas digne de ce nom. A moins donc d’avoir à disposition une mère, une copine ou une cuisinière attitrée ( helloooow ), il fera le plus souvent appel à un service de livraison à domicile. Pizza, sushis, etc
Lorsqu’il est off, il retrouve volontiers d’autres joueurs au restaurant. Ils y partagent cocktails, bons vins et mets raffinés tout en discutant de leur passion. Entrée, plat, dessert; Carpaccio d’espadon, foie gras, boeuf Kobe, magret de canard, huîtres, etc. Ils ne se refusent rien. Ce sont souvent de gros mangeurs de viande.
Par ailleurs, il n’est pas rare que le repas se solde par une carte-roulette, c’est à dire le tirage au sort de la carte de crédit du malchanceux qui sera alors contraint de régler le montant global de l’addition. Notons qu’ils sont également très généreux en pourboires.
Les moins prospères opteront pour la solution préférée des étudiants, les pâtes, du lundi au dimanche et quelques Mac Do / Burger King les jours off.
Et de manière générale lorsqu’ils sortent: ils boivent. Beaucoup. Longtemps. Souvent. Ils réservent des tables en échange du paiement de bouteilles à des prix extravagants.

c3f2fd1a344798967e18a989a9e8c648.1000x666x1


Comportement lors d’une session online

Capture d’écran 2015-10-13 à 02.00.19Le joueur en pleine session est un robot. Les yeux rivés sur son écran, il entre dans une sorte de transe rythmée par le clic-clic incessant qu’il exerce sur sa souris. N’espérez pas le moins du monde pouvoir discuter avec lui, il ne vous écoutera pas et ne vous entendra plus. Comme hypnotisé, le joueur de poker parvient à atteindre une profonde concentration. Il lui arrive de discuter sur Skype de certains coups avec ses collègues mais il reste hermétique à ce qui se passe autour de lui. S’il joue en compagnie d’autres joueurs, il peut s’équiper d’un casque qui diffuse ou non de la musique pour limiter les distractions.

ugly manager and keyboard isolated on the white background

Lorsqu’il perd un gros coup, il réagit avec colère et agressivité. Il interagit volontiers avec le mobilier: murs, bureau, objets à proximité (« Oh, zut, le pc est mort. »). La souris en prend fréquemment pour son grade! Parfois il rouspète simplement (Oui, ceci est un euphémisme.), parfois les deux. Il fait son show en quelque sorte pour exprimer son mécontentement puisque seul il agit apparemment d’une toute autre manière, beaucoup plus soft.

Mon conseil: n’ayez pas peur et surtout, SURTOUT, ne pas lui parler à ce moment précis, ou vous risquez de vous faire correctement rabrouer.

Comportement post session online

Après plusieurs heures de poker, il aura besoin de décompresser. Comment? En jouant pardi! Oui mais pas au poker cette fois-ci. Jeux sur consoles, jeux sur ordi et jeux sur téléphone. Hearthstone, League of Legend, Clash of Clan, pour n’en citer que quelques uns. Il apparait notamment que les joueurs pro de poker ont des affinités avec les Echecs. Ceux qui savent y jouer ont bien souvent un très bon niveau.
Le joueur pro est amateur de films et/ou séries. En bon mono-maniaque qu’il est, il se contente rarement d’un film ou d’un épisode. Il en enchaine plusieurs. Visionner une trilogie ou toute une saison en une nuit ne l’effraie en aucun cas.
Qui dit donc session terminée, ne dit pas nécessairement humain approchable, surtout si celle-ci ne s’est pas très bien passée. C’est comme s’il sortait d’une nuit. Une personne au réveil n’est jamais très encline à la discussion, pour le joueur de poker c’est pareil.
Grumpy-Cat-on-bed-544409
Mon conseil: laissez-le revenir à la réalité à son rythme.


Vie en communauté

C’est un être très sociable. Il sort, discute, voyage, fait des rencontres, mais si par malheur il tombe sur un de ses congénères, n’espérez pas parler d’autre chose que de… poker [F***, it was a trap!]. Il est de toutes façons rare qu’il ne fréquente pas d’autres joueurs lorsqu’il sort. Adaptez-vous ou priez pour qu’il y ait aussi dans l’assemblée des gens étrangers au milieu du poker à qui parler.
said-no-gamer-ever-memeLes joueurs pro vivent souvent en colocation avec d’autres joueurs ce qui parait nécessaire étant donné la complexité des horaires de vie décalés.
Il faut savoir que le poker est une passion qui accapare totalement l’esprit des joueurs. Même lorsqu’ils ne travaillent pas, ils pensent quand même poker, bankroll, prochains événements, perf.; ils s’intéressent aux résultats de tous sur tout type de parties; ils participent aux discussions sur divers forums, commentent des mains, etc. Plus qu’un métier, c’est un style de vie. Mais cette omniprésence parasite quelque peu les relations avec les autres. Centré sur lui-même, il est difficile pour le joueur d’être réellement disponible pour quelqu’un sentimentalement par exemple car il ne se déconnecte jamais totalement. Il peut en souffrir lui même et se sentir parfois assez seul, ce qui l’incite davantage à fréquenter uniquement d’autres joueurs.
Mon conseil: si vous décidez de vous lancer dans une relation amoureuse avec un joueur (ou une joueuse) de poker, soyez indépendant(e), flexible dans vos horaires et patient(e).

Activités

A ce niveau, pas de généralité. Il y a ceux qui aiment voyager, visiter, se promener, et ceux qui ne sortent pas de chez eux. Ceux qui font du sport et s’entretiennent physiquement, bien souvent c910944bb4f1e41e880d7a9d188eb337ils courent ou vont à la salle de muscu, et ceux qui ne se déplacent que jusqu’à l’épicerie pour acheter du Coca. Il y a ceux qui profitent de leur journée au Spa ou à la piscine et ceux qui dorment comme des bébés jusqu’au soir. Il y a ceux qui sont célibataires et apprécient la compagnie des femmes en clubs, et ceux qui sont en couple et préfèrent une vie plus posée. Il y a ceux qui déménagent souvent d’un pays à l’autre, en meute, et ceux qui vivent encore chez Papa-Maman à 30 ans passés (« Bah quoi? C’est pratique pour la lessive et la bouffe! En plus on paye pas de loyer! » ). Oh misère… Ce qui nous amène au point suivant.

Déplacements

En parlant de déménagements groupés, il existe en effet quelques foyers de joueurs disséminés autour du globe. Pour faire simple, les américains, n’ayant plus la possibilité de jouer aux Etats-Unis depuis le Black Friday de 2011, ont migrés vers le Canada et l’Amérique du Sud (Costa Rica, Equateur, Panama et Mexique). Les français souhaitant jouer sur le « .com » sont partis en Thaïlande, à Malte, Prague et à Londres pour les blindés. Voilà pour les plus mobiles. Les autres préfèrent rester chez eux à l’instar des russes et des allemands.
Néanmoins, ils se déplacent fréquemment au gré des événements organisés tout au long de l’année dans le monde, tels que les World Series of Poker (WSOP), le World Poker Tour (WPT) et l’European Poker Tour (EPT). Vegas, Monaco, Dublin, Prague, Paris, Malte, Bahamas, Barcelone, etc. C’est à chaque fois un joyeux convoi où travail et fête se mêlent. Cela m’a toujours fait penser à une sorte de colonie de semi-vacances.


La partie immergée de l’Iceberg

Le joueur de Poker est une espèce à part, avec ses codes, ses habitudes, son univers. Il nous fascine par son quotidien hors normes. Totalement en décalage avec le res30cd9a4eb6692d263d248219ff0344afte de la société que ce soit dans son rythme, sa perception des réalités, les sommes qu’il peut gagner et perdre, ses ambitions, il mène une vie atypique qui en laisse plus d’un rêveurs.
On se figure qu’il ne programme jamais son réveil, a la chance de travailler depuis chez lui, sans patron, sans comptes à rendre, qu’il s’amuse puisque son métier est sa passion et qu’avec ce qu’il gagne il profite au jour le jour de tout ce que la vie a de mieux à offrir. Mais comme pour chaque chose, il y a toujours un envers du décor et des désagréments.
Les joueurs qui réussissent sont pour la plupart de vrais bosseurs. Ils travaillent dur et sans relâche pour atteindre un certain niveau et s’y maintenir. Certains font appel à d’autres joueurs plus expérimentés pour se faire coacher.
Le joueur pro est certes libre de travailler lorsqu’il l’a décidé, mais n’oublions pas que chaque nckxc4session est vraiment très intense. Il faut être capable de tenir mentalement et physiquement plus de 10  heures d’affilées sans fatiguer, car c’est à ce moment que sont commises les erreurs, et les enjeux sont importants. Il gagne de conséquentes sommes d’argent, oui, mais il en réinvestit presque autant pour jouer. C’est un exercice aussi stressant que celui que connaît le trader. La variance est une notion inévitable qui fait qu’à contrario il peut faire l’expérience de mois négatifs là où monsieur Tout le monde touche son salaire mensuel en toute sécurité.
Bien entendu, il apprend à mettre de côté, à faire des placements. sya1tuLà encore ce n’est pas à la portée de tout un chacun. Il faut savoir s’entourer des bonnes personnes pour être correctement conseillé. Il y aura toujours des individus malveillants qui tenteront de profiter et d’abuser de la confiance d’un joueur, même s’ils se prétendent être des amis. D’autant que le joueur de poker devient riche assez jeune et n’est pas préparé à cela. Il n’existe aucune formation à proprement parler et la profession, en constante évolution, n’est pas réellement encadrée.
Tout cela contribue à projeter le nouveau joueur gagnant dans un monde à part où chacun évolue dans sa bulle, hors de l’espace et du temps. Certains seront naturellement doués pour gérer leurs nouveau patrimoine, d’autres auront tendance à agir comme si l’argent allait continuer à couler à flot toute leur vie et en profiteront plus que de raison au moment présent, allant jusqu’à tomber dans l’excès et les abus de tout. Chacun est libre d’agir comme bon lui semble, mais en cas de mauvaise période de jeu, le retour à leur « vie d’avant » pourra s’avérer brutal.
La vie du joueur de poker n’est pas de tout repos, dans le bon sens du terme comme dans le mauvais. Il connait des hauts et des bas comme n’importe qui. Ce métier nécessite une grande force mentale puisqu’il faut savoir rebondir, s’adapter, être prêt, savoir accepter les échecs et également gérer le regard des autres.
imagesAujourd’hui encore il est commun de percevoir l’étonnement de l’auditoire lorsqu’un joueur affirme vivre du poker. Cette discipline est toujours difficilement considérée comme un « vrai métier ».
Le poker est un phénomène de société et même s’il semble s’essouffler légèrement ces dernières années, beaucoup continuent à rêver d’un jour faire partie de ce cercle fermé de joueurs talentueux et reconnus qui vivent de leurs gains amassés aux détours de tournois live ou online et de parties de cash games.
Quiconque est amené à partager la vie d’un ou de plusieurs joueurs de poker professionnels, de près ou de loin, découvre un monde inconnu aussi fascinant que déroutant. Il faut être prêt à casser ses préjugés, à s’adapter à eux car ils ne feront pas cet effort et n’ont de toute façon pas la possibilité de le faire. Accepter que le poker prend une place prioritaire dans leur vie est capital et de ce fait, devoir renoncer à certains projets.Capture d’écran 2015-09-30 à 01.43.29
Mis à part cela, faire partie de leur univers est totalement grisant: pas un jour ne ressemble à un autre, il n’y a aucune logique, aucun repère, aucune certitude, rien n’est figé. L’expression « vivre le moment présent » prend tout son sens. Une sensation d’aventure au quotidien s’empare de vous et ne vous quitte plus. Ils savent vivre et vous entrainent dans leur folle danse dans laquelle on s’abandonne volontiers jusqu’à en adopter le même mode de vie.
Marion Ferré Defossé