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Le correcteur automatique nous pète les douilles !

Bin nan, bien sûr que ce n’est pas ce que je voulais écrire… Je voulais être mal polie à souhait ! Mais depuis que nos phones sont « smart » et nos claviers intuitifs et automatiques, il n’y a plus moyen d’être vulgaire putain de merde. Alors une conne devient une donne… Normal. Et bien non! Je m’insurge! Entre nos portables depuis lesquels nous bombardons nos destinataires inoffensifs de lapsus en rafales ; nos traitements de textes et chats qui censurent nos petites vulgarités faisant pourtant partie du paysage audio quotidien de tous les francophones ; certains logiciels vont jusqu’à remplacer des mots réels par d’autres totalement inconnus au bataillon. Ainsi (exemple qui me sort réellement par les trous de nez), ton correcteur s’obstine à vouloir que tu aies un DDV lorsque tu n’as qu’un RDV (abrégé de Rendez-vous). QUI sur cette Terre sait ce qu’est un « ddv » et l’utilise ? Voilà pourquoi j’en arrive à l’horrible supposition que le correcteur n’est pas un robot intelligent mais une espèce de petit trou du cul planqué dans son bureau dont le métier est de nous gâcher l’existence.

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Hey correcteur, on t’a grillé !

Nous l’appellerons Jean-Eude. Je suis navrée pour tous les Jean-Eude. Non pas parce que j’utilise leur prénom pour étiqueter notre fripouille, mais pour leur vie en fait. Ça ne doit pas être facile tous les jours de s’appeler Jean-Eude… Respect et courage.

Donc. Jean-Eude a 23 ans, encore un peu d’acné, des costumes Hugo Boss et une jeunesse dorée. Son papou a inventé le correcteur orthographique intuitif et automatique. Jackpot bébé, tous les fabricants de smartphones, développeurs d’applications mobiles et logiciels équipés de chats ont intégré la technologie dans leurs produits. Autant te dire que les beaux jours de JE étaient assurés alors qu’il jouait encore aux Lego et ça, il l’a bien compris! Résultat, après avoir profité du voilier, de la villa au Cap Ferret et des soirées Jet-Set-Grey-Goose-carré-VIP, il demanda à Daddy s’il pouvait lui attribuer un fauteuil en cuir au bureau. « Mais bien sûr fiston ! », s’enquit ce dernier, ne pensant certainement pas à un poste à responsabilité car notre Jean-Eude est tout de même vachement con. On ne voudrait pas qu’il nous fasse couler la boîte non plus ! Alors, un lundi matin, papounet indiqua à fistounet la porte menant à son beau bureau laqué. Sur celle-ci étincelait un cartel portant la mention du dit métier:

Correcteur en chef.

Jean-Eude en ignorait le rôle mais il en aimait le titre parce que le mot « chef » sur-brillait et dansait sur sa rétine comme la flamme d’un feu de joie. Son père lui expliqua alors qu’il aurait en charge la veille des corrections, l’édition de rapports d’erreurs fréquentes, des bugs, des feedback clients liés à l’expérience utilisateur, d’émettre des propositions d’améliorations ou de créations de nouvelles fonctionnalités. Mais Jean-Eude s’en battait clairement les nouilles. Il avait compris lors de la démonstration avoir accès aux SMS du monde entier  se rédigeant en direct, sous ses yeux, aléatoirement ou en fonction de son choix immédiat; du contenu de tous les chats, de toutes les fenêtres de conversations, il se sentait comme Bruce Tout-Puissant et à partir de ce jour, il décida d’occuper le plus clair de son temps à faire mumuse en sabotant autant de discussions que possible. Le plus dramatique dans sa démence juvénile était son habilité à hacker le chaos. Il parvint en effet à automatiser son sabotage et devint réellement omniprésent sur TOUTES nos conversations virtuelles.

Jean-Eude Almighty 

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À compter de ce jour, tous nos textos innocents devinrent des messages salaces et nos échanges facebookiens, des plateformes puritaines n’acceptant ni gros mots, ni langues étrangères, ni jargon trop technique. Jean-Eude nous permit toutefois de conserver un semblant de dignité en veillant à la correction standard de nos coquilles grammaticales et orthographiques. Mais bon… le mal était fait. Voyez par vous même !

(Suite du billet sous les images)

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Voilà. Bande de petits pervers que vous êtes! Il a bon dos le correcteur!

N’empêche, entre un Jean-Eude grivois par téléphone (SMS, WhatsApp, etc.) et un Jean-Eude coincé du foufouillon sur Facebook et autre traitement de texte, on se demande jusqu’où la schizophrénie de notre tortionnaire grammatical ira! Sa facétie nous pousse à nous faire douter de mots réels en inventant de faux mots comme vu plus haut avec « ddv » qui visiblement, à part être les initiales de Dominique De Villepin ne se réfère à rien d’autre… Pas plus tard qu’hier un mot m’a fait tiquer. Je voulais écrire « brownie » mais systématiquement Jean-Eude corrigeait par « brownien ». Ni une ni deux, je me suis précipitée sur Google pour comprendre ce qu’était ce mot qui apparemment fait plus sens dans ma phrase que mon gâteau extra riche.

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Foutage de gueule en règles.

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Ah oui parce qu’en plus, ce con de correcteur ne comprend pas que lorsque tu persévères avec ton mot (parce que merde tu y tiens à ton Brownie) c’est peut-être parce que c’est vraiment celui-là que tu veux utiliser et non pas un mot au hasard sous prétexte que ça sonne plus tronche que l’autre. Bah ouais mais tu nous excuses JE, on ne s’appelle pas tous Will Hunting.

Par un stratagème d’utilisateurs soulés bien connu consistant à ajouter un astérisque au mot afin de signaler à son interlocuteur que le précédent était une plantade, la ruse est permise. Sauf que Jean-Eude n’est pas un correcteur docile et il ne comprend que ce qu’il décide. Résultat, ton astérisque tu peux visiblement te le foutre au postérieur.

Comment te faire obéir par ton correcteur automatique

Astuce #hackging. Tu écris ton mot, tu laisses Jean-Eude corriger à sa sauce puis tu reviens dessus et à la fin de ta correction tu mets un espace OU tu cliques sur la petite flèche s’il y en a une. T’as rien compris? Moi non plus. Je répète:

  • Tape ta phrase tranquilou-bilou

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  • Laisse Jean-Eude t’imposer son prank (= farce)

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  • Reviens dessus et soumets Jean-Eude like a boss.

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  • Assume les vagues/pointillés rouges.

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Le soulignage en rouge d’un mot correctement orthographié est en effet le prix à payer pour ton effronterie…

Le correcteur automatique et l’incohérence de sa censure

On l’a donc bien compris, Jean-Eude est une tête-à-claques à qui l’on est obligé d’obéir parce que c’est le fils du patron mais purée ce qu’il nous énerve… Au delà de sa schizophrénie et de son vocabulaire imaginaire, notre bourreau du clavier est en plus de cela totalement incohérent dans sa censure. En effet, traiter une copine de  Capture d_écran 2017-04-30 à 16.00.47
est totalement prohibé. Veuillez s’il vous plaît lui dire que c’est une donne. En revanche, vous pouvez distribuer des « con, connard, enculé, pétasse, grognasse, fils de pute, salaud, etc. » Et ça passe crèèème! Désolée pour ce flux fleuri… ce n’est que pour étayer ma thèse, bien évidemment.

Je pense que tôt ou tard Jean-Eude va se faire gauler par son père. D’ici là, relisez toujours le contenu de vos messages avant d’appuyer sur « entrée » ou « envoyer ». C’est comme tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler mais ça,  personne ne le fait jamais. 

Je vous laisse, j’ai ddv avec une donne qui m’a préparé un brownien.Capture d_écran 2017-04-30 à 23.58.49

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La théorie de l’élastique

J’annonce: le sujet de ce billet me plaît autant qu’il m’agace. Je vais donc le rédiger de manière totalement bipolaire, je m’en excuse d’avance. Je serai semblable au chat qui s’attrape la queue et la bousille. Soit dit en passant, je n’arrive pas à comprendre comment un être aussi intelligent que celui-ci puisse ne pas réaliser que cette excroissance touffue qui s’agite frénétiquement sous ses yeux et qui l’agace profondément, n’est rien d’autre que la prolongation de son corps. C’est comme si tu regardais tes mains et te mettais à les mordre parce que leur mouvement t’insupporte. Ma foi, ne les remue pas alors!

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que l’expression « théorie de l’élastique » n’est pas de moi. Elle est issue du best-seller apparemment très connu (logique) de l’auteur John Gray: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venuspublié en 1992… Whaaaat ?! 1992 ? Ce livre a 25 ans, mon âge (Chut. Nous ne sommes pas à cinq ans près) et je découvre seulement de quoi il s’agit. J’ai toujours cru que cette expression était aussi vieille que « Les chiens ne font pas des chats ». Bon et puis ce n’est pas un roman mais une sorte de manuel énonçant les différences fondamentales qui opposent hommes et femmes.

Alors, pourquoi cela m’énerve? Parce qu’un rien m’énerve, premièrement. Deuxièmement, parce qu’on dirait un thème de magazine féminin et que je n’aime pas la presse féminine. Je n’aime pas non plus la presse masculine, faut pas pousser. Sport +, AutoMotoVélo, BricoloMag, Musclor, etc. [Titres inventés mais pas loin de la vérité] Pas trop mon délire non plus. Mais alors les articles sur l’épilation laser, les coupes tendances de la saison et la shopping list de la parfaite it-girl? Plutot me faire tatouer un poney sur l’épaule que de lire ça. J’ai envie de faire mal à quelqu’un quand ce genre de titres de cruchasse atterrit sous mes yeux, genre salle d’attente chez le médecin. D’ailleurs, autre sujet:  ne JAMAIS toucher aux magazines des salles d’attente, encore moins chez le médecin. Pourquoi ne pas lécher la cuvette des toilettes aussi tant que vous y êtes ? Beuuuuahh! Barrez-vous les microbes!!

Je sais qu’il ne faut pas juger. Mais les filles… Come on… Vous êtes sérieuses? « It-girl »? « Fashionista »? Respectez-vous. Ah pardon, pardon, pardon. Mais pas pardon! Vous, excusez-vous! Alors attention, j’aime bien l’horoscope et les potins par contre. Donc, je ne peux pas critiquer l’intégralité de ce genre de revues mais comme je n’en achète pas, allez, je me permets. Jean Pierre s’il te plait?

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Merci.

Donc, outre le fait que le titre est semi-racoleur, il reste donc 50% de fond sociologique qui ramène le calme en moi.

Toi: Mais pour qui elle se prend celle-là?

Moi: J’avoue. En plus, je dis ça, mais j’utilise de ces hashtags des fois sur Instagram. J’ai envie de me gifler, ahaha!

Toi: Ah oui tu es vraiment comme le chat.

Moi: … Shiiit.

Enfin bref. Selon John Gray [Non, pas celui des 50 nuances, ni de l’anatomie], les hommes sont comme des élastiques et les femmes comme des vagues. Bon. J’aime bien l’image. J’ai lu les deux chapitres en question (Non, pas tout le bouquin, j’ai pas que ça à faire non plus). Alors John, je t’abandonne ici parce que je vais me permettre de porter ta théorie à ma sauce.

John dit (Et pas John Doe ahaha. Hum) que les hommes sont comme des élastiques, mais selon mon humble avis, ce sont les relations qui le sont. Picture it:

Un élastique géant (relâché) capable de contenir deux personnes. Un bon élastoc de compète quoi. La bulle amoureuse revisitée en une sorte de ring invisible et au lieu d’un combat, une distance qui s’installe peu à peu. Oh c’est beau. Nan c’est pas beau! C’est même un peu chiant tu vois mais c’est malheureusement un constat basique. Les gens se lassent de tout, s’ennuient vite, ont tendance à rester sur leurs acquis, ne font plus d’efforts, recherchent la nouveauté et parfois abandonnent avant même d’avoir commencé ou finissent par tromper. Pour palier à ce bug du cerveau humain, le développeur a mis au point un programme capable de faire des mises à jour amoureuses au sein d’un couple dés lors que l’un des deux prend un peu de distance. On connait bien cela sous les termes: Jeu du chat et de la souris et Fuis-moi, je te suis. Ici, au sein de ce grand élastique relationnel, comment cela se concretise t-il ?

Attention… Ça va péter !

L’un des deux amoureux ressent en premier la lassitude. Plutôt que de faire face à son/sa partenaire, il se retourne et tente de s’éloigner, entraînant avec lui l’élastique qui commence à se tendre. L’autre partenaire, n’ayant rien vu venir, prend peu à peu conscience qu’une force tente de l’attirer dans une direction inattendue. Alors que celui-ci batifolait dans une zone remplie d’amour, d’affection et de bonheur, voici qu’on essaye de la lui faire quitter ? WARNING. Pourquoi ? Que se passe t-il ?! PANIQUE. Désemparé, ce partenaire sort de sa torpeur, tente de comprendre, interroge alors sa moitié pour savoir ce qu’il en est. SILENCE. De dos, celui-ci n’entend pas mais perçoit une force contraire qui tente d’empêcher sa progression. L’amoureux lutte, inquiet, pour conserver le fuyant dans cette zone mais plus il se bat, plus l’autre tente de fuir. C’est à peu prêt à ce moment que clairement on « soûle » l’autre et c’est un cercle vicieux car plus on insiste, plus il va vouloir prendre la poudre d’escampette (C’est quoi  au fait? Oh, on verra plus tard). Résigné, l’amoureux laisse l’élastique l’emporter vers le fuyant qui ne se retourne pas et ignore le/la laissé pour compte.

Fuis-moi je te suis

L’élastique n’est alors plus tendu. Le fuyant réalise qu’il ne sait plus vraiment ce qu’il fuit puisque plus rien ne le retient, plus aucune force contraire. CALME. Il jette un oeil derrière lui, aperçoit son amoureux(se) au loin, perdu(e), qui peu à peu se détourne, fatigué(e) de poursuivre. A son tour, il(elle) se dirige du coté opposé. L’élastique se retend, l’ancien fuyant se sent inexorablement attiré par sa moitié qui s’écarte. Round 2. Et ainsi de suite.

Jeu du chat et de la souris, bonjour!

Franchement, l’humain est d’une logique déprimante. Sans surprise dans sa connerie. J’en fais partie hein, oulala malheureux, I know. S’emmerde t-on à ce point en couple? Alors bien entendu c’est une théorie applicable pour une proportion d’individus tout à fait inquantifiable et point du tout absolue. John disait quant à lui que cette méthode de repli ne concernait que les hommes. Les femmes, elles, sont des vagues. Humeur haute, humeur basse; Besoin d’amour, besoin d’en donner. Elles ne fuient pas mais elles quémandent un max d’affection, de preuves, etc. Y a du vrai mais ça reste hyper cliché et il y a beaucoup de femmes que le couple effraie, l’enfermement, l’engagement. Ca n’est pas réservé qu’aux hommes. Beaucoup de joueuses aussi, tantôt chattes (oh ça vaaa t’as 15 ans ou quoi? :p ) tantôt souris, donc. Et inversement, des bonhommes bodybuildés qui ont besoin de constantes démonstrations d’amour et qui font les « canards ». Beaucoup trop d’animaux dans ce billet. Beaucoup trop.

Ce que j’aime dans cette théorie, c’est encore cette idée d’attraction invisible dont je faisais mention dans mon précédent billet. Kewa ? Tu l’as pas lu? Euh…pourquoi ?

Toi: J’ai une vie aussi Malou…

Ah oui pardon, j’oublie toujours.

Je vais conclure par une expression qu’une amie a employé dernièrement et que j’aime beaucoup, qui rejoint la sémantique du combat amoureux (ring, tout ça tout ça). Elle m’a dit: il faut faire attention à ne pas quitter l’arène. Autrement dit, bats toi dans la limite de la dignité, sinon tu verras ton combat se solder par un pouce tourné vers le bas, et sera ni plus ni moins dégagé(e) sans ménagement hors du champ de bataille/amour/élastique.

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PAF!

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Si l’on comparait l’Amour au Poker

J’aime bien faire des métaphores. Je ne sais pas pourquoi mais j’aime bien cela. Il y a des situations où ce processus s’effectue naturellement dans mon cerveau. Je n’ai rien commandé mais je suis livrée. Toc toc toc! Oui qui est-ce? C’est vot’ métaphore toute chaude, cadeau d’la maison, le grand patron you know… Han! Je viens d’en faire une sans m’en rendre compte! Ah mais ok j’ai un vrai problème en fait! 0.o

Bon bah tant pis. Je vais deal with it. Oh mais quelle extraordinaire transition pour entrer dans le vif du sujet! Elle est fabuleuse, non vraiment, c’t’un métier hein… Bref. Le Poker donc. Mais pas que! L’Amouuuur aussi, et surtout. Parler Poker pour parler d’Amour, vous trouvez cela étrange? Certes. Mais l’amour c’est étrange et je suis étrange. Et puis c’est mon blog donc je fais ce que je veux. Tu vois là par exemple, si je veux j’arrête l’article là… comme ça. Bam! Et je me casse, j’te plante comme un con parce que mine de rien, je te vois avec ton paquet de biscuits et ton air snob quand tu lis le titre: « Puh, l’amûr et l’poker, nan mais d’accord nan mais rienàvouuuarquoi. » Mais en vrai, t’es resté jusque là parce que tu veux savoir ce que mon cerveau torturé m’a livré sur cette affaire pas vrai? Allez viens là, rapproche toi de la cheminée, installe toi confortablement sur un gros plaid, je vais te raconter une histoire…

Une table de poker

Ne t’inquiète pas, nul besoin de savoir jouer pour comprendre ce qui va suivre. D’abord, le Poker c’est un jeu qui n’existe si et seulement si deux personnes minimum y prennent part. Il faut en comprendre les règles, parce qu’on ne fait pas n’importe quoi avec ses cartes, à moins de vouloir perdre volontairement? Entrer dans une partie est un engagement. On investit une somme et il faut accepter de pouvoir la perdre. Le joueur qui prend place peut donc financièrement se le permettre et a pris en considération l’éventualité de ne pas gagner et ce en quoi cela affecterait sa vie. La plupart des joueurs recherchent bien sûr les gains, d’autres les sensations ou bien les deux. C’est notamment le cas des gens très riches qui n’ont pas besoin de l’être encore plus mais qui manquent cruellement d’excitation dans leur vie. L’adrénaline est ce qu’ils recherchent. Il y a les addictifs mais aussi les passionnés et non ce n’est pas la même chose. Il y a ceux qui en font leur métier et ceux qui considèrent cela comme un divertissement, un loisir, un complément de revenus. Comprenez donc bien que chaque joueur est différent et le plus expérimenté n’est pas forcément le plus chanceux. A une même table on pourra trouver des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des pros, des amateurs, des riches, des pauvres, des timides, des exubérants, des silencieux, des bavards, des impassibles, des livres-ouverts, des souriants, des grincheux, des concentrés, des dispersés, des habitués, des nouveaux, etc. Tu vois? A une même table, une même partie, se mêlent tous types de profils et rien ne permet d’affirmer qui va gagner. On pourrait penser que le professionnel a plus de chance. Il a plus de connaissances, d’expérience, de discipline, d’habitude,  de tout ce que vous voulez excepté plus de chance. C’est un peu ça aussi la magie de ce jeu. Rien n’est jamais écrit à l’avance!

Le rapport avec l’Amour ?

Allons, tu ne le vois pas? Il te suffit pourtant de remplacer une poignée de mots ci-dessus. Je te montre:

D’abord, l’Amour c’est un jeu qui n’existe si et seulement si deux personnes minimum y prennent part. Il faut en comprendre les règles, parce qu’on ne fait pas n’importe quoi avec ses atouts, à moins de vouloir rester volontairement célibataire? Entrer dans une relation est un engagement. On investit une partie de soi et il faut accepter de pouvoir la perdre. L’individu qui joue le jeu peut donc émotionnellement se le permettre et a pris en considération l’éventualité d’une rupture et ce en quoi cela affecterait sa vie. La plupart des gens cherchent bien sur à trouver quelqu’un, d’autres les sensations. C’est notamment le cas des gens mariés ou en couple qui n’ont pas besoin de rencontrer mais qui manquent cruellement d’excitation dans leur vie. L’adrénaline est ce qu’ils recherchent. Il y a les addictifs mais aussi les passionnés et non ce n’est pas la même chose. Il y a ceux qui en font leur but et ceux qui considèrent cela comme un divertissement, un loisir, un complément d’émotions. Comprenez donc bien que chaque personne est différente et le plus expérimenté n’est pas forcément le plus chanceux. Une relation peut se composer  d’hommes, de femmes, de jeunes, de vieux, de divorcés, de vierges, de collectionneurs, de fidèles, de timides, d’exubérants, de silencieux, de bavards, d’impassibles, de démonstratifs, de souriants, de grincheux, d’investis, de dispersés, des habitués, etc. Tu vois?  Toute union est possible et rien ne permet d’affirmer qui va finir en couple heureux et amoureux. On pourrait penser que celui qui a déjà été en couple a plus de chance car il sait ce qu’il veut à présent et les erreurs à ne plus commettre. Et pourtant non. Il a plus de connaissances, d’expériences, est plus raisonné et tout ce que vous voulez excepté plus chanceux. C’est un peu ça aussi la magie de ce sentiment. Rien n’est jamais écrit à l’avance!

La Partie de Poker

Maintenant que tous ont pris place autour de la table, la partie s’engage. Chacun leur tour, les joueurs évaluent la situation en fonction de leur jeu et des adversaires. Ils se jaugent mutuellement pour savoir quelle décision prendre, ils s’observent, se dévisagent, tentent de déceler en l’autre faiblesse ou force, cherchent la faille, essayent de déterminer qui a le dessus dans chaque donne. Les cartes du board (tableau) s’enchainent, font évoluer la problématique, multiplient tensions et les plus faibles cèdent sous la pression. Les aggros (joueurs agressifs) ont la majeure partie du temps le dessus sur les moins aguerris, les joueurs serrés ou passifs. Ces derniers savent ce qu’ils ont et donc ce qu’ils peuvent perdre. Ils ont peur de prendre des risques et préfèrent le plus souvent jeter leurs cartes même s’ils avaient potentiellement un meilleur jeu que le joueur d’en face. Lui n’a pas hésité, il a foncé, il a pris des risques et il est parvenu à intimider son adversaire qui a foldé (couché son jeu). Mais ce type de joueur ne remporte pas nécessairement la partie. Il gagne des batailles oui mais tôt ou tard son manège se retourne contre lui et comme il a tendance a tout miser, il peut très vite reperdre tout ce qu’il avait accumulé.

Le fish: celui qui ne sait pas jouer, qui n’a aucune idée de ce dans quoi il s’est lancé et qui distribuera son capital à ceux qui profiteront de lui en identifiant immédiatement ses failles. Il croit avoir compris le jeu, il veut jouer, il veut gagner, comme les autres. Mais il est faible et ignorant. Il va se faire plumer sans même penser qu’il est le principal responsable de sa perte car il ne s’est pas protégé et se croit à égalité avec les autres joueurs.

La partie peut durer des heures, il faut être fort psychologiquement et physiquement pour tenir le rythme. Cela demande un réel effort et donc une force et une prédisposition. Si l’on ne se sent pas capable de tenir le rythme, inutile de prendre place. A la fin de la partie, celui qui en sort victorieux ressent fierté et satisfaction d’y être parvenu, d’avoir déjoué les pièges et réussi à extraire de son jeu la meilleure façon de gagner.

La Relation amoureuse

Même principe que tout à l’heure, tu es prêt?

La relation s’engage. Chacun leur tour, les partenaires évaluent la situation en fonction de leur coeur et de leur raison. Ils se jaugent mutuellement pour savoir quelle décision prendre, ils s’observent, se dévisagent, tentent de déceler en l’autre faiblesse ou force, cherchent la faille, essayent de déterminer qui a le dessus dans chaque dispute. Les jours s’enchainent, font évoluer la problématique, multiplient tensions et les plus faibles cèdent sous la pression. Les personnalités agressives ont la majeure partie du temps le dessus sur les plus fragiles, les égoïstes ou les passifs. Ces derniers savent ce qu’ils ont et donc ce qu’ils peuvent perdre. Ils ont peur de prendre des risques et préfèrent le plus souvent jeter l’éponge même s’ils vivaient potentiellement une belle histoire. L’autre partenaire lui n’a pas hésité, il a foncé, il a pris des risques et il est parvenu à intimider son amoureux(se) qui a abandonné. Mais ce type de personne ne ressort pas nécessairement gagnant. Il vit des histoires oui mais tôt ou tard son manège se retourne contre lui et comme il a tendance à tout donner, il peut très vite reperdre tout ce qu’il avait investi.

Le naïf n’a aucune idée de ce dans quoi il s’est lancé et  distribuera son amour à ceux qui profiteront de lui en identifiant immédiatement ses failles. Il croit avoir compris la séduction, il veut jouer, il veut tomber amoureux et être aimé en retour, comme les autres. Mais il est faible et ignorant. Il va se faire piétiner sans même penser qu’il est le principal responsable de ce qui lui arrive car il ne s’est pas protégé et se croit à égalité avec les autres partenaires.

La partie peut durer des années, il faut être fort psychologiquement et physiquement pour tenir le rythme. Cela demande un réel effort et donc une force et une prédisposition. Si l’on ne se sent pas capable de tenir ce rythme, inutile de tenter les rencontres. A la fin de cette démarche, celui qui est amoureux  et aimé en retour ressent fierté et satisfaction d’y être parvenu, d’avoir déjoué les pièges et réussi à séduire la personne de son choix.

Moralité

S’il en faut une. En Amour comme au Poker il y a des perdants et des gagnants. L’amour est un jeu, une partie de plaisir. Si vous commencez à subir alors levez-vous et quittez la table. Cela ne signifie pas que le Poker n’est pas fait pour vous mais tout simplement pas cette variante, ou cette structure.

Vous reprendrez place, vous ne gagnerez pas forcement. Et un jour, si. Ce jour là vous ressentirez la satisfaction d’avoir persévéré et pourrez savourer le bonheur de la victoire même s’il n’est que de courte durée.

Et lorsqu’une partie vous ruine, vous laisse seul et dévasté, quittez dignement la table la tête haute. Ça ne sert à rien d’engueuler le/la croupière. Ils ne sont pas responsables de ce que vous avez fait de vos cartes et de la façon dont vous vous êtes laissé manipuler par votre adversaire.

Rentrez chez vous; Accusez le coup; Et quand vous serez prêt, retentez ou pas.

Je vais clore par une citation dont j’ignore l’auteur mais que j’aime beaucoup:

« Celui qui prend des risques peut perdre; celui qui n’en prend pas perd toujours. »

Et maintenant, All-in!