Publié dans Billets

Jusqu’à ce que l’amer nous sépare

A l’aube d’une relation amoureuse, aucune ombre au tableau, aucun nuage en vue. Tout en l’autre nous séduit. Chacun se présente sous son meilleur jour. Même les défauts que l’on ne parvient pas toujours à dissimuler sont accueillis avec la bienveillance des yeux de l’amour qui pardonne tout, celui qui rend aveugle.avant après défauts couplePassés quelques temps, ces mêmes défauts n’hésitant plus à se montrer, voire à s’imposer, ne sont plus reçus avec autant de tolérance. Certains mêmes plus que d’autres agacent profondément. Cependant, il faut qu’un rapport d’honnêteté, de confiance et de solidité se soit instauré pour oser dire à l’être aimé que cela nous dérange.

Alors bien entendu, il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire, comme c’est le cas pour le physique. Prenons par exemple le cas de cette jeune fille, tombée amoureuse d’un garçon plus petit qu’elle. Au fil du temps, cela a fini par la déranger, notamment vis à vis du regard des autres. Il ne s’agit là pas d’un défaut, simplement d’un critère physique qui n’est plus en accord avec les attentes de cette personne contre lequel elle ne peut plus lutter. En effet, même avec la meilleure volonté du monde, même si le garçon voulait contenter sa chérie, il ne pourrait pas prendre 15 centimètres comme par enchantement. Par ailleurs, même s’il le pouvait, se devrait-il de le faire pour satisfaire SON idéal à elle ? Certainement pas.

Vouloir changer l’autre

Il n’est jamais bon de vouloir changer son partenaire. Il faut respecter l’individualité et la personnalité de chacun. Faire en sorte que notre amoureux/se se rapproche de notre idée du « parfait » nous mènera droit dans le mur. On ne personnalise pas celui/celle que l’on aime comme on décorerait sa maison par exemple afin qu’elle nous ressemble. Le test simple pour savoir si nous avons cette fâcheuse tendance est le suivant. Imaginez-vous en plein shopping. Vous décidez d’acheter un petit quelque chose à votre cher/e et tendre. Allez-vous opter pour un vêtement ou bijou qui vous plaira à vous ou bien à lui/elle ? Evidemment si la réponse est « aux deux » car vous partagez les mêmes goûts, c’est encore mieux, cependant, le reflexe qui devrait être le premier est celui de vouloir respecter les goûts de l’autre.

Trouver un compromis

choix du repas

Si l’on décide d’entamer une relation avec quelqu’un et qu’au fur et à mesure on s’aperçoit de choses, manies, qui nous dérange, doit-on le quitter pour autant ?

La question se pose en effet. Si l’on part du principe énoncé à l’instant qui consiste à ne pas vouloir changer l’autre et respecter son individualité, il serait logique d’en rester là. Cependant, il existe des points sur lesquels on peut discuter ou s’accommoder car ce serait tout de même dommage de mettre un terme à une belle histoire juste à cause de quelques désagréments.

Quels sont les points sur lesquels on peut trouver un terrain d’entente ? A contrario, quels seront ceux pour lesquels aucun compromis ne pourra être statué ?

Désaccords fréquents au sein d’un couple

Avant de rédiger ce billet, j’ai sondé mon entourage: des couples récents aux plus durables, en passant par les célibataires. Tous se rejoignent sur le fait que des désaccords sont inévitables au sein d’un partenariat amoureux. Cela est normal puisque chacun appréhende la vie et son quotidien à sa manière. C’est souvent plus simple à l’étape du « chacun chez soi » dans la mesure où l’on règne sur son royaume à sa convenance. Les tâches ménagères, les courses, le choix du programme TV, des fournitures, la fréquence des lessives, le budget accordé à chaque chose, les activités du week-end, etc. L’emménagement ensemble est donc une étape souvent révélatrice. En d’autres termes, ça passe ou ça casse.

Chacun chez soi ou vie à deux

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Ca passe de manière naturelle si cela s’est fait progressivement. Le mieux étant d’habiter en terrain neutre, c’est à dire quitter les logements respectifs et emménager sous un toit vierge d’appartenance. Cela évitera la fatale phrase en cas de dispute: « Hey ho, ici c’est encore chez moi hein… » qui n’est pas sans nous rappeler la punchline préférée de nos parents à l’ère adolescente: « T’es pas chez toi ici. Quand tu seras majeur/e, tu feras ce que tu voudras, en attendant, tu obéis à mes règles, tu les respectes! » Vite, chassons ce mauvais souvenir…

Donc, qui dit logement suisse (neutre, si t’as suivi…), dit élaboration commune d’une charte de bien-vivre ensemble. Il faut s’entendre sur qui fera quoi, à quelle fréquence. On sait normalement à l’avance si la vie à deux va être aisée ou non puisqu’en toute logique, on a eu un aperçu. Notamment, en allant chez l’un et chez l’autre à tour de rôle. On sait… On sait si l’autre est plutôt maniaque ou bordélique, propre ou crassou, cuisine ou se fait livrer, attend une semaine avant de faire la vaisselle ou nettoie sa tasse dés le matin, laisse traîner ses affaires partout, a ou non un dressing rempli à ras-bords, laisse la télé en fond ou la radio, regarde le foot ou les infos, reçoit souvent ou non, a un chien qui pisse partout ou un chat autonome, un goût douteux ou un intérieur digne des magasines, achète des produits de luxe ou opte pour la marque Pouce. Bref, tous ces petits détails qui ne paraissent être que cela et qui s’avèrent par la suite de véritables déclencheurs.

Avez-vous remarqué combien une dispute ressemble à un duel ? Les adversaires dégainent leur arme chargée de reproches prêts à déferler, au premier qui tirera.

duel couple

Il est donc facilement estimable si habiter ensemble sera possible et agréable. On dit que les opposés s’attirent, pas qu’ils vivent ensemble. En revanche, « qui se ressemble s’assemble » et donc franchissent le pas de la vie commune.

L’éducation

papa dit oui

Lorsque l’on a des enfants, tout est sujet à discussion. L’alimentation, la politesse, les libertés accordées, etc. Souvent, le couple adopte le schéma du bad cop/good cop. Quid des décisions prises sans avoir consulté l’autre en amont ? Papa a autorisé Marie à aller dormir chez Stéphanie alors que maman le lui avait refusé. Drame. Avant même cela,  vouloir des enfants ou non est un choix qui se fait à deux à partir des volontés individuelles. Qu’adviendra t-il de ce couple dont la femme souhaite privilégier sa carrière alors que l’homme rêve de têtes blondes jouant dans le jardin ? Sacrifier ses envies de paternité ou maternité  n’est pas un « simple » compromis. Il conduira le plus souvent à une frustration qui dans le futur pourra mener à bien plus dramatique. Le moment d’enfanter également et le nombre d’enfants désirés, leur sexe, le choix du prénom, etc.

Le niveau de vie

addition couple

A moins d’être une michto ou un gold-digger façon Rocancourt, les disparités budgétaires au sein d’un couple peuvent être source de gêne plus que de conflit. Un homme pourra souffrir de gagner moins que sa femme, même si les temps changent, les mentalités sont plus lentes. Une femme peut pareillement être embarrassée de se faire constamment inviter au restau parce que son amoureux a les moyens et pas elle. De même que faire des cadeaux s’avère complexe lorsque l’un peut gâter à souhait son/sa chéri/e sans réciprocité. Le plus souvent celui/celle qui est à l’aise financièrement s’en moque pas mal d’assurer pour deux, mais celui qui a du mal à joindre les deux bouts le vit moins bien. Honte, sensation de dépendance, etc. Lorsque les gens se marient, ils ouvrent souvent un compte joint, cela n’exclut pas moult désaccords pouvant survenir quant aux dépenses. Une fana de shopping, un grand prince en soirée qui arrose tous ses amis en boîte, l’achat d’une voiture sans consulter l’autre, etc.

Le manque de communication

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Décider pour l’autre ou s’imaginer qu’il sera de toute façon d’accord, qu’il n’est donc pas nécessaire de le consulter est un classique des guérillas couplesques. Répondre présent à une invitation sans demander à l’autre, prendre des décisions importantes seul/e, imposer quelque chose. On ne le dira jamais assez mais la clef d’un couple qui fonctionne repose sur la communication. Pas seulement pour décider de banalités type le repas du soir, mais bel et bien pour TOUT. Dire ce qui nous contrarie, nous embête, nous plaît, nous rassure, partager ses craintes, ses soucis (quand c’est nécessaire, car quelqu’un qui se plaint h24 s’avère usant…). Bref, considérer son partenaire tel quel, à égalité.

La distance

amour à distanceContrairement au fait d’habiter ensemble, la distance et la faible disponibilité (fréquence des rendez-vous, appels, échanges) constituent un facteur fréquent de dispute, voire de rupture. Une opportunité de travail, un déplacement ponctuel mais long, peu de messages ou d’intérêt manifesté à l’autre au cours d’une journée là où ce dernier est dans l’attente peuvent lasser.  Les plus indépendants s’en accommodent très bien mais ce n’est pas le cas de tout le monde. L’investissement amoureux dans une relation peut tout autant engendrer une déception si l’un des deux est moins démonstratif verbalement ou physiquement. Certains réclament des marques d’attention, des preuves d’amour d’attachement qu’ils n’obtiennent pas ou à contre-coeur, mettons  si le conjoint le fait pour faire plaisir et non de gaieté de cœur. Ce qui conduit au point suivant:

Egoïsme versus générosité

Il part faire les courses et ne pense qu’à lui alors qu’elle a toujours une petite attention pour lui ; il lui prépare son petit déjeuner, elle se fait servir pour tout, sans jamais remercier et considère cela comme normal ; elle se sacrifie quand au choix du lieu des vacances pour contenter son chéri ; elle se sert à boire sans proposer à son copain, etc. Ces inégalités de comportement sont souvent les réflexes instaurés par l’éducation. Les différences de tempérament sont aussi responsables car deux enfants élevés ensemble ne réagissent pas à l’identique pour autant. Mais ces divergences de comportements causeront quelques crises.

Se sentir soutenu

couple manque de soutien

Un conflit éclate avec des voisins, des inconnus, la famille, les amis et notre partenaire ne prend pas notre défense, pire, il/elle nous enfonce, se moque, nous rabaisse ? Oulala… Voici un terrain très dangereux qui au mieux fait de la peine, au pire devient un sujet très épineux pouvant ébranler l’unité du couple. En effet, le fondement de celui-ci repose sur sa solidité, le fait d’être une équipe, un binôme. Le fait de se laisser marcher dessus ou au contraire partir au quart de tour en cas d’injustice extérieure peut perturber l’équilibre d’une union. « Tu dis jamais rien toi de toutes façons… », « Mais j’aime pas le conflit, c’est pas grave en plus. » Ouais, on connaît.

La jalousie

J’ai déjà abordé le sujet dans mon billet sur la possessivité. Celle-ci, sœur de la jalousie, provoque bon nombre de bagarres au sein d’un couple. Qu’elle soit fondée ou non, c’est épuisant de manquer de confiance en soi et en l’autre, d’avoir à se justifier pour quelque chose que l’on a pas commis, de vérifier les faits et gestes de son partenaire, de réaliser que c’est un(e) séducteur/séductrice, qu’il/elle entretient une double vie sur les réseaux sociaux, flirte avec d’autres hommes/femmes, etc. Ce n’est pas une situation viable. Soit les soupçons se basent sur de vrais faits, ainsi il faudra statuer, voire rompre ; soit il s’agit avant tout de paranoïa, dans ce cas un vrai travail sur soi devra suivre.

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La liste des sources de conflit est sans fin. J’ai reçu le témoignage d’un couple dont l’un ne supporte plus l’indisponibilité de l’autre en cas de besoin, celui de ce garçon qui reproche à sa copine de trop être sur son téléphone, celui de ce couple dont les choix alimentaires posent problème à chaque repas, celui de cette femme qui voudrait plus sortir dont le conjoint préfère rester sur le canapé, celui dont les tocs de l’un  insupportent l’autre, celui dont la femme a pris beaucoup de poids après la grossesse et ne fait rien pour les perdre, etc. Tout peut être sujet à discussion. Parfois des petites choses sans gravités qui bout à bout plongent des couples dans l’agacement continu. Parfois des évènements plus graves remettent en question les principes d’un des partenaires.

désaccord couple

Il y a des aspects de soi dont on a pas conscience et qu’une discussion ouverte et diplomate pourra mettre en lumière. Prenons le cas de ce garçon dont une amie lui a fait part d’un tic de langage qu’il a été content de modifier car il ne souhaitait pas l’adopter en premier lieu mais ne s’en était pas rendu compte. Mettre des pincettes donc, peut s’avérer utile.

La deuxième méthode consiste à ne faire aucun reproche. C’est l’opposé mais cela aura pour conséquence que le partenaire qui ne se voit jamais attaqué, aura envie de faire des choses pour l’autre, spontanément. Evidemment tout ne se réglera pas à l’aide de cette « technique ». On peut les cumuler.

Doit-on accepter ce qui ébranle nos principes ?

Vous l’aimez, mais certains aspects ou pratiques vous dérangent au plus profond de vous-même. Par exemple, il ou elle se drogue, ou s’auto-détruit et vous vous sentez impuissant ; il ou elle vous trompe ouvertement ; il ou elle pratique une religion différente de la vôtre ;  il ou elle évolue dans un univers d’illégalité tel que trafic d’armes, d’hommes, etc. ; il ou elle critique vos amis, votre famille et tente de vous en éloigner; il ou elle abuse de vous, financièrement, sexuellement, vous frappe, vous humilie. Cela peut sembler aberrant de l’extérieur et bien entendu qu’il est évident de ne pas accepter certains de ces faits. Cependant, lorsque l’on vit avec ces personnes, que des liens d’amour profonds se sont tissés ainsi qu’une dépendance affective, il s’avère extrêmement difficile de voir clair et de s’éloigner de celui/celle que l’on aime.

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Quelles sont les limites en amour ?

Quelques questions à se poser pour y répondre:

  • Suis-je plus heureux/se avec ou sans elle/lui ?
  • Est-ce temporaire ? Vais-je regretter ce choix plus tard, basculer dans l’amertume et reprocher à l’autre mes sacrifices ?
  • Accepter ceci ou cela va t-il à l’encontre de mes principes ?
  • Est-ce hors la loi ? Suis-je complice d’un crime ? Pourrais-je en commettre un pour l’être aimé ?
  • Y a t-il réciprocité ?
  • Accepte t-on tout et n’importe quoi pour les bonnes raisons ? Par amour ou bien par peur de se retrouver seul, de l’abandon, du regard des autres, etc.

Faire des concessions, pas des sacrifices.

En conclusion, je dirais qu’il y a autant d’histoires d’amour qu’il y a de plastique dans l’océan (hey vis avec ton époque poto…). De ce fait, chacun voit midi à sa porte ! D’une personne à l’autre certains faits pourront paraître inacceptables ou largement tolérables. Il me semble judicieux de s’assembler avec quelqu’un dont le mode de vie et les principes se rapprochent des nôtres pour éviter des prises de tête sans fin car au final, être en couple est sensé rendre heureux, pas l’inverse.

Et vous, qu’acceptez ou accepteriez vous par amour ?

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