Comment survivre à l’adolescence

Le titre peut prêter à sourire par son côté faussement dramatique et pourtant… Le taux de suicide des ados ne cesse d’augmenter. C’est une réalité, cela n’a rien de drôle et contraste avec le ton léger de mes billets habituels mais j’ai eu envie d’écrire cet article après avoir visionné un film documentaire sur le spring break aux Etats-Unis. Je vais m’expliquer un peu plus loin et donner les conseils que j’aurais aimé recevoir lorsque j’avais la quinzaine, ceux que les parents sont trop gênés pour donner, les amis aussi inexpérimentés et confus que nous et les profs trop pudiques pour aborder.

Les adolescents et le suicide

13 reasons why

Voici ce que l’on peut par exemple lire:

« Avec 1 000 décès par an, le suicide est, derrière les accidents de la route, la seconde cause de mortalité chez les adolescents. Selon une étude de l’INSERM, 8% des filles et 5% des garçons font une tentative de suicide à l’adolescence. On compte environ un décès pour 80 tentatives. »

« A 15 ans, près de 21 % des filles et près de 9 % des garçons ont déjà tenté de se suicider. »

Derrière ces chiffres, on relate souvent le mal-être des ados du à une transition difficile de l’âge enfant vers l’âge adulte. Ce que l’on oublie de dire c’est que ce changement est compliqué à vivre avec les autres davantage qu’avec soi-même. Le corps qui change, la poitrine qui pousse, l’apparition des règles, la voix qui mue, les poils, la barbe, etc. Toutes ces modifications corporelles que les parents peuvent observer avec émotion et empathie, il n’en est pas de même entre ados.

Le père qui apprend à son fils à se raser, la mère qui explique à sa fille pourquoi elle va saigner tous les mois, comment mettre un tampon, etc., ce sont des choses normales expliquées avec bienveillance. Mais ces changements arrivent inégalement dans la vie des jeunes adultes.

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Compétition physique: corps d’enfant versus corps d’adulte

A l’adolescence, on aime jouer aux grands, ressembler aux héros de nos séries qui sont campés par des acteurs bien plus âgés que les personnages qu’ils interprètent, voilà encore quelque chose de confusant. On veut alors paraitre plus vieux que ce que l’on est. Ironie du sort lorsque plus tard, passée la trentaine, on aimerait se retirer quelques années au moment de révéler son âge.

On voudrait être plus grand, plus musclé, avoir une petite barbe noire naissante, les mâchoires carrées, la voix grave, le look bad boy pour impressionner les filles parce que visiblement elles craquent toutes pour ce mec un peu plus viril qui vient les chercher en scooter à la sortie des cours.

beau gosse lycée

On voudrait être plus fine, avoir une plus grosse poitrine, des fesses bombées, des lèvres pulpeuses, un look glamour et un regard charbonneux à la Kim Kadarshian parce que visiblement les hommes ne jurent que par elle.

Comment gérer le regard des garçons lorsque l’on est la première a avoir des seins. Comment le gérer lorsque l’on est la seule à ne pas en avoir et à subir les railleries ou l’ignorance.

Comment supporter les moqueries lorsque notre voix ressemble à celle d’un enfant alors que tous nos copains ont le timbre grave. Comment paraitre plus cool dans ces vêtements de gamin ou bien plus vieux alors que nos joues restent douces.

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Nos parents voient d’un mauvais œil lorsque l’on commence à vouloir se raser les jambes, se maquiller, mettre des décolletés, des jupes plus courtes. On se dit que c’est parce qu’ils n’ont pas envie de nous voir grandir alors qu’on se sent déjà adulte. Les deux ont tort. Les enfants sont adultes bien plus tôt et les ados ne devraient pas vouloir grandir si vite simplement pour faire comme les autres. Mais comment résister à cette pression sociale que chacun subit et exerce ?

Sexualité everywhere

Il y a une quinzaine d’années, lorsque j’étais moi-même une ado de cet âge, nos modèles étaient nos grands frères, grandes sœurs, personnages de sitcoms , de films au cinéma et starlettes invitées aux émissions de télé. On la regardait en famille. Le truc le plus coquin cryptéauquel on pouvait avoir accès était le film érotique du dimanche soir sur M6, le film X en crypté sur Canal+ et la VHS planquée du papa d’untel que les mecs se prêtaient entre eux. La sexualité était quelque chose de mystérieux, de tabou et d’impressionnant car rare et inaccessible.

Avec l’avènement d’internet, des forfaits illimités et donc l’accès gratuit aux contenus pornographiques directement sur un mobile, en clair et sans contrôle parental, le sexe s’est totalement démystifié. Il n’y a même pas besoin d’aller chercher si « loin ». Un coup d’œil aux magazines et aux clips musicaux permet de se rincer l’œil en détente.

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Nicki Minaj dans son clip Anaconda

C’est devenu très banal de dire cela mais, oui, encore et toujours l’image de la femme objet est partout. Constamment destinée à plaire et à exciter l’homme qui se place en consommateur-dominant. Ainsi, ces codes s’encrent très tôt dans l’inconscient de chacun. Cela n’est pas nouveau. Les contes de fée plaçaient les femmes en position d’êtres fragiles attendant patiemment qu’un homme vienne les sauver et les extraire de leur morne quotidien. Puis, dans les films d’aventures tels qu’Indiana Jones, James Bond, etc., les princes des temps modernes en somme, toujours entourés de belles femmes, parfois intelligentes et/ou vicieuses mais toujours succombant au charme agressif de leur héros au torse velu les forçant au baiser passionné et plus si affinités. Le fameux « Non-non-non-d’accord ». Jugez par vous même…

Culture du viol

Beaucoup d’hommes jeunes ou moins jeunes sont convaincus qu’une femme qui dit non le fait par coquetterie ou par peur d’être jugée. Alors ils insistent parce qu’au fond d’elle, elle en a envie. Mais oui messieurs, absolument. On rêve secrètement d’être culbutée  à tout bout de champ par chaque pénis ambulant.

Comme dirait Norman: FAUX !

On a nos envies oui, parfois coquines oui, parfois empruntes à une certaine forme de domination dans la cadre intime, avec une personne aimée ou de confiance ou bien même d’une expérience sans lendemain, par envie d’assouvissement d’un désir sexuel que la masturbation ne comblerait pas. De là à en tirer la conviction que les femmes sont à la disposition des hommes. NON. Quand on veut, avec qui l’on veut, comme on veut.

Mauvaise interprétation du porno

Le drame du XXIème siècle et de toute la merveilleuse technologie qu’il a apporté est le suivant: l’éducation sexuelle se fait par le porno. L’ado regarde ça et se dit: ok c’est comme ça qu’il faut faire. Le garçon croit qu’il faut être très performant, le faire dans trente-trois mille positions, que la fille doit gémir en continu à coup de « ouh yeah ouh yeah, give it to me », qu’il faut la tirer par les cheveux et finir par une giclade sur le visage d’un bon gros flux de sperme. Yeahhh! I am a man !

La fille regarde et se dit: ok c’est comme ça qu’il faut faire. Il faut avoir un corps imberbe, accepter la pénétration vaginale, anale, voire la double, voire avec plusieurs autres femmes ou plusieurs autres hommes ou bien un sexe dans chaque trou, youhouuu! Ah oui et puis il faut se faire recouvrir de sperme de partout hein, c’est important. Le visage, les fesses, le ventre, la bouche, of course la bouche… Faut être très sexy, avoir l’air d’aimer en même tant que de souffrir un peu parce que ça semble l’exciter encore plus. Faut savoir se servir de ses mains, de sa langue, bien bouger et surtout accepter les « Mh, t’aime ça salope hein? ». Mais oui! J’adore me faire humilier, c’est ma passion!

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Donc, voici l’exemple de la sexualité que les ados reçoivent dans le plus basique du porno car bien sûr cela va dans tous les extrêmes possibles et imaginaux: du viol (simulé dans les vidéos légales dirons-nous), du teen pour teenage (adolescente) ou bien sûr les actrices sont très jeunes et l’homme souvent bien plus vieux et laid;  de la MILF (mother i’d like to fuck = la maman que tu aimerais bien te taper en gros) qui est incarnée par des femmes de 25 ans, au gangbang, bondage, bukake, creampie, etc. Je ne vais pas tous les citer ni décrire car c’est inutile mais on a compris l’idée.

Ainsi, ces films sont faits pour les fantasmes supposés des adultes et regardés également par des futurs adultes qui, conditionnés par ces fantasmes finiront par penser que  ceux-là sont la norme et les reproduiront, recréant cette demande. En boucle. Et les filles penseront que c’est comme ça qu’on satisfait un homme et malheureusement les hommes le penseront aussi. De ce fait, si la fille ne se comporte pas comme ces actrices, ils ne s’intéresseront pas à elle. Par conséquent, les adolescentes font souvent des choses qu’elles n’ont pas envie de faire simplement pour « être aimée », exister et ne pas être remplacée.

Mourir de vouloir exister

kim kardashian

Le paradoxe des temps modernes n’est-ce pas ? Les réseaux sociaux popularisent tout un chacun. Du déjà célèbre à l’anonyme en quête de starification. Télé-réalité, chaînes YouTube, etc. On veut être célèbre, faire des vues, fédérer, créer une communauté, être connu, faire le buzz. Ah ce fameux buzz. Ah, ces fameuses sextapes. Demandons à Kim Kardashian et Paris Hilton ce qu’elles en pensent ? A mon avis elles en pensent qu’elles ont bien fait puisqu’aujourd’hui elles sont à la tête d’empires. Femmes de pouvoir perchées sur des talons sans fin, cambrées à souhait laissant apparaitre ce fessier qui les a rendues riches et célèbres. Les hommes les désirent, les femmes veulent leur ressembler parce que les hommes les « aiment ». Idem pour toutes celles qui n’ont pas eu besoin d’aller jusqu’à la sextape mais qui à l’instar d’une Nicki Minaj ou bien d’une Rihanna provoquent sexuellement dans leur clip à coup de tenues légères et de positions lascives. Captivation garantie. Alors la femme ou l’ado lambda voudrait à son tour pouvoir exercer cette fascination auprès de la gente masculine pour pouvoir être vue, admirée, désirée et se penser aimer. Mais malheureuse… L‘homme ne t’aimera pas parce que tu auras su réveiller son sceptre magique. Il te voudra fugacement, ardemment oui mais éphémèrement et lorsqu’il t’aura eue, ton pouvoir magnétique s’effacera au profit d’une autre. Alors, bâtis toi une personnalité qui te fera toi t’aimer et lui vouloir partager sa vie avec toi, et non sa nuit.

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Film de boules ? Non, Secret story, programme familial diffusé à une heure de grande écoute, oklm.

Ca ne veut pas dire que ces femmes ont tort, ou ne sont pas des filles bien. Chacune est libre d’exprimer sa sensualité à sa convenance. Et puis, c’est devenu tellement standard qu’on ne sait plus si on le fait par envie conditionnée ou par réel souhait d’exhibition. Par exemple, la dernière fois j’ai posté une photo sur Instagram de moi en maillot de bain avec mon reflet de dos dans le miroir. C’est le genre de cliché que je ne poste jamais car je ne suis pas à l’aise avec ça. D’un côté je me dis, les commentaires positifs vont booster mon égo et ma confiance en moi; de l’autre, les négatifs vont me blesser et je n’ai pas besoin de connaître l’avis d’inconnus sur mon physique. Résultat je l’ai supprimée peu après avoir reçu quelques messages et commentaires aussi sympathiques que mauvais. Pourquoi ? Parce que cela m’a mise mal à l’aise de me donner en pâture comme ça et attendre une validation ou appréciation. Honnêtement, je me suis à ce moment là demandé comment font celles pour qui c’est le métier ? Les mannequins, égéries, etc. Et celles dont ça ne l’est pas qui ont simplement envie de poster ce genre de contenu artistique ou hommage à la beauté du corps humain par exemple. Les commentaires et messages sur Instagram pour ne citer que ce réseau, ne sont pas gérables et il  faut sincèrement être très fort pour les encaisser. Des femmes jalouses et méchantes aux remarques machistes et irrespectueuses des hommes, je comprends que certains propos mènent à la dépression et au suicide. Alors imaginons ces phrases à l’âge adolescent et leur impact. Marion Seclin avait d’ailleurs tenu une conférence qui en dit long sur l’impact des commentaires au quotidien lorsque l’on est une femme publique.

Les mots sont des armes

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Quand tu as la quinzaine, tu n’as pas forcement envie d’être différent, au contraire. Tu veux être cool, faire partie d’un groupe, être populaire et apprécié. Tu veux être celle/celui avec qui on veut sortir ou être ami. Premièrement pour te sentir socialement validé et ensuite pour ne pas subir les railleries qui sont la forme ancestrale du harcèlement, le même qui conduit au suicide. On se rappelle tous de l’histoire de Marion (une autre), 13 ans, retrouvée pendue chez elle parce qu’elle n’en pouvait plus du climat à l’école, des sms et commentaires blessants en continu sur sa façon d’être, son physique. Menaces ou insultes, ce fut trop pour elle et la mort lui a semblé être une solution plus acceptable que la vie avec les autres. Cela en dit long sur le pouvoir d’un mot. marion 13 ans pour toujoursSouffre douleur car trop sérieuse, différente ou bien victime d’un garçon éconduit qui entrainera les autres dans sa haine. Il n’y pas de comportement bon ou mauvais à adopter au collège ou bien au lycée. Si tu es trop sage, dédié à tes études, on te traitera d’intello, de coincé, de ne pas être cool. Si tu es insolent, rebelle, on dira de toi que tu es mauvais élève et tu t’attireras les foudres des adultes. Si tu ne t’habilles pas comme les autres, si tu n’écoutes pas la même musique, si tu es juste toi même en te fichant de copier les autres, tu seras jugé car tu renvoies ceux-là même à leur moutonnerie. Ils se sentent inférieurs face à cette force qui effraie, génère de la haine. On pointe un bouc émissaire car être unis face à une personne renforce ce sentiment d’appartenance à un groupe. Ignorer les insultes c’est être très fort mais cela engendre encore plus de colère de la part de celui qui s’emploie à rabaisser quelqu’un. Il faut savoir que c’est cette personne même qui souffre avant celui qui est visé, car celui-ci est de base en paix avec lui-même là où celui qui attaque tente par ce biais de calmer sa propre insécurité. La maman de Marion cherchait les coupables, ceux qui étaient responsables des maux de sa fille. Or, ils sont tous à la fois victimes et coupables de leur fragilité de jeunes adultes. L’effet de groupe, la peur du rejet, de la différence, la volonté d’imposer sa vision, être le leader, être cool, être le roi de la jungle et si pour cela il faut en blesser d’autres alors ils le feront. Ce comportement se reproduit dans la vie d’adulte seulement les desseins sont souvent plus clairs et l’on y est déjà préparé et habitué si l’on a survécu à tout cela à l’adolescence. Les adultes nous disent qu’on est bien comme on est, qu’il faut nous accepter ainsi alors qu’eux-mêmes reproduisent ces comportements primitifs au travail et achètent les magazines féminins aux titres aussi débiles que « Comment le faire rester, comment le rendre fou au lit, comment garder la ligne, comment se maquiller comme Kim Kardashian ».

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Beaucoup pensent être forts parce qu’ils rabaissent et ont le pouvoir sur les autres mais la vérité est qu’ils sont dépendants de ces autres pour exister et se sentir puissants là où les « humiliés » ne cherchent pas à avoir le dessus sur leurs congénères pour se valider socialement. Ils glanent l’égalité tout au plus.

Les comportements agressifs naissent le plus souvent de la peur ou de la déception. La plupart des misogynes le deviennent parce qu’ils sont frustrés lorsque les femmes ne leur apportent pas l’attention qu’ils désirent. Il est plus facile de critiquer les autres que de se remettre en question.

Ce comportement peut aussi être le fruit d’une jalousie comme vue plus haut, jalousie physique (elle est plus jolie que moi, elle attire celui que j’aime), jalousie psychique (il est plus intelligent que moi, les profs l’encensent et me descendent). Les formes de harcèlement prennent fondamentalement naissance dans la souffrance et c’est cela qui n’est pas clair à l’adolescence. La victime se flagelle avant de réaliser ce qui pousse l’autre à nourrir tant de violence verbale/physique envers soi.

Les femmes et l’avilissement

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Dans le documentaire que j’évoquais en tête d’article, Liberated dispo sur Netflix, on assiste aux témoignages de jeunes hommes et femmes se rendant au Spring-Break de Californie. Il commence sur un ton léger où tous les ados semblent s’y rendre dans le but de décompresser, de se laisser aller à leurs pulsions sexuelles dans une ambiance libre et festive. Puis, au fur et à mesure des interviews, des images, on comprend vite que tout ceci n’est que le théâtre d’un triste conditionnement subi de part et d’autre. Tous prônent un maximum d’expériences sexuelles sans lendemain et sans sentiments où les hommes se disputent la première place, celle de celui qui aura niqué le plus de nanas (les termes sont bien plus crus dans la vidéo) afin de prouver sa virilité. spring break fuck and partyLes femmes quant à elles semblent en quête d’amusement et d’attention. L’une d’elles raconte une histoire sordide et pourtant tellement classique. Celle d’une adolescente (elle) en quête d’amour mais qui n’intéresse personne qui reçoit un jour une demande d’un inconnu sur un réseau social lui réclamant des photos d’elle nue. Elle refuse de prime abord parce qu’elle est gênée. Puis, face à l’insistance de la demande et de cette seule source d’attention, elle finit par accepter d’en envoyer quelques timides. Puis le garçon manifeste son approbation, la complimente. Cela lui fait du bien, elle se met à en envoyer d’autres de plein gré, pour nourrir son égo et recevoir encore et toujours plus d’attention, de plus en plus osées. Jusqu’au jour où l’homme en vient à demander une relation sexuelle, ce qu’elle refuse. Il la traite alors d’allumeuse puisqu’elle lui a envoyé des photos d’elle nue. Dans quel autre but si ce n’est celui de l’exciter ? Alors la fille se remet en question, se sent coupable et finit par accepter parce qu’elle se dit qu’en effet c’est de sa faute. Elle aurait pu refuser mais se serait sentie mal dans tous les cas car insultée, privée de l’attention que lui procurait cet homme et risquait également les représailles telles que la diffusion des photos. Voilà pourquoi tant de photos circulent sur le net, pourquoi tant de jeunes femmes se retrouvent piégées et pourquoi tant commettent l’irréparable.

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Ce même schéma pousse la plupart à la prostitution ou à des carrières dans l’industrie du sexe. Pourquoi ? Car c’est bien payé et les femmes choisissent de se faire humilier en quelque sorte plutôt que de se le voir imposer. Elles prennent l’argent de ces hommes qu’elles considèrent alors faibles de devoir payer pour s’offrir leur corps ou les regarder. C’est le plus souvent la revanche de celles qui ont déjà été victimes d’abus ou d’agressions sexuelles. Humiliée pour humiliée, rabaissée pour rabaissée, agressée pour agressée, autant en tirer quelque chose non ? La plupart assure que c’est parce qu’elles aiment le sexe. Pourquoi pas mais je suis convaincue que c’est avant tout pour tirer avantage de la situation autant que faire se peut. Dans tous les cas, les femmes seront toujours vénales aux yeux des hommes ou bien des « putes », des « michtos » si elles sortent avec quelqu’un qui va les entretenir. C’est à mon sens encore un cercle vicieux ou il n’y a que des victimes.

trump machiste
Ah d’accord.

Dans ce documentaire, les jeunes hommes n’ont aucun respect pour les femmes et les femmes aucun respect pour elles-mêmes. Et là encore les hommes abusent des femmes car ils voient en elles le reflet de ce qu’ils ont crée. Ils blâment les femmes faciles alors qu’ils n’ont de cesse de les pousser à devenir ainsi. Une femme qui ne se laissera pas aller ne les intéressera pas. La jeune fille en bikini qui refusera de montrer ses seins, se fera huer. La copine open aura toutes les faveurs. Mais celle qui ne veut pas coucher a aussi envie d’intéresser les garçons, être désirée. Celle qui couche pour plaire souffrira tout autant que celle qui ne le fait pas par respect de ses principes.

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La fin du documentaire dénonce un viol commis sur la plage en plein jour par une bande de jeunes alcoolisés dont la victime est une jeune femme inconsciente et ce, dans l’indifférence générale. Ce genre de drame a lieu en permanence. Après tout, elle savait à quoi s’attendre en venant au spring-break n’est-ce pas? Ce genre de commentaire…

Ce que j’aurais aimé que l’on me dise lorsque j’avais 15 ans.

Notre jeunesse va mal, n’a plus de repères, du moins pas les bons. Alors voici ce que j’aimerais dire aux adolescents aujourd’hui, aux bourreaux comme aux victimes car à mon sens ils ne forment qu’un. Voici les conseils que j’aurais aimé recevoir lorsque j’étais une ado fragile, un peu ronde, sérieuse en classe et qui n’attirait pas les garçons.

  • Ne fais jamais quelque chose que tu n’as pas envie de faire simplement pour plaire à quelqu’un

Si le garçon que tu aimes ou bien la fille te demande de changer quelque chose chez toi ou bien de pratiquer quelque chose que tu n’as pas envie de faire, NE LE FAIS PAS. Tu n’as pas à te justifier. Si cette personne te le reproche ou se moque et te tourne le dos, alors ses intentions n’étaient pas bonnes et tu n’as rien perdu si ce n’est ton temps.

NON

  • Ne suis pas une mode pour exister en allant à l’encontre de tes convictions

Ceux qui vont fumer à la récré sont tellement cool hein ? Ils font adultes n’est-ce pas ? Rebelles… Ils défient l’autorité, tout ça. Et pourtant, qu’y a t-il de plus ridicule qu’un groupe de personnes qui se forcent à faire quelque chose de mauvais pour leur santé simplement pour se donner un genre ? Etre cool c’est pouvoir exister sans cela justement. Et si l’un d’eux se moquent de toi parce que t’es qu’un gamin qui ne fume pas, réponds-lui que tu n’as pas besoin de te niquer la santé et dépenser ton fric dans du poison pour te donner un genre. Que tu préfères réfléchir aux conséquences avant de bêtement suivre une mode qui ne t’apportera rien de plus qu’un cancer et un trou de 150 euros par mois sur ton compte.cigarette

  • Laisse les insultes glisser sur toi

Ignore tout simplement toute forme d’agressivité verbale à ton encontre. Sache que dans 100% des cas, celui qui émet les critiques souffre d’un mal-être qu’il tente de te communiquer  comme une patate chaude, pour soulager sa propre condition. En étant toi-même et en te moquant de ce qu’en pense les autres, tu fais preuve d’une maturité extraordinaire renvoyant ceux qui en sont incapables à leur propre échec. C’est cela qu’ils te font payer en manifestant leur haine. Méprise les, ils ne seront jamais heureux ainsi alors que toi, tu iras loin et est le plus fort du groupe malgré ce qu’ils tentent de te faire penser. Ce n’est pas toujours évident et leur but est de te briser. Une fois que tu sais cela, tu ne peux pas prendre en considération leurs mots.

bouclier aux insultes

  • Attends d’avoir une première expérience sexuelle lorsque tu seras prêt(e)

Tou(te)s tes potes l’ont déjà fait ? Lol. Ca c’est ce qu’ils/elles te racontent premièrement. Sache que c’est pratiquement toujours faux seulement c’est la lose de le reconnaitre plus le temps passe. Mais quelle fierté en tirer pourtant ? C’est facile de coucher avec n’importe qui, beaucoup moins avec une personne qui nous aime et nous respecte. La première fois c’est un cap important et on peut le dire qui nous change du tout au tout. Alors ce n’est pas à prendre à la légère. Ce n’est pas quelque chose dont on se débarrasse histoire de ne plus subir de pression à ce sujet. Si tu ne l’assumes pas alors ok, mens, dis que tu l’as fait mais NE LE FAIS PAS TANT QUE TU N’ES PAS PRÊT ! Et c’est ok d’être maladroit la première fois. Dis toi que le mec en face de toi est tout aussi mal à l’aise. Tu n’as pas besoin de reproduire ce que tu as pu voir dans un film porno. On attend de toi de la tendresse et du respect, garçon ou fille. On prend rarement du plaisir au premier rapport car l’hymen est perforé et que le garçon est trop concentré sur la crainte de ne pas assurer. Si ton copain te presse alors que tu ne te sens pas encore prête, c’est qu’il ne sort pas avec toi pour les bonnes raisons. Relax tout le monde! La première fois se fera en temps voulu et c’est normal de ne pas assurer tout de suite. Votre copain ou copine qui se sent aussi nigaud ne se moquera pas au contraire, se sentira rassuré de ne pas être le seul à paniquer.

  • Dénonce tout individu qui a ou tente d’abuser de toi sexuellement

Ce n’est pas parce que c’est un adulte que c’est normal et qu’il faut l’accepter. Ce n’est pas parce qu’il vient de ta famille qu’il te veut du bien. Ce n’est pas parce qu’il te menace de quoi que ce soit que tu dois te taire. Ce n’est pas parce que tu manques d’affection qu’il faut interpréter certains gestes comme de l’affection. A partir du moment où l’on touche tes parties génitales ou t’incite à toucher celles d’autrui même sous prétexte d’un jeu, NE LE FAIS PAS. DENONCE à un proche toute sorte d’abus, tu ne risques rien, seul celui qui en est l’auteur subira les conséquences de ses actes. Ce n’est pas ta faute, jamais.

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  • Sois toi même

Sois un geek, sois une intello, sois mal habillé (selon les autres), sois timide, sois foufou, sois en retrait, sois drôle, sois intelligent, sois stupide même, parle des sujets qui t’animent, écoute la musique qui te fait vibrer, pleure, ris, lis des livres, aime les animaux, aime quelqu’un du même sexe, aies des lunettes, aies un appareil dentaire, aies des boutons, aies des kilos en trop, aies des centimètres en moins, laisse tes parents te faire un bisou et te tenir la main devant tout le monde. Et alors quoi ? Ca dérange quelqu’un ? Ca fait rire quelqu’un ? Pas de problème, trace ta route on sera pas copain mais MOI je suis comme ça et je ne changerais pour toi qui n’est qu’une copie des autres parce que tu manques tellement de personnalité que tu as eu besoin d’un modèle.

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  • Sois un enfant le plus longtemps possible

Tu as toute ta vie pour jouer au grand… Et sache que les grands rêvent de revenir jouer aux enfants.

Je pense qu’il y a encore beaucoup à dire mais j’espère que cet article aidera un parent qui le lit à comprendre et à aider son ado; un ado qui le lit à relever la tête, à balayer d’un revers de main les pensées qui polluent son esprit et à s’affirmer. Tu es très bien juste comme tu es. Tiens toi droite princesse, sinon ta couronne va tomber. Et si elle tombe, un prince des temps modernes viendra tôt ou tard la replacer au sommet. Attends ce prince et toi, petit con, deviens ce prince car n’oublions pas que chaque jeune fille est aussi la sœur et la fille de quelqu’un. Comment aimeriez-vous qu’on traite la votre? 

Marion Ferré Defossé

 

Sources:

http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/psycho_pour_tous/adolescent/ps_1497_suici_eta_lieux.htm

https://www.lemonde.fr/sante/article/2014/02/05/hausse-alarmante-des-tentatives-de-suicide-chez-les-jeunes-filles_4360146_1651302.html

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