Publié dans Billets

Bons baisers de Veganie

 

Hello vouuuus !

Bon, cela faisait un petit moment que je songeais à pondre un bilan de ma nouvelle vie de vegan. On m’a souvent posé la question, donc passés 3 ans depuis la déclaration officielle – d’ailleurs tu peux relire l’article ICI – je vais tenter d’être la plus honnête et transparente possible à ce sujet.

je suis vivant cochon veganRappelle-toi, en janvier 2016 j’annonçais être devenue une apprentie vegan après moult visionnages de vidéos « prise de conscience » dirons-nous, sans passage par la case végétarienne puisqu’en réalité, ça n’a aucun sens tant le sort des vaches laitières et autres participants est pire. Ainsi donc, ma décision de le devenir était en premier lieu le résultat d’un terrible inconfort moral vis à vis d’une participation indirecte à un massacre dans lequel je ne voulais plus être impliquée. Ce fut le point de départ. J’ai choisi d’arrêter la consommation de produits alimentaires issus des animaux sans pour autant devenir militante. Ce n’est donc pas moi qui vais au front pour sensibiliser les non-vegan à la cause. Je ne m’en sens toujours pas les épaules et lâchement, je n’ai ni le courage, ni la patience, ni l’envie car je pars du principe que c’est comme pour la cigarette: au fond, tu sais que ce n’est pas bien mais la volonté d’arrêter ne peut venir que de toi. Les autres auront beau te dire que c’est mal, ce sera lorsque tu l’auras décidé que tu arrêteras. C’est aussi par envie de paix. Je ne souhaite pas que chaque repas avec de nouvelles personnes puisse vriller vers un débat. Je veux juste manger tranquillement mon plat sans être le centre de l’attention. Malheureusement, c’est souvent impossible lorsqu’il s’agit de personnes qui ignoraient mon régime.

vive la cote de boeufBeaucoup posent des questions bienveillantes amenées par une attitude réellement intéressée. Cependant, le vegan bashing (phénomène consistant à tourner en ridicule les vegan) a le plus souvent la vie douce. On dit que ce sont nous « qui cassons les couilles ». Je trouve que c’est l’inverse. On ne peut rien dire ou poster sans se faire attaquer. Même si tu ventes les bienfaits d’un aliment sans casser de sucre sur le dos des produits usuellement plébiscités. Donc j’ai adopté une attitude plus discrète pour éviter d’avoir à me défendre parce que sincèrement, c’est épuisant. Pas plus tard que la semaine dernière, un ami éméché m’a proposé du reblochon en fin de soirée alcoolisée (Don’t ask me why…). Originale et mignonne proposition déclinée ainsi:

« Ahah c’est gentil mais tu sais, je suis toujours vegan.

– Et t’en as pas marre d’être chiante ?  »

-_________-

En trois ans, j’ai eu droit à tout. Même ma propre famille me fait parfois ressentir un malaise. J’imagine que la réciproque est valable car même si je respecte et ne dis rien, je sens bien que ma « différence » dérange puisqu’il faut prévoir quelque chose pour moi à manger. Lorsque je vais chez ma mère, pas de souci, j’aide en cuisine, j’essaye même de faire découvrir des plats. Parfois on me propose quelque chose que je décline (exemple, au moment du fromage) et la réponse classique en face arrive dans cet ordre: surprise, puis « ah oui c’est vrai, tu ne peux pas », soupir. Pour la petite anecdote, le 24 décembre au soir c’est même mon plat vegan qui a fini dans les assiettes à cause d’un souci de cuisson concernant les plats initialement prévus pour le reste des convives. Ainsi, mon pain de viande (lentilles, saucisses végétales, noix de cajou et sauce barbecue) accompagné d’une écrasée de butternut a ravi les papilles. Ma maman donc, me prévoit toujours des yaourts au soja, du lait végétal et même des produits que je ne connais pas (n’étant pas souvent en France). Idem du côté de mon copain. Lorsque nous venons quelques jours, sa maman adopte les mêmes réflexes. De part et d’autre, cela me touche toujours beaucoup et me gêne aussi lorsqu’elles doivent préparer deux « plats » différents car j’ai conscience que cela occasionne plus de travail en cuisine. Le plus souvent je n’ai aucun problème à me régaler de la même garniture que tout le monde mais c’est vrai que pour la plupart, ils sont préparés avec du beurre dans la casserole par exemple, donc cela reste problématique. Du côté des grands-parents, c’est un mode de vie qu’ils ne comprennent pas vraiment. Ils sont en plus assez maladroits et j’ai eu énormément de peine à me faire comprendre au début. Des mini-crises ont eu lieu et depuis le message est passé mais c’est vrai que c’est toujours bien agaçant d’entendre:

Mais alors qu’est-ce que tu manges ? Tu dois avoir plein de carences…

Ahhh les fameuses carences et la question de que diantre puis-je bien manger alors ?? Tout le reste ma foi. Ce qui est assez amusant c’est qu’à l’époque, les repas constitués de viande étaient exceptionnels (une fois par semaine en général) et considérés comme des produits de luxe. L’abondance des temps modernes et de nos étals a vite fait oublier cela semble t-il.

que mange les vegan

Alors qu’est-ce que je mange ? Je vais retourner la question en listant ce que je ne mange pas, cela ira plus vite:

  • Viande
  • Poisson
  • Oeufs
  • Produits laitiers issus des animaux (beurre, fromage, crème, yaourts, glaces)
  • Miel
  • Mayonnaise
  • Pâtisseries

Alors ok, dit comme ça vous devez vous dire « put*** ça fait beaucoup quand même et que des trucs bons ». Oui mais non car il existe énormément de substituts tels que:

  • Seitan (pour remplacer le poulet)
  • Tempeh (imitation viande rouge) ou haricots rouges (pour imiter la viande hachée)
  • Laits végétaux (amande, noix de coco, soja, riz, avoine, noisette, cajou, aromatisé vanille, chocolat, etc.)
  • Yaourts végétaux
  • Fromages végétaux (Bon là très honnêtement je n’aime pas, mais je suis une des rares…)
  • Glaces végétales
  • Sirop d’érable (à la place du miel)
  • « jus » des pois chiches pour remplacer blanc d’œuf en cuisine
  • Margarine ou huile pour remplacer beurre (perso je n’aime pas la margarine, alors vive l’huile d’olive!)
  • Crèmes végétales

On retrouve des produits déjà prêts aussi dont le goût et la forme ressemblent à s’y méprendre à ce qu’ils copient telles que saucisses, boulettes et même foie gras.

faux gras veganSachez aussi que les protéines se retrouvent en grosse quantité, parfois même  plus que dans la viande, dans les légumes, fruits secs, céréales et légumineuses (exemple lentilles). Pour le calcium, il y en a ailleurs que dans le lait animal – qui d’ailleurs provoque l’effet inverse de renforcer vos os mais pareil, je vous laisse faire votre enquête – comme dans… l’eau minérale tout simplement mais aussi certaines épices, le tofu, les amandes, épinards, haricots, fruits, etc.

protein

Franchement, il y a de tout, on a pas vraiment d’excuses à part au restaurant où là, même avec la meilleure volonté du monde, ça reste compliqué de manger 100% vegan. Beaucoup proposent un choix végétarien mais alors végétalien, oulala, l’aiguille dans une botte de foin. Sur TripAdvisor, on peut filtrer les restaurants avec ce fameux « choix végétalien », mais à y regarder le menu de plus prêt, rien. Les restaurants qui ont coché cette option doivent considérer que si une salade verte peut être servie alors c’est ok. Bah, nan, c’est pas ok parce que je suis pas une tortue, je vais pas au restau pour manger les plantes.vegan option salad Les restaurants asiatiques/orientaux sauvent un peu les vegan avec le tofu, les sushis concombres, avocat, les falafels, les soupes de lentilles, les samossas, etc. En France par contre, misère. Pas plus tard qu’en janvier, de passage par Paris et Lyon, un déjeuner et un dîner dans ces deux villes respectives ont été tentés. Je n’ai rien trouvé. Je ne peux pas non plus aller dans un établissement exclusivement vegan car mon copain ne l’est pas et il s’agit de tous les deux se faire plaisir quand même. Ainsi, comme très souvent, j’ai pu me rabattre sur mon option coquillages en choisissant des moules, des noix de Saint-Jacques ou bien des pâtes. Hey mais attends , ce n’est pas vegan ça! Ce qui nous amène à la partie que je qualifierais d’écarts.

Mes écarts

Alors en effet, les coquillages n’entrent pas du tout dans l’alimentation végane. Je sais. Mais je n’ai jamais cessé d’en manger et je pense que je continuerai. Pourquoi ? Déjà pour le B12 (car apparemment, c’est le truc qui manque au régime vegan. Je l’ai appris grâce aux non-végan, trop contents de nous clouer le bec avec cet argument imparable. Pas encore trop sûre non plus d’avoir capté ce que c’était, une sorte de bactérie essentielle à l’organisme). Ensuite, car tout comme il y a 3 ans, une moule, une huître, une palourde, un bulot, etc. ne m’émeuvent pas. Je suis capable de les « pêcher », cuire et manger. Partant de ce principe je les consomme. J’ai bien conscience que pour beaucoup les vegan sont des défenseurs des animaux. Oui et non. Enfin selon moi la définition est trop stricte. Je n’ai encore aucun souci à écrabouiller un moustique qui me nique ma nuit non plus. Je ne suis même pas forcément contre le fait de manger de la viande lorsque la survie en dépend comme c’est le cas dans les pays nordiques où la végétation ne pousse pas. Pour moi, être vegan ça signifie lutter contre les conditions actuelles d’exploitation animale. Je suis contre l’asservissement, que ce soit au cirque, ou bien la domestication d’animaux type oiseaux en cage, rongeurs, animaux d’appartement ou en villes (qui ne sont jamais lâchés et ne peuvent pas courir, chasser, vivre à leur état sauvage), le transport (ânes, chevaux tractant des calèches, etc.). Je suis contre la capture ou l’élevage d’animaux destinés à nous habiller inutilement pour leur fourrure notamment. On est pas des inuits à ce que je sache… Et bien sûr, l’industrie agro-alimentaire pour trois raisons: éthique, sanitaire et écologique. Je ne m’épancherai pas sur ce sujet, tu trouveras les réponses à mon indignation dans un autre article (rédigé comme un épisode de Black Mirror, régale-toi, c’est par ici: Carninvictus Fest, le marché noir d’un nouveau monde vegan ).

Pour poursuivre sur les écarts, j’en ai commis quelques uns. J’ai au tout  début songé à arrêter et même un soir de beuverie, consommé un plat à base de bolognaise préparé par mes colocs de l’époque. Je n’en suis vraiment pas fière et cela m’a dégoûtée, de moi et même de l’envie de récidiver car j’assimile dorénavant trop la viande à un aliment proscrit. Du coup, ça ne me manque pas et même, ça ne me fait plus tout envie.

lire les étiquettes magasin

Ce qu’il m’arrive encore parfois de consommer sont les aliments sucrés de type Ferrero Rocher. Par ailleurs, j’ai toujours adoré les biscuits et finalement le choix vegan s’avère plus large que ce que je pensais. Alors oui, parfois je mange sûrement des gâteaux qui ont soi été préparés à base de lait, d’œufs ou beurre. J’évite au maximum mais si tu savais comme c’est fatigant de TOUT LE TEMPS devoir lire les étiquettes en long et en large. Comme je le dis, je ne suis pas allergique et à choisir je consommerai tout 100% vegan, mais il m’arrive d’avoir une grosse flemme de vérifier. Je suis humaine… Cela dit, depuis que j’ai découvert que les Oréo  (pas tous mais les originaux en tout cas) sont vegan, alors là… je ne me prive plus. Oreo Partyyyy !

biscuits vegan
Biscuits vegan

Enfin, et ça par contre c’est MAAAAAL ! Je mange encore des pizzas occasionnellement avec de la mozzarella par dessus. J’enfile ma cape SuperOeillères en me disant que je ne trouve pas de datas sur la production de mozza et que ça se trouve, ça va… Mais en vrai, je sais bien que c’est débile et que le lait animal n’est pas fait pour l’homme, que je déconne mais c’est mon gros talon d’Achille. Je tombe pas jusque dans les abîmes de la raclette, fondue et autres tartiflettes, mais alors la pizza… Pardon.

Bon et dernier truc… il m’est impossible de refuser un croissant au beurre en France. Mais on parle de 1 à 2 par an maxi. Ca compte ? Merde. Bah je suis naze alors.

Voilàààà, tout ça pour dire que même après 3 ans, je ne suis pas la parfaite Gwineth Paltrow encore et qu’il me reste beaucoup à apprendre, que je consomme toujours une tonne d’olives, de pâtes et de riz, et donc, tout va bien pour moi ^^. Qu’évidemment après ce récit on peut se dire que je suis pas une vraie vegan mais je reste sur mon idée de veganisme modéré, que si je dois me faire lyncher pour avoir été honnête aussi bien par les puristes vegan que par les viandards, l’important c’est que moi, je sache où me situer et sois en accord avec mes convictions. Et j’espère après lecture de cet article que la prochaine fois que tu croiseras un vegan, tu lui épargneras les yeux au ciel, le ton condescendant et les questions relous.

vegetariens-celebres
Quelques végétariens et végan célèbres

Rendez-vous dans 3 ans pour un autre bilan ? Bisou, cruelty free.

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3 commentaires sur « Bons baisers de Veganie »

  1. Quel bel article ! Et il n’y a aucune ironie, j’aime ta philosophie et c’est agréable d’avoir un discours pacifique, posé et sans de côté moralisateur .
    J’imagine que oui, tu dois galérer en France pour trouver des plats vegans dans des restaurants traditionnels… Après tu as les restaurants eux mêmes vegans mais ça peut être gênant si tu y vas avec un non-vegan (même si on peut très bien manger avec des plats vegans ).

    La partie sur l’image de la famille est ultra intéressante, sur l’évolution de la mentalité et le fait que les « vieilles » générations ont du mal à comprendre cat, et tu le dis justement, pour eux la viande est un produit de luxe et qu’il peut être illogique dans leur esprit de ne pas en consommer.

    Merci pour cet article qui est super bien écrit (comme très souvent) et pour les échanges. Et vive les Pizzas 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Je suggère que le livre “Plaidoyer pour les animaux” du moine bouddhiste Français Mathieu Ricard soit enseigné dans les établissements scolaires, en lieu et place de ces indigestes tartufferies sauce Molière !
    Je suis sérieux, là !
    Moi aussi, je suis adepte du véganisme « free style » parce que le principal n’étant pas de respecter scrupuleusement des préceptes imposés, mais de se sentir en paix avec sa conscience.
    Et parce que convaincre par l’exemple aura toujours plus d’impact que de convaincre par un militantisme forcené qui peut s’avérer contreproductif et susciter le rejet.

    Bon, pour le côté culturel de la Force, quelques citations à méditer ici :

    http://www.oiseau-libre.net/Animaux/Droits-des-animaux/Citations.html

    Bonne continuation, amicalmement.

    Aimé par 1 personne

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