Publié dans Billets

Fais-moi rire ! ou l’histoire d’un blog

J’avais prévu d’écrire sur la mémoire aujourd’hui. Mes petites notes étaient prêtes, je m’étais bien documentée, j’allais livrer un nouveau billet rédigé en pyjama car c’est souvent la nuit que me vient l’inspiration/l’envie. Et puis, au moment de commencer, j’ai aperçu dans l’onglet des notifications celle que j’avais reçue une semaine ou deux plus tôt. Celle m’informant que je venais de publier mon cinquantième article sur ce blog. J’ai eu envie de partager l’info mais je ne savais pas de quelle manière. Finalement, j’ai décidé qu’il était peut-être temps de revenir sur l’origine de Fais-moi Rire!

Allez, tu connais la chanson: enroule-toi confortablement dans ton plaid, ouvre la boîte de biscuits et laisse-moi te conter une histoire.

A z’y t’es ouf il fait 35 degrés, tu vis en Alaska ou bien ?

How dare you… Bend the kneee for your queen ! Fin bref,  va chercher ton pot de glace Oreo et mets-toi bien …

cosy

La première fois que j’ai écrit pour de vrai, je pense que c’est aux alentours de mes 7 ou 8 ans, lorsque mon père qui n’habitait plus avec nous m’avait offert un joli journal intime à spirales. Ma maman m’avait ensuite acheté un stylo à plume et une encre de couleur verte foncée que nous avions certainement choisie ensemble. Dés lors, j’ai commencé à coucher mes pensées, mes réflexions, mon quotidien et mes secrets dans ce carnet vierge. Je le tutoyais, je l’avais prénommé « Birdi » pour je ne sais quelle raison et je m’adressais à lui comme à un ami avec qui je plaisantais. Oui, un peu comme je le fais aujourd’hui sur ce blog à la différence que tout le monde y a littéralement accès.

chere journal intime

Par la suite, cette habitude ne m’a plus quittée. J’ai rempli des dizaines de carnets qui sont entassés dans des cartons et encombrent quelques étagères chez ma mère (pardon maman). Aujourd’hui je note les grandes lignes de mes journées dans des agendas, ce que je juge important. J’aime avoir accès à mes souvenirs, pouvoir les revisiter, savoir qu’il en existe une trace autre que dans ma tête (susceptible d’en perdre avec le temps).

A l’école je raffolais des dissertations, à la maison j’écrivais des poèmes, j’inventais des histoires, des bandes-dessinées, des personnages. Contrairement à beaucoup d’enfants, écrire des cartes postales  à la famille pendant les vacances à toujours été un plaisir. Tenir une correspondance également, avec ma grand-tante, mon grand-père, ma cousine, mes amies, etc. Et puis, l’envie d’écrire un/plusieurs roman(s), à ce jour inachevés parce qu’en bonne bélier que je suis, j’adore me lancer passionnément dans une nouvelle activité sans forcément aller au bout. Je ne m’en vente pas du tout, c’est un trait de caractère que j’aimerais corriger. J’ai commencé mais … ad lib

Petite je ne pensais pas à faire carrière dans l’écriture. Je m’envisageais dessinatrice ou bien cuisinière. J’ai eu bien sûr plein d’autres ambitions/lubies si courtes qu’on ne parlera pas de vocation et qu’il est inutile de les évoquer (sauf que sauveteuse en montagne et pilote d’hélicoptère c’était inattendu tout de même… Volcanologue a tenu plus longtemps, sans parler de magicienne, hôtesse de l’air, etc.). Cependant, jamais je ne me suis dit: je serai journaliste ou rédactrice. Encore moins blogueuse car à l’époque le terme n’existait même pas.

pranzo

Un jour mon ami Damien m’a proposé de me joindre à lui pour aller voir sur scène une ancienne « camarade de fac », comédienne, se lançant dans l’humour. C’était à Paris en 2010, au tout petit théâtre « Le bout ». Ensuite, avec puis sans lui, j’ai continué à me rendre à ce genre de spectacles, notamment dans le quartier des Grands Boulevards que j’affectionne particulièrement puisque j’y passais mes week-ends, à danser (et boire) au Corcoran’s. A cette époque, je vivais de petits boulots n’ayant pas pu me payer ma deuxième année d’école de photo à regrets (oui encore un autre champ exploré). Je crois que c’est le moment où j’étais commis de cuisine à la brasserie l’Alsace des Champs-Élysées. En devenant une fidèle du Pranzo et du théâtre Montmarte Galabru j’y ai fait des rencontres, d’amateurs d’humour comme moi mais aussi d’humoristes en devenir. Peu après, un autre pote m’a suggéré de montrer mes illustrations à son patron présent un soir, rédacteur en chef d’un journal intitulé Street Génération. Il a aimé et m’a proposé d’en réaliser ponctuellement pour le magazine. Par la suite, j’ai eu envie de faire part autour de moi de mes découvertes scéniques et de tout l’univers de ces artistes qui officiaient sur scène mais aussi en dehors.métro boulot dodo

J’ai commencé à tenir un blog: Fais-moi rire ! Et oui, toujours le même nom, dont tu comprendras mieux l’origine maintenant… J’y faisais la promotion d’humoristes, d’émissions, de séries, de vidéos YouTube, etc. J’y ai interviewé Seb Mellia, Julien Josselin, le Palmashow, Dedo, Guillaume Bats, Christine Berrou, Berengère Krief; j’y ai parlé de Norman, de Cyprien, de Kyan, de Kheiron, de Natoo, de Baptiste Lecaplain, de Greg Romano, de Bref, etc. A cette époque ils débutaient tous, j’étais pote avec quelques-uns.

seb mellia dessin

greg romano malou

Mes articles étaient relayés par eux ou Street Génération. Ducoup, ça fonctionnait pas mal. Par contre, sans mentir j’étais rémunérée en places de spectacles et en pizza au Nutella (true story. C’était la spéciale du Pranzo, un restau en dessous, la salle de spectacle au dessus.) Grâce à cette petite visibilité croissante, je fus  même sollicitée pour parler du stand-up dans un reportage diffusé en 2011 ou 2012 dont j’ai oublié le nom. En parallèle, je me suis lancée dans une formation de croupière car le jeu me plaisait et que les perspectives de travail étaient en adéquation avec mes envies de voyage, d’indépendance et d’horaires décalés. Quelques mois plus tard, je suis tombée amoureuse d’un joueur de poker…

Folle amoureuse. Au point de tout quitter du jour au lendemain pour aller vivre avec lui à Lyon. Pendant un an, nous avons voyagé, nous étions dans notre bulle. En 2014, nous avons déménagé à Malte pour son travail. Et là… Là, j’ai réalisé que je ne pourrais plus suivre la scène montante parisienne en dehors d’internet, que je ne pourrais plus les rencontrer, que je n’étais plus à la page, que cette phase était pour le moment terminée. J’ai abandonné ce blog qui contenait pas moins de 56 billets, j’ai lancé la page Fais-moi rire ! sur Facebook afin d’alimenter le fil de « loleries du net » (gifs, vidéos, memes, sketchs, citations, parodies, etc. Aujourd’hui nous y sommes près de 15 000 membres, rejoins-nous! C’est un ordre.). Je n’écrivais plus que des mots d’amour, dans des carnets (alerte ROMANTISME), contenant ses réponses, habitude que nous avons conservée par ailleurs.

au menuPendant un an, je suis revenue à mon envie de cuisiner (génération slasheuse you know ; you know pas ? Google it). Je préparais des repas et livrais avec mon petit vélo aux expats français, principalement des joueurs de poker. J’avais créé Au Menu. Ca me plaisait mais il n’était pas simple de fidéliser avec ces arrivées et départs constants. J’ai fini par arrêter. En 2016, j’ai repris l’écriture de mon blog éponyme, nouvelle version créé en 2015, en laissant les humoristes à Paris, en abandonnant la promotion et en me lançant dans l’observation sociétale, me penchant sur des thèmes psycho avec légèreté et dérision, en me basant sur mon expérience personnelle, en livrant mes interprétations, anecdotes. Puis, mes chroniques, façon Black Mirror. Un tout autre genre.

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N’étant pas rémunérée, j’ai donc bossé entre autres pour une boîte française implantée à Malte où cette fois-ci j’écrivais des articles à la demande, impersonnels, destinés à d’autres blogs. Après une séparation de presque un an, pendant laquelle je suis rentrée en France et me suis mise à mon compte en tant que rédactrice web, formée à Google afin de maîtriser les méthodes de référencement par exemple, je suis finalement retournée à Malte après la mort de mon grand-père car j’avais besoin de fuir la douleur. Je me suis remise avec mon copain, j’ai reposé mes valises. Nous avons pris un appart ensemble après un temps en coloc avec nos amis, et là, j’ai tenté de monétiser mon blog tout en poursuivant mon activité freelance de web-rédactrice. Aujourd’hui, grâce aux statistiques, je suis l’évolution, je constate que je suis de plus en plus lue dans le monde entier, aussi surprenant que cela puisse paraître, que des publicités apparaissent, des gens s’abonnent, commentent, partagent.

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Près de 10 ans plus tard, je suis toujours là, fidèle au poste, à écrire mes billets d’humeur, mes épisodes, mes chroniques. Parfois, je suis un peu déprimée parce que je ne peux pas encore en vivre. Je rêverai d’être une chroniqueuse à succès, façon Carrie Bradshaw, sauf qu’avant de pouvoir m’acheter ne serait-ce qu’une seule paire de ses chaussures, je vais devoir noircir un bon paquet de pages. Je suis davantage en mode Rory Gilmore dans la dernière saison (no spoil). Je ne baisserai jamais les bras, parce que c’est ce que j’aime faire, que je suis douée pour ça, c’est d’ailleurs le seul talent pour lequel je ne me rabaisse jamais contrairement au dessin ou à la cuisine, à la photo, etc. Je tiens à ce que l’écriture fasse toujours partie de ma vie, en plus de voyager et d’ouvrir un jour mon café.

La vie est imprévisible, je n’avais pas prévu tout ce qui m’est arrivé depuis ce jour où j’ai entamé la discussion avec Birdi.

rory is bored.gif

Je me suis découvert un attrait pour énormément d’activités. Pas plus tard qu’en avril dernier, j’ai d’ailleurs obtenu une certification de Barista à Rome. De l’extérieur, je donne sûrement l’impression de m’éparpiller. J’ai seulement envie d’approcher tous les domaines qui m’appellent. Mon blog c’est un peu comme mon portefolio. Je le laisse à disposition de vecteurs plus populaires afin d’agrandir mon lectorat. Par exemple en 2015, mon billet sur les joueurs de poker avait été largement plébiscité et relayé. On m’en reparle encore aujourd’hui.

Dans le jargon entrepreneurial notamment, on parle de Momentum (un peu de latin, ça te change de mon slang anglais!). Ce moment qui fait qu’on ne sait pourquoi, ça marche, la sauce prend, alors que les mêmes méthodes étaient appliquées. Je suis convaincue que j’approche de ce momentum. qu’un jour on parlera de mes billets (ou bien de mes podcasts puisque j’ai décidé de prochainement passer au format audio) comme du dernier épisode de x série en vogue.

Je rêve ? Oui. Mais comme l’écrivait Greg Reid (t’inquiète moi non plus je sais pas qui c’est): un rêve écrit avec une échéance devient un objectif. Un objectif décomposé en étapes devient un plan. Un plan soutenu par l’action fait de vos rêves une réalité.

Si écrire est un plaisir à part entière, le fait de partager le fruit de mon imagination avec mes lecteurs me procure un véritable bonheur. Je ne suis pas la plus douée socialement, c’est ma façon à moi de connecter avec les gens.

putaclic

Il y a cependant des méthodes que je refuse d’appliquer. Notamment la technique du putaclic ou du titre bateau sous prétexte qu’il sera mieux référencé. Nan. Je garde ma pâte et mes titres originaux. Même s’il est vrai que ces techniques boostent le référencement, je refuse de m’adonner à cette cyber-filouterie. Exemple: « vous ne devinerez jamais ce que cette femme a fait pour blablabla » ; « 1O méthodes infaillibles pour le faire craquer, la 8 est incroyable ! ». Ajoute à ça une image de bimbo, et clic clic clic. Je pars du principe que je n’ai pas envie de prendre mes lecteurs pour des teubés. Je vous respecte les gars…

Voilà Birdi … Euh, pardon, toi, lecteur connu ou inconnu qui derrière ton écran prend le temps de lire mes lignes. Je te remercie de le faire, je te remercie de rire de mes bêtises, digressions, métaphores, réflexions en mousse, d’être fidèle à mes parutions, de t’émouvoir parfois, d’être curieux. Que ce soit la première fois que tu me lis ou bien la cinquantième, MERCI. Je suis extrêmement reconnaissante pour tous ceux qui font « l’effort » de partager, « liker », commenter, contribuer, s’abonner. J’adore ces retours, même si j’apprécierai que les timides qui le font le plus souvent en privé, osent le faire publiquement sur les réseaux sociaux afin que j’atteigne plus rapidement mon objectif, mon rêve, mon momentum. Proprement, sans filouterie.

Ad lib

mini moi

 

Je dédie cet article à ma maman, qui m’a TOUJOURS soutenue depuis le début et à mon amoureux, qui est le premier à lire chacun de mes billets et m’encourage au quotidien.

Merci également à Kévin pour ses commentaires et sa réactivité qui m’ont toujours fait chaud au cœur.

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