Black Mirror, saison 5, épisode 1: Les Usines à Rêves.

Hein ? Mais qu’est-ce qu’elle dit. Au mieux elle ment, au pire elle spoile. Pas de panique… La saison 5 de Black Mirror est encore dans les cartons. Sorry. Cependant, ayant vu juste dans les grandes lignes un an à l’avance pour l’un des épisodes de la saison 4, pourquoi ne pas imaginer toute cette saison à venir ? Après tout, fantasmer un futur proche, n’est-ce pas là une belle mise en abîme lorsqu’il s’agit de cette série ?

Ayant dores et déjà bingewatché l’integralité des six épisodes de ce cinquième jet, me voilà à nouveau sur ma faim. Plutôt que d’attendre le fruit de l’esprit ingénieux de Charlie Brooker, je me suis prise au jeu de l’écriture d’une nouvelle saison. Assieds-toi confortablement, fais péter le pop-corn et accompagne-moi dans cette nouvelle divagation dystopique.

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Episode 1: Usines à rêves

Dans un monde où l’électricité n’est plus fournie par les centrales nucléaires ayant fermé les unes après les autres suite à la multiplication d’explosions ; la conclusion que l’Homme ne maîtrise plus les risques de cette technologie face à son incapacité à se débarrasser des déchets toxiques ; les énergies solaires et hydrauliques ont pris le pas tout en s’avérant insuffisantes face aux demandes toujours croissantes. Le réchauffement climatique n’est plus de l’ordre de la crainte. Les températures ont augmenté bien plus rapidement que prévu suite à une intensification de la production agricole et des émissions de gaz à effet de serre, la calotte glaciaire a fondu de moitié et les séismes sont constants. Cette conséquence provoqua une élévation rapide et inquiétante du niveau des mers et océans, faisant disparaître tour à tour plusieurs archipels. Face à l’urgence, l’ONU imposa une série de mesures drastiques et obligatoires afin de stopper le processus dont la cessation d’extraction et exploitation pétrolière. La production d’électricité se faisant désormais par le biais d‘usines à rêves.

usine rêves

Un concours de jeunes inventeurs permit au lauréat de révolutionner le monde grâce à sa découverte: lorsque l’on rêve, nos neurones émettent des signaux électrophysiologiques et biochimiques dont l’amplitude varie de 5 à 250 microvolts et la fréquence de 0,5 et 40 hertz. Il plaça sur son crâne un casque équipé d’électrodes, relié à une ampoule et fut plongé dans un sommeil profond. Au bout de quelques minutes, la lumière jaillit de la lampe. Sa démonstration emballa le monde scientifique et politique qui y vit une solution durable et lucrative. Tous les pays qui pouvaient s’offrir cette technologie décidèrent d’employer des rêveurs expérimentaux afin de tester cette potentielle nouvelle source d’énergie. Constatant des inégalités en termes d’activité cérébrale nocturne variant d’un individu à l’autre, les états décidèrent d’ériger des usines à rêves afin que chaque production électrique se concentre en un pôle. Celui-ci se chargerait ensuite de la redistribution équitable, abandonnant l’idée initiale d’une production autonome par foyer. Avec le temps, les rêveurs rémunérés tentèrent d’augmenter leur production. On s’aperçut que certains songes sollicitaient davantage de zones encéphales et produisaient donc plus d’énergie. Suite à ce constat, de nouveaux métiers virent le jour dont celui de Dream Designer (scénariste de rêve).

cerveau ampoule

Le système fonctionnait bien: chaque citoyen devait souscrire au service et payer chaque année une redevance dont il était exonéré s’il participait lui même au moins 180 jours par an à la production énergétique. Il recevait alors chez lui un casque et choisissait chaque soir utilisé le type de scénario pour ses rêves: libre (ses propres rêves), aventure, comédie, drame, voyage, érotique, etc. Bien entendu, rêver d’un lac calme, bien que relaxant, ne produisait que peu d’électricité. Ainsi, chaque scénario de rêve comportait plusieurs lieux, personnages, actions et interactions. Si le rêve libre n’émettait pas assez d’électricité, le rêveur était invité à enrichir sa thématique en optant pour un scénario du catalogue.

Certains utilisateurs se plaignant de maux de tête ou de réveils difficiles, d’une augmentation du stress et autres symptômes causés par leur activité cérébrale nocturne, décidèrent de stopper leur contribution. Cela était permis tant que le forfait était payé, la première année de test restant gratuite; et/ou lorsqu’un médecin mandaté par l’usine à rêves décrétait après examen que les symptômes étaient corrélés. Le rendement des plus jeunes restait le plus impressionnant. Cependant, une loi instaura un âge minimum statué à la majorité car l’on craignait des dérives… Les rêveurs qui souhaitaient utiliser le dispositif plus de 180 jours par an pouvaient alors générer un revenu supplémentaire afin d’arrondir leurs fins de mois. Avec le temps, cette technologie se peaufina et les scénarios furent de plus en plus nombreux et répertoriés en fonction de leur intensité. Ainsi ceux qui par le passé ne pouvaient supporter une trop forte activité psychique en phase de sommeil y revinrent en modulant au plus bas. Le répertoire allant de 1 à 10, le 1 représentant les rêves les plus paisibles, comportant au moins un lieu, un personnage et une action. Le 10 quant à lui était destiné aux rêveurs les plus aguerris qui souhaitaient vivre des sensations fortes. Petit à petit, le dispositif s’apparenta à de la réalité virtuelle dont vous êtes le héros et la sensation au réveil que le rêve était le fruit de sa propre imagination. Beaucoup craignaient cependant que ce type de pratique ait des répercutions sur le quotidien des usagers. A cela, les usines à rêves rétorquaient qu’à l’instar des jeux vidéos, les gens étaient capables de faire la part des choses. Tuer des zombies à la mitraillette dans un jeu ne signifie pas que le joueur envisage par la suite de répliquer dans le réel…

casque rêves

En plus de sauver la planète, de stopper la production de déchets toxiques, de laisser tranquilles les énergies fossiles, de générer de nouvelles sources de revenus et de participer communément à la création d’une nouvelle énergie renouvelable,  cette technologie fascinait les foules. Une nouvelle tendance émergea. Beaucoup pensaient que les rêves pouvaient influencer le comportement d’autrui comme lors d’une séance d’hypnose. Des études se penchèrent  sérieusement sur la question et de premiers tests eurent lieu. En collaboration avec les usines à rêves, les prisons proposèrent des songes sur mesure aux détenus récidivistes en échange d’une peine plus courte. Tous acceptèrent. Apres une séance très aboutie avec un psychologue, un scénario approprié visant à annihiler leur problématique en modifiant leur perception de la réalité leur était prescrit.  Les résultats furent bluffants. Tous les anciens prisonniers ayant suivi ce traitement expérimental par le songe ne recommirent plus jamais de délit de même ordre et semblaient être rentrés dans le droit chemin. Beaucoup de psychologues se mirent à analyser des patients et à leur prescrire des traitements/scénarios. Les plus riches pouvaient commander des scénarios sur mesure afin de toucher au plus juste leurs souvenirs et appréhension du monde en créant des situations qui sur le long terme permettaient de régler tous problèmes d’addictions, de confiance en soi, de phobies, etc. Les résultats étaient là. Les malades psychosomatiques suivant un traitement par le rêve étaient guéris en moins de 10 séances. Les résultats phénoménaux parlaient d’eux-mêmes.

La faille

Jasna, dream designer, appréciait son métier qui depuis cinq ans la faisait vivre. Elle aimait imaginer des rêves pour ses clients et encore plus depuis que, promue niveau 4, elle était habilitée à designer des scénarêves (scénarios/traitements et scénarios sur-mesure). Les trois premiers niveaux consistaient à imaginer des scénarios de masse. A ce quatrième échelon, la direction lui transmettait un dossier complet composé de photos souvenirs, d’une fiche très précise sur le ou la cliente mentionnant tous les détails physiques et personnels de sa vie hormis le nom complet (par souci d’anonymat et dans la mesure où rarement le rêveur ne se fait appeler par son nom de famille lorsqu’il rêve), du problème à régler et des éléments à incorporer au rêve. D’un naturel curieux mais aussi empathique, Jasna aimait à penser que grâce à elle, quelqu’un allait guérir ou se sentir mieux. Chaque cas était different et lui prenait une semaine environ à scénariser, de l’écriture à la digitalisation. Préférant travailler la nuit, dans le calme de son petit appartement situé en proche banlieue londonienne, elle découvrit en ce soir de septembre la nouvelle commande qui venait de lui être attribuée. Elle était bien entendue contrainte au secret professionnel et ne devait en aucun cas divulguer à quiconque la nature de ses scénarios ainsi que tout détail relatif au client. Après signature digitale de ce rappel systématique, le dossier apparut sous ses yeux mentionnant en premier lieu le prénom et la photo de l’interessée. Evendine. Jasna en était stupéfaite. Elle reconnaissait la jeune femme sur le cliché. Il s’agissait de celle pour qui Roby l’avait brutalement quittée un an plus tôt. Elle ne s’en était jamais vraiment remise. Ils avaient filé le parfait amour pendant trois ans jusqu’à ce que Roby fasse la connaissance d’Evendine. Employés tous deux au sein de la même startup, ils se croisaient tous les jours et malgré tout l’amour que Roby ressentait pour Jasna, cela ne fit pas le poids face à l’attirance grandissante qui l’envahissait chaque fois qu’il croisait et discutait avec la nouvelle. Un soir, tout le service célébra la signature d’un contrat autour d’une bouteille de champagne et d’une petite soirée organisée au bureau. Musique, alcool, Roby se laissa aller à quelques confidences et familiarités. Ils commencèrent à s’échanger des sms, puis à se voir en dehors du travail jusqu’à commettre l’irréparable acte adultérin. Il décida de quitter Jasna et se mit en couple avec Evendine peu après. Jasna en souffrit tellement que passé le cap des explications, de la peine, des pleurs, de la supplication, elle s’isola tout en vouant une haine contre cette femme qui lui avait volé l’homme de sa vie. Elle se mit à suivre ses moindres faits et gestes via les réseaux sociaux. Elle jalousait sa vie apparemment parfaite, son physique de rêve et sa situation amoureuse avec SON homme. Seul son métier lui permettait de ne pas y penser. C’est ainsi que ce soir là, elle fut choquée en découvrant l’identité de sa cliente. Pressée de connaître la problématique qu’elle ne soupçonnait pas le moins du monde, elle se rendit directement à la page associée.

Pathologie: exhibitionnisme sur internet. La patiente qui va bientôt se marier, souhaiterait abandonner définitivement l’envie d’exhiber son corps dénudé sur un site de show-cam en direct. Son conjoint ignorant ce passe-temps qu’elle pratique en cachette ses nuits d’insomnie, elle craint qu’un jour il ne le découvre, ne le comprenne pas et la quitte. Incitez passivement la patiente a ressentir une forme de dégoût pour cette activité afin qu’elle ne ressente plus jamais l’envie de se mettre nue face à des inconnus.

Jasna n’en revenait pas. Il lui semblait qu’on lui servait sur un plateau d’argent la solution à tous ses maux. Si Roby apprenait en effet ceci, le sachant d’un naturel très jaloux, il ne le supporterait pas. Elle découvrait en plus une info capitale… Ils allaient se marier sous peu. Cela lui déchira un peu plus le coeur, lui qui ne s’était jamais tant projeté avec elle, voilà qu’il avait fait sa demande à Evendine. Elle se laissa aller à la divagation d’un scénario arrangeant où elle trouvait un moyen d’avertir Roby. Choqué, celui-ci quittait l’exhibitionniste et lui revenait. Mais elle avait interdiction de révéler les informations qu’elle venait de découvrir, sous peine d’être renvoyée. Son travail était devenu toute sa vie, elle ne voulait en aucun cas le perdre. Par ailleurs, elle ne souhaitait aucunement aider Evendine. Elle entreprit donc d’écrire un scénarêve allant à l’inverse de l’objectif: rendre Evendine encore plus dépendante à cette tendance. Si elle se faisait épingler, elle qui n’avait jamais commis d’erreur en cinq ans de bons et loyaux services, prétendrait à une faute d’inattention, jurant avoir mal compris. Elle ignorait si cela passerait mais savait pertinament qu’on ne lui en tiendrait pas rigueur tant son rating (sa note en fonction des retours patients) était supérieur à la moyenne. Elle se ferait convoquer par son maestro (nom donné aux managers de dream designers qui tenterait de comprendre. Elle justifierait son erreur par de la fatigue. Jasna savait que ce dernier en pinçait pour elle et ne la pénaliserait pas plus que cela. Les clients mécontents attaquaient parfois les usines à rêves. Au pire, il faudrait verser un dédommagement correspondant au salaire qu’aurait touché le dream designer en faute. Cependant, une mesure plus ou mois pratique lui laissait une marge d’action confortable. En effet, à la réception des rêve-thérapie prescrits pour dix séances, les patients notent le rêve de un à dix en fonction de leur ressenti au réveil. Cette note est communiquée au dream designer qui est sensé ajuster les suivants en fonction. Ce n’est qu’au bout de cinq notes inférieures à la moyenne que le maestro est averti d’un défaut de scénarêves et contrôle. Cela lui laissait quatre opportunités de ruiner la vie d’Evendine. Au bout de cette tentative, si Roby ne s’était pas manifesté, elle abandonnerait ce plan et produirait un rêve sain, destiné à définitivement conduire Evendine a abandonné son petit penchant, ce qui lui permettrait d’obtenir une bonne note et d’éviter les ennuis. Sa décision était prise, Jasna allait faire de sa cible une exhibitionniste assumée et Roby ne mettrait pas beaucoup de temps à découvrir qui était vraiment sa future/ex épouse…

carte mère rêveur

De niveau 4, les scénarêves de Jasna n’étaient donc plus controlés avant d’être acheminés à la carte mère du casque des clients. Les maestros n’intervenaient à ce stade qu’en cas de plainte signalée par cinq notations en dessous de la moyenne. Jasna savait qu’elle devait ruser pour qu’Evendine ne s’aperçoive pas immédiatement du défaut. Elle incorpora donc au codage une option de double personnalité ce qui aurait pour effet de plonger Evendine dans un sommeil eveillé ou son double exhibitionniste prendrait le relai. Réagissant à un stimuli particulier, ce double n’interviendrait que quelques minutes par jour. Elle réfléchit longuement au type de stimuli sensé faire surgir le double. Il fallait que ce soit pendant que Roby était susceptible d’être présent ou bien que quelqu’un lui rapporte les faits sans pour autant que la situation n’envoie la jeune femme en garde à vue… Elle pensa alors à la sonnerie du téléphone de Roby dont elle se souvenait de l’air. Il s’agissait de la mélodie d’Irma Thomas (Anyone who knows what love is). Chaque fois donc qu’Evendine entendrait cette chanson, elle se dénuderait lascivement à la recherche du regard d’inconnus. Jasna était particulièrement excitée par la situation. Elle jouissait d’avoir entre les mains le destin de celle qui avait changé le sien. Au bout d’une semaine d’un codage méticuleux, la digitalisation achevée, Jasna transféra le fruit de son travail sur la carte mère d’Evendine. A ce stade, elle n’aurait pour autre information que la note attribuée par la cliente le lendemain de la première nuit qu’elle choisirait pour démarrer les séances. Celle-ci lui parvint deux jours seulement plus tard. Jasna jubilait autant qu’elle s’étonnait de découvrir que son ennemie jurée lui avait attribué un 5. Elle passait entre les mailles du filet sur ce premier test. Elle traqua toute la journée l’activité d’Evendine sur les réseaux sociaux, à la recherche d’un indice quelconque. Elle ne découvrit rien d’étrange. Ce n’est qu’au bout de la troisième séance qu’un fait attira son attention. Le lendemain soir, elle partagea sur son compte Instagram une photo d’elle nue, les mains cachant ses tétons, le pubis apparaissant en integralité. Choquée autant qu’amusée, elle savait que Roby verrait le cliché. Peu aprés celle-ci fut censurée. Jasna, ravie, imaginait ce qui s’en était probablement suivi: Roby demanderait une explication à Evendine qui, ne comprenant pas de quoi son conjoint lui parlerait puisque sortie du stimuli temporaire, ferait l’etonnée. Cette réaction aurait pour conséquence l’emportement de Roby. Une dispute éclaterait et le doute s’installerait.

Au bout de quatre notes négatives, Jasna entreprit de livrer un scénarêve adapté à la problématique d’Evendine. Elle ignorait si les séances avaient suffit à désunir le couple n’ayant plus relevé quoi que ce soit d’inhabituel sur les réseaux sociaux. Les rêves suivants furent bien notés et très vite une nouvelle commande lui fut attribuée. Les semaines passèrent. Jasna continuait son inspection quotidienne des différents comptes d’Evendine tout autant que ceux de Roby qui lui ne postait que très rarement. Un mois plus tard, n’y croyant plus, elle remarqua avec bonheur que son ex avait modifié son statut Facebook, troquant le « en couple » par celui de « célibataire ». Etait-ce possible ? Son plan avait-il vraiment fonctionné ? Même s’il ne revenait pas vers elle, Jasna obtenait au moins la satisfaction d’avoir indirectement causé cette rupture. Retour à l’envoyeur, pensa t-elle.

Picadilly Circus Pub

En mars de cette nouvelle année qui commençait, Jasna était finalement passé à autre chose. Elle ne scrutait plus les faits et gestes de son Roby ou Evendine et sortait depuis peu avec Adonis, son maestro. Un soir qu’ils se promenaient dans le quartier de Piccadilly Circus, elle remarqua sur l’un des panneaux géants l’image d’Evendine s’exhibant nue, la poitrine floutée. Il s’agissait d’une publicité pour un site nommé SexyCamLive. Jasna ressentit un profond malaise. Elle se rappella qu’elle n’avait jamais annulé le codage du stimuli. Elle se demanda si Evendine avait donc « replongé » par sa faute. Elle se rassura en se disant que finalement c’était une activité qu’elle appréciait avant d’être avec Roby. Maintenant qu’ils étaient séparés, elle pouvait s’en donner à coeur joie…

>>Episode 2, en cours d’écriture>>

Sources d’informations:

https://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/savenir/electricite/print.php

https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-top-7-technologies-ameliorer-notre-cerveau-66314/

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